SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 18/19
DES RÊVES DE GRAND CENTRE-VILLE
Comme beaucoup de villes nouvelles, Cergy-Pontoise manque d’un centre-ville puissant
et fédérateur. Elle invite la population à imaginer ce que ce pôle d’attraction pourrait être.
CERGY
UN CENTRE-VILLE VIVANT
Un centre-ville ne se décrète pas…
Il est le fruit d’une alchimie
complexe, mêlant une certaine
concentration d’équipements
administratifs, culturels,
économiques, des infrastructures
de transport, mais aussi des
éléments comportementaux
et psychologiques : ce sont les
habitants qui font le centre-ville.
« Aujourd’hui, nous avons tous
les ingrédients d’un centre-ville.
Manque peut-être un élément plus
subjectif et qualitatif : que cette
zone de vie, qui s’articule autour
des principales administrations
et services publics, devienne
également un lieu où l’on vient
flâner le soir ou le week-end »,
analyse Pierre Ramond,
responsable du projet Grand
Centre. Ville nouvelle, Cergy-
Pontoise n’a pas hérité d’un centreville
évident, contrairement aux
cités plus anciennes, construites
historiquement autour d’une
église ou d’une basilique.
Elle a plusieurs centres de vie,
ce qui constitue à la fois
une force et une faiblesse.
Une situation qu’elle souhaite
faire évoluer pour plusieurs
raisons… « En nous dotant d’un
Grand Centre, nous disposerons
d’un outil majeur qui nous
permettra de jouer pleinement
notre rôle de pôle structurant
pour les 12 communes de
l’agglomération, dans le cadre du
projet du Grand Paris », explique
Pierre Ramond. À ces enjeux
stratégiques s’ajoute un défi
majeur pour la population :
créer un grand pôle identitaire
pour l’ensemble des habitants
de l’agglomération.
UNE CONSTRUCTION
PARTICIPATIVE
La Communauté d’agglomération
de Cergy-Pontoise s’est lancée
LE GRAND CENTRE
AUJOURD’HUI
Construit à la fin des
années 1960, le centre
de Cergy-Pontoise réunit
11 % des logements
de la ville de Cergy,
ainsi que les principales
administrations et services
publics et constitue le
premier pôle commercial
de l’agglomération avec
25 000 visiteurs par jour
pour le centre commercial
des 3 Fontaines. Il est
à trente minutes de
la Défense par le RER A.
dans une grande consultation
d’urbanisme, pour réinventer
un centre-ville, à un horizon
de dix à quinze ans.
Caractéristique de ce projet ?
Une implication systématique
de la population, amenée
à imaginer cette future zone
de vie en même temps que
les urbanistes et les architectes.
« En septembre 2009, nous
avons commencé par faire
travailler une équipe de
sociologues nantais sur la
perception qu’ont les habitants
de ce quartier, à travers des
micros-trottoirs et des interviews »,
raconte Pierre Ramond. À partir
de cette étude, trois équipes
d’architectes-urbanistes
(François Leclercq, Christian
Devillers et Antoine Grumbach)
ont travaillé durant un an sur des
projets de futur Grand Centre.
En septembre 2011, ces derniers
étaient restitués aux habitants
sous la forme d’une exposition
en plein air. « L’objectif n’était pas
de les faire trancher en faveur
d’un projet ou d’un autre
– et nous avons d’ailleurs évité
cet écueil en mélangeant les
propositions –, mais plutôt de
les faire réagir face à cet éventail
des possibles », poursuit
Pierre Ramond. Une démarche
prospective parfaitement
comprise par les habitants,
qui se sont pris au jeu. « Ce type
de consultation donne lieu,
en général, à des remarques plus
prosaïques concernant la vie
quotidienne des habitants.
Là, les habitants ont perçu qu’on
leur demandait de prendre de
la hauteur, d’imaginer la ville
de demain », affirme Pierre
Ramond. Une première étape
clé dans l’appropriation
par les habitants de leur futur
centre-ville. ///
PARCOURS
Les agents témoignent
ILS ONT SUIVI
UNE FORMATION
D’INTÉGRATION
> FORMÉS AVANT OU APRÈS LA RÉFORME DES
FORMATIONS D’INTÉGRATION, SIX AGENTS NOUS
RACONTENT LEUR STAGE.
A-t-il répondu à leurs attentes ? Quelles sont les similitudes
et les différences après la réforme ? Les améliorations
sont-elles notables ? Regards croisés entre ces agents tous
hypermotivés.
BONNES PRATIQUES
DOUBS
L’INFO EN TEMPS RÉEL SUR LES INONDATIONS
L’Observatoire des inondations du Doubs a créé un site internet pour informer acteurs publics
et population sur l’évolution du niveau de l’eau, heure par heure.
UN SITE EN TEMPS RÉEL
Décembre 2010. Depuis le début
du mois, des chutes de neige
s’abattent sur l’ensemble du
territoire de la Franche-Comté.
Le 5 et le 6 décembre, il tombe
de 40 à 70 millimètres de pluie
sur l’ensemble de la région.
Deux départements, le Doubs
et la Haute-Saône, sont
particulièrement touchés. La pluie
s’ajoute à la fonte des neiges, et les
crues démarrent alors de manière
simultanée pour l’ensemble des
cours d’eau. Un phénomène assez
familier pour la population locale
mais qui est, cette année-là,
peut-être vécu avec plus de
sérénité : les habitants disposent
depuis peu d’un site internet,
mis en place par l’Observatoire
des inondations du Doubs, fruit de
la collaboration de l’établissement
public territorial de bassin (EPTB)
Saône et Doubs et de la DREAL (1)
de Franche-Comté.
En se connectant sur le site,
chacun peut se renseigner
en temps réel sur l’évolution du
cours d’eau, connaître les hauteurs
d’eau de 18 des 45 stations de
mesures du bassin du Doubs, les
niveaux de vigilance transmis par
le site officiel Vigicrues (2) ainsi
que la vigilance Météo France.
« Lorsque nous avons décidé de créer
ce site, nous avons fait le choix de
nous adresser à un double public :
les décideurs locaux et la
population », explique Charles
Gullaud, en charge de l’Observatoire
des inondations du Doubs à l’EPTB
Saône et Doubs. Le site est ainsi
non seulement un instrument
de travail et de coordination
pour les décideurs locaux, mais
également un outil d’information
dédié à la population.
« La Franche-Comté est
particulièrement soumise au risque
d’inondation. Notre particularité
est que ce risque est présent dans
les principales agglomérations :
20 % des zones urbanisées sont
situées en zone inondable »,
analyse Charles Gullaud.
Les crues étant plutôt lentes et
prévisibles, le danger n’est pas
tant la perte de vies humaines
que des dégâts économiques
et la gêne occasionnée pour la
population, qui se retrouve isolée
et immobilisée avec plusieurs
centimètres d’eau dans les
maisons.
LA PRÉVENTION PAR
L’INFORMATION
Pour dénombrer des pertes
humaines, en effet, il faut
remonter à la légendaire crue de
1910 à Besançon, où une dizaine
de personnes avaient trouvé la
mort dans la vallée, souvent parce
qu’elles tentaient d’en sauver
d’autres face à la paralysie des
services de secours.
Dans ce contexte, l’objectif
du site est avant tout de rassurer
la population, de l’inviter
à anticiper la montée de l’eau
et à adopter les comportements
adaptés (se calfeutrer, monter
les meubles et les vivres, mettre
la voiture à l’abri avant la montée
des eaux, etc.). Lors des crues de
décembre 2010, 800 internautes
se sont connectés chaque jour sur
le site www.inondations-doubs.fr.
Forts de cette réussite, les
partenaires de ce programme ont
décidé de l’étendre à l’ensemble
des rivières de la région pour la fin
de l’année 2012. ///
(1) Direction régionale de l’environnement,
de l’aménagement et du logement.
(2) www.vigicrues.gouv.fr/
CHARLES GULLAUD,
COORDONNATEUR PÔLE
DIRECTIVE INONDATION À
L’ÉTABLISSEMENT PUBLIC
TERRITORIAL DE BASSIN
SAÔNE ET DOUBS
“ Un tel site
contribue
à diminuer
le caractère
anxiogène
des crues pour
les habitants. ”
BONNES PRATIQUES
Le tour des initiatives locales
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 14/15
TOUR DE FRANCE
DES COLLECTIVITÉS
ROUEN, LE FILO’R
À LA DEMANDE P. 17
LE HAVRE,
COOPÉRATION
TRANSMANCHE
AUTOUR DES
DÉCHETS P. 16
LE DOUBS, L’INFO EN TEMPS RÉEL
SUR LES INONDATIONS P. 18
CERGY, DES RÊVES DE
GRAND CENTRE-VILLE P. 19
NIORT, CHAMPIONNE DE LA BIODIVERSITÉ P. 20-21
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SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 28/29
ÉLECTROMOBILITÉ :
VERS UNE MOBILITÉ
RAISONNÉE ?
> APRÈS LES VÉLOS EN LIBRE SERVICE, la voiture électrique
en autopartage s’immisce dans le quotidien des citadins de
13 agglomérations pilotes en France. C’est le premier signe
d’une évolution en profondeur de nos modes de déplacement,
en réponse à une triple pression, écologique, économique
et énergétique.
Les constructeurs sont prêts, et les modèles,
disponibles : Toyota avec la Prius, premier
véhicule hybride à s’être imposé sur le créneau
des véhicules « propres », dont le modèle
rechargeable est proposé en autopartage à
Strasbourg ; Renault avec une gamme qui comportera
bientôt quatre modèles de véhicules électriques
équipant de plus en plus d’établissements publics et
de collectivités ; Peugeot, qui propose la IOn ; Citroën
avec la C-Zero, à La Rochelle…
Il y a aussi de nouveaux entrants et des challengers
bien décidés à tirer parti des bouleversements actuels :
le groupe Bolloré avec sa Bluecar, retenue pour le
nouveau service Autolib’, lancé le 5 décembre dernier
en région parisienne ; Venturi ou Heuliez avec la Mia,
retenue par l’agglomération d’Angoulême et
également présente à La Rochelle. De leur côté,
nombre d’entités publiques et d’entreprises privées
ont bénéficié de procédures d’achat groupé pour
s’équiper de véhicules électriques. Les conditions
semblent réunies pour un déploiement à grande
échelle des véhicules électriques.
À tout seigneur, tout honneur ! La Rochelle a joué
un rôle de pionnier dans le développement de
l’électromobilité. Première agglomération à miser
sur le véhicule électrique, dès 1983, la ville a poursuivi
avec conviction dans cette voie en proposant
le premier service de transport de passagers par
bateau électrique en 1998 et le premier service
de voitures électriques en autopartage dès 1999.
ACTUALITES
Événement, colloques, projets de loi…
L’essentiel à retenir
ILS ONT
DIT
SOLIDARITÉ
« La vraie question [de l’État Providence] porte,
en réalité, sur les moyens dont on se dote
collectivement pour aider chaque individu
à faire face aux vulnérabilités auxquelles il est
confronté pour rester l’auteur de sa vie. Il s’agit
donc, pour le service public, de permettre
à chacun d’assumer sa propre responsabilité,
par un accès effectif aux biens publics que
sont la santé, l’éducation, la culture… »
RODOLPHE DUMOULIN,
directeur général adjoint de la ville de Besançon (Doubs),
chargé de la vie sociale et de la citoyenneté, et directeur
du centre communal d’action sociale
LAÏCITÉ
« Depuis quelques années, l’esprit laïc
échoue à se faire comprendre. La laïcité
n’était pas la sécularisation de la société ni
l’éradication du fait religieux, mais l’égalité
des croyances et des non-croyances, le
respect de toute conception philosophique
quant à la nature de l’homme et de la vie,
la neutralité de l’État… »
JEAN-MICHEL QUILLARDET,
président de l’Observatoire international de la laïcité
contre les dérives communautaires
HAUT DÉBIT
« De l’internet loisir à l’internet
professionnel, nos territoires ruraux
et urbains de faible densité ont les
mêmes besoins (e-santé, e-éducation,
e-commerce…) que les zones urbaines
très denses. Cet équilibre entre milieu
rural et milieu urbain est impératif,
ce n’est pas uniquement une question
de justice, mais un choix qui sera
déterminant quant au modèle
de société que nous saurons porter
pour le XXI e siècle. »
FABIEN BAZIN,
président de Niverlan, développeur numérique
du Territoire nivernais
INSEE
Les petites communes à l’honneur !
L
es
trois quarts des
communes françaises ont
moins de 1 000 habitants,
la moitié d’entre elles, moins
de 426, et un tiers est en dessous
de la barre des 250. C’est ce qu’a
révélé l’Insee le 29 décembre
dernier (voir le lien ci-dessous).
Avec, au total, 36 680 communes,
la France occupe une place
relativement atypique en Europe.
Chaque commune française
compte en moyenne
1 750 habitants, contre 4 100
dans l’Europe des 27.
Les situations varient fortement
d’une région à une autre.
En Champagne-Ardenne, Franche-
Comté, Midi-Pyrénées et Corse,
plus de la moitié des communes
ont moins de 250 habitants.
Les communes ont aussi tendance
à être plus petites en Picardie,
Bourgogne et Basse-Normandie.
Inversement, les toutes petites
communes représentent moins
de 10 % des communes d’Îlede-France,
de Bretagne, des Pays
de la Loire, d’Alsace et des DOM.
Deuxième enseignement :
la croissance de la population est
soutenue. Depuis le recensement
de 1999, la France a gagné
4,2 millions d’habitants, soit
une progression de 7 % en dix ans.
Ce sont les régions du sud et de
l’ouest de la France qui ont le plus
progressé, avec la Guyane et
La Réunion. Avec un gain de 9 %
de population en moyenne,
les communes de 1 000 à
9 999 habitants expliquent
à elles seules près de la moitié de
la croissance démographique,
alors qu’elles abritent un tiers de
la population vivant en France.
http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/
REIMS
Un projet urbain à la page
L’avenir, Reims le voit en grand et en beau… Pour rendre compte de son grand projet d’urbanisme Reims 2020, la ville
diffuse un bel ouvrage, plus proche dans sa facture d’un livre d’art que des habituelles brochures de communication.
Reims 2020, le choix des proximités restitue l’aventure de deux ans de réflexion sur Reims 2020, projet initié en 2008
avec un grand concours international d’urbanisme qui a mis en lice pas moins de 43 cabinets d’urbanisme. L’ouvrage
est consultable dans toutes les bibliothèques de la ville et en numérique sur le site www.reims2020.fr.
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 10/11
En l’absence de visibilité, le doute
s’installe. Danielle Havard,
directrice générale des services de la
Communauté de communes du pays de
Questembert (Morbihan), qui regroupe
13 municipalités et 21 000 habitants, en fait
le constat amer. « Nous n’avons pas contracté
d’emprunt toxique et nous ne sommes pas
particulièrement endettés, explique-t-elle.
Notre principale difficulté, c’est que, avec la
réforme de la taxe professionnelle, nous sommes
dans l’incapacité de prévoir l’évolution de nos
recettes. La notification (extrêmement) tardive
de la cotisation sur la valeur ajoutée des
entreprises (CVAE) et l’ajustement, à due
concurrence, du Fonds national de garantie
individuelle des ressources (FNGIR) ne nous ont
été adressés que le 18 novembre dernier, un
mois et demi avant la clôture du budget 2011.
Depuis le mois de mars, celui-ci avait fait
l’objet de plusieurs estimations variant du
simple au double. Dans ces conditions, ce qui
a été engagé sera réalisé, mais nous ne sommes
pas en mesure de lancer d’initiatives en réponse
à la crise, ni de soutenir l’activité comme nous
le souhaiterions. À terme, nous rendrons moins
de services, moins efficacement. »
Le retour aux fondamentaux
Un peu partout en France, l’heure est aux
budgets de basses eaux et aux difficultés de
recours à l’emprunt dans un contexte général
de désengagement de l’État. Dans des
collectivités de toute taille, des projets sont
repoussés, étalés sur une période plus longue,
voire purement et simplement supprimés.
Les budgets des prochaines années
s’annoncent sous le signe de la rigueur la plus
extrême et du retour aux fondamentaux.
Selon une étude réalisée à la demande
de l’Association des maires de grandes villes
de France (AMGVF), sur 45 villes de plus de
50 000 habitants, seule une quinzaine a réussi
à obtenir la totalité des crédits demandés
en 2011. Les appels d’offres infructueux ou
auxquels les établissements bancaires ne
répondent que partiellement deviennent la
règle. C’est une très mauvaise nouvelle quand
on garde en tête que le secteur communal
représentait 26 milliards d’euros de dépenses
d’équipement en 2010, soit la moitié des
investissements publics.
Emprunts (toujours) toxiques
Pour finir d’assombrir le tableau, des
collectivités font encore régulièrement la une
des médias à mesure que l’on constate
l’impact négatif exponentiel des emprunts
toxiques contractés entre 1995 et 2009
auprès de divers établissements bancaires.
Basés sur des « formules exotiques »,
ces produits structurés sont des prêts indexés,
par exemple, sur l’évolution comparée du
dollar, de l’euro, du franc suisse et du yen.
Ils continuent aujourd’hui de produire leurs
effets néfastes et de « plomber » les budgets
des collectivités concernées. Particulièrement
à l’heure où l’euro vacille. Avec la hausse du
franc suisse, des communes ont ainsi vu
leur taux de remboursement grimper de 10 %
à 15 % en quelques jours.
Certaines collectivités ont réussi à renégocier
leurs prêts, d’autres engagent des actions
judiciaires. Claude Bartolone, président du
Conseil général de Seine-Saint-Denis, a pris
la tête de la fronde au sein d’une association
regroupant les élus des collectivités les plus
concernées. En attendant un rapport du
ministère de l’Économie et des Finances
sur le sujet, la commission de l’Assemblée
nationale sur les produits financiers à risque,
présidée elle aussi par Claude Bartolone,
a rendu son rapport le 15 décembre dernier.
Selon ses conclusions, l’encours total de
produits structurés est de 32,125 milliards
LA TENTATION
DES PPP
Dans le contexte actuel de restriction
du crédit et de désengagement
de l’État, la tentation est grande de
recourir aux partenariats public-privé
(PPP) pour mener à bien des projets en
manque de financement. Ces PPP de
substitution ou de circonstance sontils
pour autant une bonne solution ?
Dès 2007, un document de travail de
l’OFCE (1) notait que « le développement
des PPP, qui devrait correspondre
à une logique d’optimisation
de la dépense publique, peut aussi
être analysé comme un outil de
déconsolidation de la dette. »
S’il est admis que des entreprises
privées peuvent concourir à l’exercice
d’une mission d’intérêt général, cela
ne signifie pas que les PPP doivent
se généraliser dans tous les secteurs
de la politique publique. Ce serait
la marque d’un abandon de
souveraineté, au profit d’une logique
d’opportunisme budgétaire visant
in fine à éviter de rendre compte
d’investissements publics.
Autant dire, un moyen de
contournement des règles de
discipline budgétaire visant à limiter
le déficit de la dette publique.
(1) Partenariats public-privé, règles
de discipline budgétaire, comptabilité
patrimoniale et stratégies de hors
bilan, n° 2007-29, par Frédéric Marty,
octobre 2007.
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 26/27
Cela a été très stimulant intellectuellement ”
JEAN-FRANÇOIS LEGOFF, CHARGÉ DE MISSION AUPRÈS D’UN GROUPE D’ÉLUS, BREST MÉTROPOLE OCÉANE,
“FORMÉ APRÈS LA RÉFORME DE 2007
En 2008, Jean-François Legoff devient chargé et des questions très importantes étaient en train
de mission auprès d’un groupe d’élus de Brest de se poser », se souvient-il aujourd’hui. Ces
métropole océane, la communauté urbaine
cinq jours lui ont offert des pistes de réflexion
de Brest. En juin 2009, il suit la formation
mais l’ont également considérablement aidé
d’intégration à Angers. Deux ans plus tard,
à mieux appréhender son nouveau poste.
il garde un souvenir vif de ces cinq jours,
« Ma situation est un peu atypique, puisque
notamment des éclairages de certains
je suis chargé de mission auprès d’un groupe
intervenants extérieurs sur les dimensions
d’élus d’opposition… En discutant avec d’autres
prospectives du service public local.
stagiaires – notamment un chargé de mission
« D’un point de vue intellectuel, cela a été
intervenant, lui, auprès d’un groupe d’élus
un moment très fort. Je me souviens, par exemple, de la majorité –, je me suis aperçu que les
de l’intervention de Romain Pasquier, directeur interrogations étaient les mêmes pour tous :
de recherche au CNRS et spécialisé dans l’action Quelle position adopter vis-à-vis de l’administration
publique en Europe. C’était d’autant plus
et du monde politique ? Comment être au
passionnant que nous étions à un moment
service des politiques sans faire soi-même
clé de la réforme des collectivités territoriales,
de la politique ?… »
Autant de questions cruciales sur lesquelles
il s’est senti conforté, à défaut d’avoir des réponses
tranchées et définitives. « Cela m’a mieux fait
comprendre cette position de conseiller, d’interface
entre le monde politique et l’administration que
nous devons adopter et qui est si particulière.
Même si l’équilibre reste parfois difficile à trouver »,
conclut-il. ///
FORMÉE AVANT LA
RÉFORME DE 2007
Carole Vidal, responsable
de service à la direction
des RH de la Communauté
d’agglomération Orléans
Val de Loire
« En 2007, j’ai suivi l’ancien cursus d’intégration :
trois semaines de formation, en août, septembre
et octobre, des stages en collectivité et,
parallèlement, le montage du dossier d’un
projet et la soutenance du stage, en avril 2008…
Un vrai parcours du combattant ! C’était légitime
de raccourcir le processus, mais je me demande
si nous ne sommes pas passés d’un excès
à un autre en le réduisant à cinq jours…
La formation est un moment crucial : elle permet
de donner un langage commun à des personnes
qui viennent d’horizons très différents (des
étudiants, des salariés du privé, etc.) et de leur
transmettre les valeurs du service public.
C’est très important, car il est clair que ce n’est
pas en passant un concours que l’on développe
l’esprit de la fonction publique territoriale. Le point
très positif de la réforme, c’est que, désormais,
chaque fonctionnaire suit le même cursus, qu’il
soit de catégorie A, B ou C. C’est très égalitaire. »
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 16/17
ROUEN
LE FILO’R À LA DEMANDE
Depuis juillet 2011, les habitants des communes rurales de l’agglomération rouennaise et
périurbaines de la Communauté d’agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe (CREA) n’ont plus
qu’à passer un coup de fil la veille d’un déplacement pour disposer d’un véhicule de transport en
commun. Une première à cette échelle.
FACILITER LES
DÉPLACEMENTS EN
ZONE RURALE
Dans l’agglomération de Rouen,
se déplacer est devenu simple
comme un coup de fil. Depuis
juillet dernier, les habitants des
communes rurales et périurbaines
peuvent réserver auprès d’une
centrale téléphonique ou sur
internet une place dans un
véhicule de transport en commun
d’une capacité de six, neuf ou
vingt places.
« L’idée nous est venue l’année
dernière. Issue de la fusion
de quatre territoires, la CREA
a dû trouver en janvier 2010
une solution pour faciliter les
déplacements de ces habitants,
qui ne disposaient pas de ligne
régulière pour se rendre en
centre-ville ou pour rejoindre
le réseau de transport en
commun », explique Catherine
Goniot, directrice transports,
mobilité, déplacements
à la CREA.
La direction transports de la
CREA, avec l’aide de consultants,
a cherché une solution moins
onéreuse et plus souple que
l’instauration de lignes régulières,
visant un triple objectif : réduire
les coûts, favoriser l’alternative à
la voiture individuelle et s’adapter
aux besoins des populations.
L’idée d’un transport à la demande
appelé « Filo’r » est née. Grâce
à près de 500 arrêts créés, de très
nombreux habitants disposent
désormais d’un système de
transport en commun à seulement
200 ou 300 mètres de chez eux.
Pour en bénéficier, ils appellent
la veille d’un déplacement
la centrale de réservation
ou se connectent sur internet,
en précisant le déplacement désiré
et le créneau horaire. L’exploitant
du réseau, quant à lui, regroupe
les demandes et indique une
heure de passage, avec une marge
de manœuvre possible d’un quart
d’heure par rapport à l’horaire
souhaité.
Au total, vingt-six véhicules
ont été mis en circulation, dont
cinq de vingt places. Un parti
pris qui réduit sérieusement
les coûts, puisque l’exploitant
peut recruter des conducteurs
disposant d’un permis B.
DES UTILISATEURS
SATISFAITS
Six mois après son lancement,
Filo’r a tenu ses promesses.
« Nous avons une clientèle
d’habitués, qui l’utilisent
régulièrement pour se rendre
à leur travail, à leur collège
ou à l’université », note
Catherine Goniot. Une
population majoritairement
jeune qui a appris rapidement
à utiliser ce nouvel outil. « Selon
une enquête de satisfaction réalisée
en novembre, 75 % des utilisateurs
sont satisfaits par ce nouveau
service. Ce n’est pas encore
un plébiscite, mais cela s’explique
par la nécessité d’une phase
d’apprentissage. Même si le système
est souple et simple, les habitants
ont dû changer leurs habitudes.
Certains ont vécu comme une
contrainte le fait de devoir
réserver la ligne vingt-quatre
heures à l’avance. » Première
expérience de transport à
la demande à grande échelle
réalisée en France, cette initiative,
couplée à d’autres, comme
la mise à disposition de vélos
électriques en location, a permis
à la CREA de remporter la
Marianne d’or du développement
durable en 2011. ///
FILO’R EN CHIFFRES
700 voyageurs par jour.
3 250 abonnés
(sur 45 000 habitants
concernés).
35 % d’inscrits ayant
moins de 18 ans.
35 % d’abonnés ayant
renoncé à leur voiture
au profit du transport
à la demande.
ET DEMAIN ?
“À Angoulême, la mobilité électrique est
une des briques essentielles de la nouvelle
organisation des modes de déplacement au
service d’un projet de territoire cohérent.”
Xavier Hurteau, directeur général adjoint missions transversales
à la Communauté d’agglomération du Grand Angoulême
LA FRANCE À LA
POINTE DE
L’ÉLECTROMOBILITÉ
À la suite du Grenelle de
l’environnement, une enveloppe de
750 millions d’euros a été prévue
pour financer le développement
de véhicules décarbonés dans le
cadre du grand emprunt. L’Ademe
a depuis lancé deux appels à
projets concernant les véhicules
électriques.
En 2008, onze projets innovants
ont été retenus et soutenus
à hauteur de 56,9 millions d’euros.
Parmi eux, cinq projets de voitures
électriques, trois projets de bus
électriques et de véhicules lourds
et deux projets de petits véhicules
urbains. En 2010, un second appel
à projets a donné lieu au dépôt
de 35 nouveaux dossiers.
Le lancement, en avril 2010,
de la procédure d’achat groupé
par une vingtaine d’entités
publiques et entreprises privées
a permis de dynamiser la filière
en garantissant des commandes
à hauteur de 50 000 véhicules.
De l’invention au déploiement industriel
Aujourd’hui, l’ère des expérimentations et des
« premières » est bien révolue. Le développement de
l’électromobilité entre dans sa phase de déploiement
industriel et d’intégration à un nouvel écosystème
de transport urbain, comme prévu par le plan
national de déploiement des véhicules électriques du
Grenelle de l’environnement. Les collectivités locales
ont un rôle majeur à jouer dans ce processus.
D’abord, en donnant l’exemple par l’acquisition de
véhicules électriques pour leurs services, ensuite,
en contribuant à l’implantation de bornes de
rechargement électrique afin de garantir la
possibilité d’utiliser facilement ce type de véhicule.
Le service Yélomobile de véhicules en temps partagé
déployé aujourd’hui à La Rochelle s’inscrit ainsi
dans le cadre d’un plan de déplacements urbains
intermodal cohérent. Il s’appuie sur un réseau de bus,
de taxis, de parcs relais et de bornes de rechargement
pour véhicules électriques. Il comprend en outre
des lignes de TER et de bateaux, un service de
location de vélos en libre service et un site de
réservation de covoiturage. Un seul abonnement
permet aux Rochelais d’utiliser indifféremment
l’un ou l’autre de ces services.
Paris, qui vient de lancer Autolib’ – service
d’autopartage de véhicules électriques –,
a d’emblée conçu son déploiement à l’échelle
de l’agglomération, y associant 45 communes
de la région parisienne. Les 250 premières stations
implantées et les 250 véhicules disponibles
(3 000 à terme) vont permettre de mesurer à taille
réelle l’intégration du nouveau service au réseau
de transport existant et son appropriation par
les Parisiens. La généralisation des vélos en temps
partagé a permis de familiariser les citadins avec
le fonctionnement de ces nouveaux services,
et le développement des technologies mobiles
facilite la réservation et la localisation des stations.
Mais toutes les collectivités ne sont pas encore
totalement fixées sur le modèle à adopter.
Strasbourg teste ainsi, notamment, une flotte
de Toyota Prius Hybride rechargeables en station
et accessibles en temps partagé. Un concept
différent des véhicules « tout électrique » à faible
autonomie : le moteur thermique prend en effet
le relais au-delà de 100 km/h et lorsque la batterie
est déchargée. Cela confère un plus grand rayon
d’action à l’utilisateur.
Non loin de La Rochelle, l’agglomération d’Angoulême
s’engage elle aussi résolument dans la voie de
l’électromobilité et des modes de déplacement doux.
« L’élaboration du plan de déplacements urbains a été
l’occasion de remettre à plat notre système de
transports, explique Xavier Hurteau, directeur général
adjoint missions transversales à la Communauté
d’agglomération du Grand Angoulême. Nous
préparons l’arrivée prochaine de la LGV Sud Europe
Atlantique en concevant un pôle d’échange
multimodal, en déployant des modes de transport
collectif en site propre et en étoffant notre offre avec
des vélos en libre service et des voitures électriques
en autopartage. » L’enjeu est certes de déployer une
nouvelle offre de transport adaptée aux attentes
actuelles et plus respectueuse de l’environnement,
mais il se situe aussi clairement en termes de
développement économique.
Une aide à l’emploi
Si Angoulême a opté pour la voiture électrique,
c’est un choix clairement revendiqué. « Au cœur
du premier bassin industriel entre Loire et Garonne,
la vallée de la mécatronique dispose de l’ensemble
des compétences et des outils industriels nécessaires
au développement de l’électromobilité, insiste
Xavier Hurteau. Notre volonté est d’encourager
la structuration de cette filière, dont le dynamisme
profite à tous et représente une vraie opportunité
pour notre territoire en termes de vitalité économique
et d’emploi. » Au-delà, les élus ont également
souhaité développer un volet « mobilité et
emploi ». Des vélos, des deux-roues et quatre
véhicules électriques Mia sont ainsi mis à
la disposition de l’association Loisirs formation
mobilité pour permettre à des personnes
en parcours d’insertion professionnelle de se
rendre à un rendez-vous d’embauche ou d’aller
sur leur lieu de travail. L’électromobilité peut
aussi être source de nouvelles solidarités vis-à-vis
de publics défavorisés. ///
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 2/3
FRANÇOIS DELUGA,
PRÉSIDENT
DU CNFPT,
DÉPUTÉ-MAIRE
DU TEICH
EDITO
2012 :
DE NOUVELLES
PERSPECTIVES…
À l’heure où s’achève 2011 et s’ouvre 2012, je veux vous souhaiter
une belle et heureuse année, pleine de nouvelles perspectives.
L’année qui vient de s’écouler a été particulièrement difficile,
pour tous. Les collectivités territoriales et leurs agents n’ont pas été
épargnés. Emprunts toxiques, hausse du chômage, crise financière,
catastrophes naturelles, transferts de charges non consolidées…
Les temps sont durs !
2012 s’ouvre dans un bien triste climat mais peut être une année charnière avec de
nouvelles perspectives, notamment pour les collectivités locales. Celles-ci représentent
l’un des instruments les plus importants de la cohésion sociale de notre pays. Ce sont
elles qui, par leurs décisions en matière de développement du territoire, agissent pour
la création des emplois de demain. Ce sont elles qui, par leurs actions en matière sociale,
soutiennent les personnes les plus fragiles, leur permettent de vivre dignement et les
accompagnent au quotidien.
Partout sur le territoire français, les collectivités locales, par le travail de leurs élus et de
leurs agents, agissent pour offrir à tous un service public de qualité. Mais les contraintes
ne cessent de rétrécir l’espace du possible, et l’exercice devient compliqué.
Dans ces conditions, le CNFPT, dans le cadre de ses compétences en matière de formation,
choisit de multiplier les outils d’échanges entre les collectivités. C’est la fonction de Service
public territorial. Ce sera également celle du service WikiTerritorial, un nouvel outil de
référence, de documentation et d’autoformation, accessible à tous, maintenant disponible
sur le site cnfpt.fr (cf. page 7).
Je souhaite que 2012 soit l’année de la reconnaissance du travail quotidien des collectivités,
de la protection des droits des agents publics et de la possibilité pour les élus de conduire
leurs mandats conformément au choix de leurs concitoyens.
Je souhaite que 2012 soit aussi l’année des collectivités locales, de leurs élus et de
leurs agents !
Bonne année à tous, et bonne lecture !
Service public territorial – 80, rue de Reuilly – 75012 Paris /// Bimestriel publié par le CNFPT /// DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : François Deluga – CODIRECTEUR
DE LA PUBLICATION : Jacques Goubin – RÉDACTRICE EN CHEF : Alexandra Weinstein – RÉDACTION : Bruno Cargnelli, Valérie Lachenaud /// PHOTOGRAPHES : Éric Chauvet, Augustin
Detienne, Patrice Février, Céline Gerster, Olivier Paul-Thibaut, Yann Werdesroy pour Capa Pictures, Getty Images, Smédar /// ILLUSTRATION : Art V, Gérard de Vaal /// ABONNEMENTS :
01 55 27 41 36, corinne.coitou@cnfpt.fr /// IMPRESSION : Corlet imprimeur /// ISSN 2118-030X /// DÉPÔT LÉGAL : en cours /// TIRAGE : 29 000 exemplaires
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 8/9
le début des années 2000, le prix relatif de
l’énergie a doublé ; une part de cette hausse
fut acquise après 2006.
Quelles sont les mesures prises
par les pouvoirs publics ?
J. V. : La lutte contre la précarité énergétique
est un engagement du Grenelle de
l’environnement. C’est dans ce cadre qu’a
été créé en mars 2011 l’Observatoire national
de la précarité énergétique, que je préside.
Il existe une floraison d’initiatives, à tous les
échelons – national, régional, départemental –,
sans oublier les actions d’EDF et de GDF Suez,
qui sont très proactives dans ce domaine.
Une telle floraison n’est pas sans créer des
problèmes d’efficacité. L’observatoire s’est
donc vu confier la double
mission de mieux identifier
le phénomène et de
coordonner les différents
acteurs. La précarité
énergétique ne peut
être séparée des autres
problématiques, comme le
logement, la santé, l’emploi.
Nathalie Robichon : C’est
un problème que nous
avons aussi parfaitement
identifié au CNFPT. La
précarité est un cumul de
problématiques reliées les unes aux autres.
Il faut éviter que les ménages s’inscrivent dans
une spirale négative. La difficulté à payer ses
factures énergétiques a des conséquences
en matière de santé (en raison des logements
humides et insalubres) et peut entraîner
une rupture des liens sociaux, les ménages
hésitant à inviter des gens chez eux. C’est
là où le rôle du travailleur social prend toute
son importance, par son approche globale
de toutes les difficultés auxquelles sont
confrontées les populations concernées
et par sa relation avec l’ensemble des acteurs
de la chaîne. C’est un peu un généraliste de
la précarité sociale, qui vient en contrepoids
de l’émiettement des approches.
Quelles sont les actions engagées
par le CNFPT ?
N. R. : Ce sujet a pris de l’importance depuis
environ deux ans. Nous avons débuté avec
l’Ademe un partenariat qui a débouché
en 2011 sur des journées de sensibilisation
ouvertes à tous ceux qui
interviennent sur ces questions
(conseils généraux, CCAS, CAF,
MSA, ministères, etc.), dans
une logique de mise en réseau,
pour faciliter la naissance
de projets communs de lutte
contre la précarité énergétique.
Parallèlement, nous avons mis en place
avec l’Ademe une formation à la précarité
énergétique destinée aux travailleurs sociaux
des collectivités territoriales [voir l’encadré].
Les personnes en situation de précarité
énergétique évoquent-elles facilement
ces difficultés ?
J. V. : Beaucoup auraient droit à des aides
mais hésitent à les demander ou ne les
connaissent pas. C’est l’un des obstacles
à la lutte contre la précarité. Ceux qui ont
des difficultés ont un sentiment d’indignité
qui les empêche d’évoquer leur situation
“Les travailleurs
sociaux défendent
la dignité des
personnes en
difficulté.”
Nathalie alie Robichon
UNE FORMATION POUR
LES TRAVAILLEURS SOCIAUX
En 2012, chaque délégation du CNFPT
propose une formation à la précarité
énergétique aux travailleurs sociaux des
collectivités territoriales. Son objectif :
leur donner des outils concrets pour
qu’ils puissent, notamment, conseiller
les familles sur les dispositifs d’aide et les
informer sur les équipements et les
gestes à adopter pour réduire la facture
énergétique.
www.evenements.cnfpt.fr/energetique/
devant une administration. L’accueil
de ces personnes est donc primordial,
et les expériences de guichet unique, avec
un identifiant associé à un dossier, sont
très intéressantes : on évite que ces personnes
soient obligées de raconter toujours
la même histoire dans chaque organisme.
N. R. : Le souci de la dignité des personnes,
c’est en effet l’essentiel. C’est une chose que
les travailleurs sociaux ont toujours en tête,
qu’ils défendent avec beaucoup de conviction.
C’est là où le partenariat avec l’Ademe prend
toute sa valeur… Si l’on envoie auprès des
ménages en difficulté un simple « expert »
en économie d’énergie, il est probable
que le message passe mal. Il est difficile
de s’intéresser au sort de la planète quand
on a des difficultés à payer ses factures…
En revanche, permettre aux travailleurs
sociaux d’acquérir un savoir-faire sur ces
questions d’économies d’énergie est
intéressant, parce qu’ils vont l’intégrer à leur
démarche, qui reste essentiellement sociale
et humaine. Ils sont la meilleure porte d’entrée
pour traiter la précarité énergétique… ///
POUR ALLER PLUS LOIN
www.precarite-energie.org
www.developpement-durable.
gouv.fr/Un-Observatoire-nationalde-la.html
www.plan-batiment.legrenelleenvironnement.fr/index.php/
actualites-du-plan/120-
presentation-du-rapportqprecarite-energetique
www.ademe.fr
“ 3 QUESTIONS À…
PHILIPPE LAURENT,
MAIRE DE SCEAUX,
PRÉSIDENT DE LA COMMISSION
DES FINANCES DE L’ASSOCIATION
DES MAIRES DE FRANCE,
PRÉSIDENT DU CONSEIL SUPÉRIEUR
DE LA FONCTION PUBLIQUE
TERRITORIALE
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 12/13
plus courts – Euribor trois mois, par exemple,
plutôt que douze mois – lorsque cela s’avère
intéressant. « Nous disposons d’outils
permettant de mesurer l’impact de nos
décisions, précise Vincent Lucas. Nous recevons
également des alertes pour être informés des
opportunités. Le pilotage est quotidien. »
À La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique)
Frédéric Dadu, responsable du service des
finances et du contrôle de gestion, pratique
lui aussi une gestion active de la dette depuis
le début des années 2000. « Nous avons mis
en place des procédures internes validées par
l’adjoint aux finances et le maire, qui délimitent
clairement le cadre de nos interventions tout
en conférant la souplesse nécessaire pour tirer
parti des opportunités, explique-t-il. Optimiser
VINCENT LUCAS,
DIRECTEUR ADJOINT
DES FINANCES DE
L’AGGLOMÉRATION
HAVRAISE
“ Nous pilotons
la gestion
de la dette. ”
« Tous nos projets sont anticipés et financés
de façon sécurisée, et ceci grâce aux services
d’un cabinet-conseil. »
Le nombre d’élus considérant leur
commune comme trop endettée est
en baisse sensible (10 % en 2010,
contre 5 % en 2011), selon le dernier
baromètre AMF-Caisse d’Épargne.
La tendance générale à l’amélioration
vous semble-t-elle remise en cause
dans le contexte actuel ?
Notre enquête date de début septembre.
L’ampleur de la crise que nous connaissons
n’était pas encore totalement cernée.
Il est donc probable qu’une enquête
effectuée aujourd’hui donnerait des
résultats différents. Pour autant, les élus
estiment que leur collectivité n’est pas
trop endettée ; en moyenne, ils ont raison.
La dette publique locale ne représente
que 9 % de la dette publique totale,
alors que les investissements publics
sont à plus de 70 % le fait des collectivités
locales ! De ce point de vue, la situation
française est enviable par rapport à
celle du reste de l’Europe.
Les collectivités locales doivent-elles
craindre un resserrement du crédit
encore plus net de la part des
établissements bancaires ? Avec
quelles conséquences ?
La tendance actuelle est au désengagement
très rapide et de grande ampleur
des établissements bancaires dans le
financement à long terme des collectivités
locales. La concurrence a été exacerbée
jusque vers 2008, mais le retrait est
désormais massif. Comme si le monde
bancaire était moutonnier et ne savait
pas raison garder. Cela montre que les
banques ne prêtent pas en fonction de la
capacité de crédit de l’emprunteur, mais
plutôt en fonction d’effets de mode.
Même si nous reconnaissons que les
nouvelles règles prudentielles – dites
« Bâle 3 » – jouent aussi un rôle dans leur
désengagement. La situation est, en tout
cas, très préoccupante. Le risque, c’est
tout simplement l’effondrement des
investissements, et un mauvais coup
porté à la croissance et à l’emploi.
Vous proposez la création d’une
agence publique de financement.
Quels en seraient les avantages ?
Cette idée progresse-t-elle ?
Cette agence publique, étudiée avec soin
et souhaitée par toutes les associations
d’élus locaux, est une idée déjà ancienne
qui trouve aujourd’hui toute sa justification.
Il s’agit pour les collectivités locales
d’être capables d’émettre ensemble des
obligations sur le marché, sous leur
propre nom et leur propre signature, sans
recourir ni à l’intermédiation bancaire
ni à la garantie de l’État central. Cela
se pratique dans des pays du nord de
l’Europe ou aux États-Unis (municipal
bonds). Une telle agence permettrait,
d’une part, une diversification des financements
à long terme et, d’autre part, une
diminution des coûts de financement.
En majorité, les communes ont besoin
de financer des investissements à long
terme, payables en monnaie locale. Le
fameux « taux fixe – annuités constantes
», auquel on peut ajouter le taux révisable
(maîtrisable car remboursable sans
pénalités), reste parfaitement adapté aux
besoins normaux d’une commune
moyenne et ne nécessite pas d’expertise
particulière.
Le site à (re)découvrir
www.wikiterritorial.cnfpt.fr
Une question sur les collectivités territoriales ? Rendez-vous sur la nouvelle
encyclopédie interactive proposée par le CNFPT : le WikiTerritorial.
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NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 6/7
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à plus d’un millier de
pages : définitions,
rapports publics, textes
officiels… (Rubrique
« e-connaissances ».)
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toute l’actualité
des collectivités
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DÉCOUVREZ
les métiers des agents
et échangez avec eux.
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Le WikiTerritorial est un espace en ligne où s’échangent toutes les informations autour des
collectivités territoriales. La base de départ est constituée de 700 mots-clés, auxquels sont
rattachés des définitions, des fiches d’information, des textes réglementaires, etc., rédigés par
des experts réputés ou repris des sites du service public. Tout internaute peut aussi apporter
sa contribution (commentaires, articles) et, ainsi, enrichir les connaissances.
BONNES PRATIQUES
DEUX-SÈVRES
NIORT, CHAMPIONNE
DE LA BIODIVERSITÉ
À la faveur d’un inventaire de la biodiversité, la ville a découvert un trésor :
une collection d’espèces végétales et animales insoupçonnée.
ÉTAT DES LIEUX
Pour connaître sa richesse,
encore faut-il faire ses comptes.
C’est ce qu’a fait Niort en se
lançant, entre 2010 et 2011, dans
un travail de longue haleine :
un inventaire de la biodiversité.
Deux associations, Deux-Sèvres
nature environnement (DSNE)
et le Groupe ornithologique
des Deux-Sèvres (Gods), se
sont chargées de l’état des lieux.
Leur méthode ? Croiser les
données recueillies par les
différents réseaux de naturalistes
depuis la fin du XIX e siècle avec
l’observation sur le terrain,
jumelles aux yeux et carnet de
notes en main. Pelouses, marais,
zones de boisement et bocages
ont été passés au crible durant
un an pour que soient dénichées
toutes les espèces s’y trouvant.
Une démarche plutôt originale
pour une ville, initiée par un
maire, Geneviève Gaillard, très
sensible au développement
durable. « Durant ces dernières
années, lorsque l’on parlait de
biodiversité, cela faisait un peu
sourire. Ma conviction est que
cette problématique est essentielle
et que nous avons un rôle à jouer
auprès de la population, pour la
sensibiliser à la rareté des espèces
et lui apprendre à les préserver »,
explique-t-elle.
Pour le maire de Niort, l’inventaire
est un point de passage obligé.
« Si l’on veut protéger telle ou telle
espèce, ou tout simplement créer
les conditions d’un maintien
de la biodiversité en permettant
à chaque espèce de se reproduire
et de se déplacer, il faut savoir d’où
l’on part. Cela permet d’intégrer
ces aspects à l’ensemble des
politiques d’aménagement. »
LA RICHESSE DE
LA BIODIVERSITÉ
Achevé au printemps 2011,
l’inventaire a créé la surprise
en révélant une richesse
insoupçonnée : pas moins
de 700 espèces végétales,
203 espèces de papillons de nuit,
190 espèces d’oiseaux, 42 espèces
d’araignées, 40 espèces de
libellules, etc. Parmi celles-ci,
DECRYPTAGE
Les clés pour tout comprendre
LES OBJECTIFS DES COLLECTIVITÉS
TERRITORIALES ET DE L’ÉTAT
Coordonner et renforcer l’efficacité des
actions menées en mettant en cohérence les
éventuels dispositifs existants : volet santé
des contrats urbains de cohésion sociale,
ateliers santé ville mais aussi Agenda 21,
projets de territoires…
Agence
régionale
de santé.
Collectivités
territoriales
et État.
LES OBJECTIFS DE L’AGENCE RÉGIONALE
DE SANTÉ (ARS)
Décliner, de manière transversale et
en fonction des territoires, les orientations
du PRS sur l’ensemble de son champ
de compétences.
Instaurer un fort partenariat local et
travailler avec l’ensemble des professionnels
de santé grâce au CLS.
Promotion de la santé
et prévention :
– promotion et éducation
pour la santé ;
– prévention veille
et alerte.
L’OBJECTIF POURSUIVI
Les actions de santé au sens large, inscrites
dans le cadre des dispositifs existants et
identifiées dans le PRS, ont été mises en
place avec l’objectif de réduire les inégalités
sociales de santé entre les territoires.
Premier recours :
– renforcement
des zones fragiles ;
– continuité et
accessibilité des soins
préventifs et curatifs.
Médico-social :
– parcours de vie ;
– accompagnement.
LES ÉTAPES DE MISE EN ŒUVRE D’UN CLS
Les ARS pilotes ont formalisé les grandes étapes de l’élaboration d’un CLS.
Ces étapes sont ici déclinées avec indication des activités à conduire conjointement par les agences,
les signataires et les partenaires.
Un kit méthodologique est à la disposition des collectivités s’engageant dans l’élaboration d’un CLS :
http://ars.iledefrance.sante.fr/contrats-locaux-de-sante-le.116167.0.html
Définition de la stratégie
de l’ARS
État des lieux et
identification des
opportunités de
lancement de CLS
BONNES PRATIQUES
FRANCE-
ANGLETERRE
COOPÉRATION TRANSMANCHE
AUTOUR DES DÉCHETS
Deux collectivités en charge de la valorisation des déchets en France et en Angleterre se sont
rapprochées dans le cadre du projet Interreg IVa, proposé par l’Union européenne.
UN PARTENARIAT
TRANSMANCHE
Au départ, il y a le souhait de
l’Union européenne de développer
les échanges entre les régions
transfrontalières franco-anglaises,
pour favoriser l’émergence
d’un espace de citoyenneté
commune, notamment
autour des problématiques
du développement durable.
À l’arrivée, trois ans d’une
fructueuse collaboration entre
le Syndicat mixte d’élimination
des déchets de l’arrondissement
de Rouen (Smédar) et l’East
Sussex County Council, avec
le projet commun « Agissons
autour des déchets ».
« L’idée était de générer des actions
concrètes permettant d’optimiser
la gestion des déchets de chaque
côté de la Manche, et de faire
bénéficier chacun de l’expérience
et du savoir-faire de l’autre »,
témoigne Florence Levasseur,
chargée de projet Interreg au
Smédar. Des échanges d’autant
plus riches et nourris que les
expertises de chacun sont très
complémentaires.
« En France, nous pratiquons le tri
sélectif ainsi que la valorisation
énergétique. De leur côté,
les Britanniques enfouissent 50 %
des déchets. Ils sont donc beaucoup
plus avancés sur la réduction
des déchets à la source :
l’enfouissement est tellement
polluant qu’ils font beaucoup
d’efforts auprès des écoles,
notamment pour limiter les
déchets à la source », explique
Florence Levasseur. Sur le territoire
du Smédar, la sensibilisation
des jeunes publics est aussi
très largement développée.
Le syndicat s’est beaucoup
appuyé sur le savoir-faire
pédagogique des Anglais pour
mettre en place trois parcours
informant les promeneurs sur les
problématiques de recyclage et
d’environnement. Parallèlement,
des fiches d’exercice bilingues
ont été conçues par les deux
partenaires, et sept collèges et
lycées de l’arrondissement de
Rouen se sont mobilisés en faveur
du tri sélectif et de la réduction
des déchets à la source.
UN PUBLIC DE
PROFESSIONNELS ET
DE PARTICULIERS
Sur les trois années du projet,
entre 2008 et 2011, les deux
partenaires ont pu développer des
actions communes auprès d’un
grand nombre de publics : les
enfants et les adultes, mais aussi
les PME, sensibilisées par des
ambassadeurs du Smédar
et par les agents des collectivités
territoriales à la problématique
des déchets. Une cinquantaine
d’agents territoriaux français et
anglais œuvrant dans le domaine
de la gestion des déchets ou
de l’environnement ont ainsi
bénéficié de formations
dispensées par des intervenants
du Smédar, du CNFPT et de
l’université de Brighton,
successivement à Rouen et
à Brighton. De quoi nouer des
liens pérennes entre les équipes,
qui ont appris à se connaître et
à échanger leurs expériences… ///
ET DEMAIN ?
LE COMPOSTAGE
Français et Anglais ont
beaucoup à s’apprendre
en matière de compostage.
Le compostage alimentaire
est très développé outre-
Manche dans les communes
rurales, et l’Angleterre
développe dans ce domaine
une communication
« door to door »
particulièrement efficace.
En France, le compostage
individuel est en pleine
émergence. Ce sujet
et, plus largement, la gestion
des déchets organiques
feront l’objet d’un futur
projet de collaboration
franco-anglaise.
ET DEMAIN ?
L’avenir en questions
ACTUALITES
VERS UN NOUVEAU PLAN
ALZHEIMER…
Le plan Alzheimer 2008-2012
s’achève officiellement en
février 2012. L’heure est donc
au bilan, qui s’avère globalement
positif. La France a progressé sur
des points essentiels, comme
l’accueil des malades et le dépistage.
La mesure phare est sans aucun
doute la mise en place des maisons
pour l’autonomie et l’intégration
des malades d’Alzheimer (Maia).
L’objectif de 100 nouvelles Maia
devrait être atteint dans les délais,
avec pour nouvelle ambition d’avoir
ouvert 500 Maia à l’horizon 2014.
Autres avancées ? Le déploiement
de 500 structures de dépistage
et de diagnostic, la formation et le
soutien des aidants, l’affectation de 200 millions d’euros à la recherche sur la maladie. Avec ses 44 mesures phares,
le plan français fait désormais figure de référence dans les colloques internationaux consacrés à la maladie.
D’ores et déjà, un nouveau plan est annoncé pour poursuivre le travail entamé.
HAUTE-NORMANDIE
Une délégation
exemplaire
La délégation régionale
Haute-Normandie du CNFPT
a reçu en 2011 le prix régional
de l’exemplarité décerné par
le Fonds pour l’insertion des
personnes handicapées dans
la fonction publique (FIPHFP).
Ce prix récompense les efforts
réalisés vis-à-vis de ce public
dans les politiques publiques
de recrutement.
LORRAINE
Obtention du
label Marianne
En 2010, la délégation régionale
Lorraine du CNFPT inaugurait
de nouveaux locaux et saisissait
l’occasion pour briguer le label
Marianne. Créé en 2007, ce dernier
a pour principale vertu d’entraîner
les services publics dans une
dynamique d’amélioration de
l’accueil à leurs usagers. Mission
accomplie : le 25 octobre 2011,
la délégation régionale Lorraine
obtenait cette distinction.
RETROUVEZ
LE QUESTIONNAIRE
SUR LE SITE DU
SÉNAT
www.senat.fr/democratieterritoriale.html
Contact :
etatsgeneraux@senat.fr
Suivez les états généraux
sur Twitter avec le compte
du Sénat :
@Senat_Info
twitter.com/senat_info>
et via le hashtag #EGDT
LE SÉNAT INTERROGE LES 550 000 ÉLUS
LOCAUX VIA INTERNET
Sur son site internet, le Sénat met à la disposition
des 550 000 élus locaux de France métropolitaine
et d’outre-mer un questionnaire afin de recueillir
leur parole, leurs attentes et leurs propositions
sur l’avenir des territoires. Ce questionnaire
intervient dans le cadre des états généraux de la
démocratie territoriale, annoncés dès l’investiture
du président du Sénat, Jean-Pierre Bel. Il a été
élaboré par un comité de pilotage présidé par
Yves Krattinger, sénateur de Haute-Saône, et
composé de sénateurs représentant la diversité
des sensibilités politiques ainsi que des grandes
associations pluralistes d’élus.
Trente minutes environ sont nécessaires pour
répondre au questionnaire. Les élus peuvent
donner directement leurs réponses – totalement
anonymes – à l’écran sur le site du Sénat. Ils
ont jusqu’au 22 février 2012 pour prendre part
à cette consultation.
Le questionnaire comporte une première
série de questions destinées à mieux connaître
les élus, suivie de 44 questions ayant pour but
de recueillir leur sentiment général sur l’état
de la démocratie territoriale. Vingt-six questions
s’adressent spécifiquement aux élus d’outre-mer.
Enfin, 37 questions ont un caractère plus
technique, pour les élus souhaitant approfondir
certains sujets.
DOSSIER
d’euros pour l’ensemble des acteurs publics
locaux (y compris les universités, les
hôpitaux et les organismes HLM). Il s’élève
à 23,303 milliards d’euros pour les seules
collectivités locales. L’encours considéré
comme à risque pour l’ensemble des
acteurs publics locaux est, quant à lui, de
18,828 milliards d’euros, dont 15,787 milliards
d’euros classés à « très fort risque » (1) .
Pour certains, la faillite de collectivités
n’est plus du domaine de l’impensable.
Afin d’assister celles en difficulté, les députés
de la commission proposent la création d’un
pôle d’assistance et de gestion. Ce pôle serait
chargé de renégocier globalement les contrats
entre les collectivités locales dans leur
ensemble et les banques, les négociations
ne se faisant plus collectivité par collectivité
mais produit par produit. Et pour éviter
que de telles dérives se reproduisent,
la commission souhaite l’adoption d’une
série de mesures. La principale consisterait
à « caper » les contrats, en fixant d’emblée
un taux maximal.
L’APRÈS-DEXIA
Un accord a été trouvé entre
les États français, belge et
luxembourgeois le 5 décembre
dernier, qui définit un mécanisme
de garantie temporaire des
financements de Dexia.
Cette convention, valable jusqu’au
31 mai 2012, est plafonnée à
45 milliards d’euros. Elle doit
permettre à la banque de couvrir les
financements qui s’étaient taris avant
l’accord sur son second renflouement
public, annoncé le 20 octobre dernier.
Cette convention concerne des
contrats, des titres et des instruments
financiers avec une maturité de
trois ans au maximum. Ce projet
de convention de garantie temporaire
est soumis à la Commission
européenne, qui devra déterminer si
le renflouement est conforme au droit
européen des aides publiques.
PHILIPPE YVIN,
DIRECTEUR GÉNÉRAL
DES SERVICES DU
CONSEIL GÉNÉRAL DE
SEINE-SAINT-DENIS
“ Notre
priorité :
la solidarité. ”
« La baisse des recettes se conjugue avec l’augmentation des
dépenses de soutien aux populations fragilisées. C’est pourquoi
nous nous mobilisons en faveur de l’insertion professionnelle. »
Budgets de crise
« La crise réduit considérablement nos marges
de manœuvre, constate Philippe Yvin, directeur
général des services du Conseil général de
Seine-Saint-Denis. La baisse des recettes, assises
sur une activité économique atone, intervient
au moment où les dépenses de soutien aux
populations fragilisées explosent et alors que
la différence entre les dépenses d’allocations
de solidarité nationale à notre charge et leur
compensation par l’État atteint 10 % de nos
recettes. » Dans ce contexte, la capacité
d’investissement du département s’amenuise
considérablement. En réponse, le conseil
général a décidé de se concentrer sur
quelques projets phares : de nouveaux
collèges et des reconstructions reposant sur
des partenariats public-privé. « La solidarité
reste notre priorité, reprend Philippe Yvin,
et nous nous mobilisons tout particulièrement
en faveur de l’insertion professionnelle.
Mais nous nous voyons également contraints
de réviser les soutiens à nos partenaires
et de rallonger les durées de versement des
subventions prévues. En outre, nous avons
adopté un plan d’optimisation des dépenses
de fonctionnement. »
Confronté par ailleurs à des problèmes de
gestion d’emprunts toxiques, le département
a négocié des conventions pluriannuelles
de financement auprès des banques depuis
plusieurs années. Cela s’avère particulièrement
précieux dans cette période de tension
extrême sur les emprunts nouveaux
et de restriction du crédit.
Si beaucoup de collectivités doivent
se contenter de budgets a minima compte
tenu de la conjoncture actuelle, quelles
pistes pourraient permettre de restaurer des
marges de manœuvre sans prise de risque
excessive ? La première consiste à tenter de
mutualiser au maximum les investissements.
« Mutualiser les moyens humains, nous
le faisons déjà largement, constate Danielle
Havard. Nous pouvons faire encore quelques
efforts en la matière, mais il me semble
impossible de réduire les personnels sans
désorganiser les services. »
Pilotage de la dette
Pour un nombre croissant de collectivités,
restaurer des marges de manœuvre passe
d’abord par un pilotage au plus près de la dette.
« Sur la période 2010-2014, nous avons prévu
la création d’un tramway, celle d’un grand stade
de football, d’établissements d’enseignement
supérieur et la rénovation d’installations
d’assainissement et d’eau, explique Vincent
Lucas, directeur adjoint des finances de
l’agglomération havraise. Ces projets ont
été largement anticipés et financés de façon
sécurisée auprès de partenaires fiables
et reconnus : la Banque européenne
d’investissement et la Caisse des Dépôts et
Consignations pour une part importante. »
Le dynamisme économique de la zone
du Havre a permis de limiter le recours à
l’emprunt, qui a été établi sur des bases tout
à fait classiques : à taux variable – Euribor (2)
essentiellement – et à taux fixe. Pour piloter
la gestion de la dette, l’agglomération
s’est adjoint les services de Finance active,
qui la conseille sur l’opportunité de
renégocier certains emprunts, en fonction
de la conjoncture, ou de privilégier des index
DOSSIER
CRISE : COMMENT
LES COLLECTIVITÉS
FONT FACE
> L’ENDETTEMENT DES COLLECTIVITÉS LOCALES
a augmenté de 20 % en trois ans, pour atteindre
en moyenne 68,9 % de leurs recettes en 2009.
Aujourd’hui, avec la crise de l’euro et des dettes
souveraines, des collectivités de toute taille
peinent à boucler leur budget et à financer des
investissements parfois indispensables.
Comment s’organisent-elles ? Tour de France
à l’heure de la rigueur.
RENCONTRE
Autour d’un enjeu de société
QUELLE STRATÉGIE FACE À
LA PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE ?
> 13 % des ménages français ont des difficultés
plus ou moins grandes à chauffer correctement
leur logement. JÉRÔME VIGNON, président de
l’Observatoire national de la précarité énergétique,
et NATHALIE ROBICHON, responsable du service des
pôles de compétences solidarité, cohésion sociale,
enfance au CNFPT, nous expliquent ce nouvel enjeu.
“Ne séparons pas la
précarité énergétique
des problématiques
de logement, de santé
et d’emploi.”
Jérôme Vignon
On assiste depuis
quelques années à
l’émergence du thème de
la précarité énergétique.
Que recouvre ce terme ?
Jérôme Vignon : Cette
notion est apparue il y a
une dizaine d’années dans
le monde anglo-saxon.
On peut la mesurer de deux
façons. On parle de « précarité
énergétique » dès lors que la part
des dépenses d’énergie représente 10 %
du total des revenus (c’est la définition
européenne), ou alors on a recours à un
critère plus subjectif : quand un ménage
a, dans les six mois qui précèdent, éprouvé
un sentiment de froid durable. Ces deux
définitions permettent de détecter
deux types de populations différentes.
Quelle est l’ampleur du phénomène ?
J. V. : Si l’on reprend le premier mode de calcul,
3,3 millions de ménages en France ont des
dépenses supérieures à 10 % de leurs revenus.
Ce sont souvent des ménages âgés de plus
de 50 ans, propriétaires d’un logement vétuste
et mal isolé, en milieu rural. D’un autre côté,
3,4 millions de ménages déclarent avoir
éprouvé une sensation de froid durant les
six derniers mois. Ce sont plutôt des jeunes
urbains vivant en appartement collectif,
souvent en logement social, qui sont
tributaires des dysfonctionnements de
chaudières collectives. Bien sûr, ces deux
populations se recoupent et ne peuvent pas
être cumulées. On peut estimer qu’environ
13 % des ménages sont en précarité,
énergétique, dont 600 000 en situation
de grande précarité, souffrent des deux
difficultés : dépenses énergétiques élevées
et épreuve du froid.
Constate-t-on une progression
de la précarité énergétique ?
J. V. : Nos dernières statistiques remontent
à une enquête sur le logement réalisée
en 2006 par l’Insee, et il faudra attendre
la prochaine, en 2013, pour mieux
mesurer cette progression. Mais on peut
anticiper une hausse moyenne de la part
consacrée aux dépenses énergétiques
dans le budget des ménages. Depuis
DOSSIER
la gestion de notre endettement pour en
abaisser le taux moyen pondéré, par exemple
en diversifiant l’encours, cela ne signifie
aucunement plonger dans la logique de coûts
financiers et de paris hasardeux qui fut celle des
emprunts structurés non “capés”, dits “toxiques”.
CONSÉQUENCES
BTP 30000 emplois
menacés
Patrick Bernasconi,
le président de la
Fédération nationale
des travaux publics
estime que
« le démantèlement
de Dexia et le
désengagement des
autres banques font
monter à 7 milliards
d’euros pour 2012
le montant des
engagements non
satisfaits des
collectivités locales. »
Un manque de
financement qui
devrait impacter le
secteur des travaux
publics à hauteur de
10 % de l’activité et
qui pourrait entraîner
la disparition de
30 000 emplois
l’année prochaine,
selon le dirigeant de
l’organisation
professionnelle.
C’est même tout le
contraire : nous
maintenons une
gestion raisonnable
et équilibrée en nous
adaptant, et nous
évitons les “effets
de yo-yo” quant à la
répartition de l’encours
de la ville par index.
Face à l’instabilité des
marchés financiers,
la ville a eu la volonté
d’élargir à partir de
2008 ses consultations
à de nouveaux prêteurs,
notamment auprès
d’établissements
financiers solidaires
et mutualistes. Cette
politique a porté ses
fruits lors des
campagnes d’emprunt
de 2010 et 2011. »
Selon Finance
active, qui conseille
aujourd’hui un millier
de collectivités
locales, dont plus
de 100 régions,
départements et grandes villes, entre 5 % et
6 % des encours de la dette des collectivités
dans leur ensemble relèvent encore des
produits dits « structurés » et considérés
comme toxiques. « Nous aidons les collectivités
concernées à établir un diagnostic et à définir
une stratégie de sortie soutenable, explique
Patrice Chatard, directeur général de Finance
active, société de services technologiques
et financiers. Au-delà, il s’agit sans doute
d’instaurer une nouvelle gouvernance
sur la base d’une identification plus précise
des risques courus et d’une stratégie
de couverture adaptée, d’un meilleur
encadrement des prises de décision et d’un
pilotage plus rigoureux. » Dans son rapport
sur la gestion de la dette, la Cour des comptes
évoquait, quant à elle, la création de
documents de reporting. ///
(1) Source : fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE7B609X20111207
(2) L’un des deux principaux taux de référence du marché monétaire
de la zone euro.
FINANCES LOCALES
EN EUROPE
ORGANISATION
TERRITORIALE
Au sein de l’Union européenne,
11 pays ont un seul niveau
d’administration territoriale en plus
de l’administration étatique nationale
(Bulgarie, Chypre, Estonie, Finlande,
Irlande, Lettonie, Luxembourg,
Lituanie, Malte, Portugal, Slovénie).
Neuf pays disposent de deux niveaux
d’administration territoriale en plus
de l’administration centrale (Autriche,
Danemark, Grèce, Hongrie, Pays-Bas,
République tchèque, Roumanie,
Slovaquie, Suède). Et sept pays comptent
trois niveaux d’organisation territoriale
en plus de l’administration nationale
(Allemagne, Belgique, Espagne, Italie,
France, Royaume-Uni, Pologne).
LE POIDS DES DÉPENSES
DES ORGANISATIONS
TERRITORIALES
Les administrations locales ont
représenté 2 069 milliards d’euros
de dépenses au plan européen
en 2010, soit une moyenne de 16,9 %
du PIB et de 33,5 % du total des
dépenses publiques européennes.
Le niveau de dépense des
administrations territoriales
européennes varie fortement d’un pays
à l’autre. En 2010, au-delà de l’exception
française avec ses 73 %, on pouvait
distinguer quatre grands groupes de
pays en fonction du poids des dépenses
des collectivités locales par rapport
aux dépenses nationales :
– de 40 % à 55 % du total des dépenses
publiques : Finlande, Belgique,
Allemagne, Suède, Estonie ;
– de 30 % à 40 % du total des dépenses
publiques (moyenne de l’Union
européenne) : Autriche, Italie, Pays-Bas,
Pologne ;
– de 15 % à 30 % du total des
dépenses publiques : Bulgarie, Estonie,
Hongrie, Lettonie, Lituanie, Roumanie,
Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie ;
– moins de 15 % du total des dépenses
publiques : Chypre, Grèce, Irlande,
Luxembourg, Malte, Portugal.
LES PRINCIPAUX
POSTES DE DÉPENSES
DES COLLECTIVITÉS
TERRITORIALES
EUROPÉENNES
En 2010, éducation et protection
sociale ont représenté 41 % du total des
dépenses des collectivités territoriales
européennes.
Les dépenses sociales atteignent près
de 60 % des dépenses des collectivités
au Danemark. Elles représentent en
moyenne 20 % du total des dépenses
des collectivités de l’Union européenne
(18 % en France).
LE POIDS DES
COLLECTIVITÉS
TERRITORIALES
EUROPÉENNES DANS
L’INVESTISSEMENT
PUBLIC DIRECT
Dans l’Union européenne, les
collectivités locales ont représenté
65,3 % du total de l’investissement
public (soit 211 milliards d’euros).
Les taux les plus élevés sont enregistrés
en Belgique (86 % du total), Allemagne
(84 %), Autriche (73 %), France (73 %),
Espagne (72 %) et Finlande (65 %).
La part des collectivités locales dans
l’investissement public total chute
à 21 % en Grèce, 17 % à Chypre et 7 %
à Malte.
BAISSE DES RECETTES
Dans toute l’Union européenne,
les recettes des collectivités locales
sont à la baisse depuis 2008. La baisse
moyenne atteint 0,8 % du total des
recettes des collectivités en 2010.
KIOSQUE
Pour en savoir plus sur les
sujets traités dans ce numéro
JE SURFE
> www.developpement-durable.gouv.
fr/Un-Observatoire-national-de-la.
html
Site du ministère de l’Écologie,
du Développement durable,
des Transports et du Logement.
La précarité énergétique toucherait quelque
3.4 millions de personnes en France. Ce site vous
donnera les clés pour comprendre la démarche
du gouvernement, qui a mis en place un plan
d’action afin de remédier d’ici à 2017 à la
situation des 300 000 foyers les plus modestes.
Vous y trouverez également des informations
pratiques si vous avez besoin d’une aide
financière pour votre logement ou vos travaux.
> opendata.paris.fr/opendata/jsp/site/
Portal.jsp
Le site de la politique Open Data
de la ville de Paris.
Ce site rassemble l’ensemble des données que
la ville de Paris compile sous forme de graphiques
et de tableaux sous licence libre. Grâce à un menu
déroulant, vous choisissez le type de données et
la forme sous laquelle vous souhaitez les obtenir
– par exemple, les statistiques de création d’actes
d’état civil ou la liste de lieux de tournage de film.
> www.ademe.fr/CLIMACT
Le test CLIMAcT du site de l’Ademe.
Ludique, ce site vous offre la possibilité de réaliser
un test de vos émissions de CO 2 sur une journée
et de connaître ainsi votre impact sur le climat.
Au fur et à mesure du test, des « gestes CLIMAcT »
vous donnent des conseils pour, par exemple,
modifier votre utilisation de l’eau chaude, bien
dégivrer votre réfrigérateur ou diminuer votre
consommation de viande.
JE LIS
> La Nature en débat.
Idées reçues sur
la biodiversité
Christian Lévêque, aux éditions
Le Cavalier bleu, juin 2011.
Ce livre de près de 200 pages
s’attache à donner la définition
la plus complète de la
biodiversité. Il évoque également
les différents facteurs qui la
menacent, tels que l’homme, le changement
climatique, les espèces envahissantes ou les pays
riches. Enfin, l’auteur donne des clés pour protéger
au mieux la biodiversité, avec notamment un appel
à la mobilisation internationale. Cet ouvrage
ne nous livre pas de nouvelles vérités sur la
biodiversité, mais nous aide à prendre du recul par
rapport aux discours formatés que l’on connaît
et à élargir notre champ de réflexion.
> Alzheimer, mode d’emploi.
Le livre des aidants
Jean-Pierre Polydor, aux éditions
L’Esprit du temps, septembre 2011.
Véritable guide pratique destiné
aux proches d’un malade
d’Alzheimer, ce livre recèle des
conseils pratiques et médicaux
indispensables pour accompagner
le quotidien des malades. L’auteur, le docteur
Jean-Pierre Polydor, neurologue et attaché au CHR
de Cannes, considère en effet que les aidants des
personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer
jouent un véritable rôle thérapeutique. Proches
et disponibles, ils sont la base de la prise en charge
des malades.
> Les Relations
élus-fonctionnaires
territoriaux
Denys Lamarzelle, aux Éditions
du Papyrus, mai 2011.
Pour réaliser cet ouvrage, l’auteur
a longuement observé mairies,
communautés de communes et
d’agglomération, conseils généraux
et régionaux. Il y évoque le vécu personnel de
nombreux agents territoriaux et élus, sans langue
de bois. Pour faire fonctionner leur organisation
et améliorer le service rendu aux usagers, élus
et fonctionnaires travaillent de plus en plus
étroitement, rendant d’autant plus mince la limite
entre politique et administration. Il n’est en effet
pas rare de voir, à la suite d’un changement de
majorité, les nouveaux élus se séparer d’anciens
cadres dirigeants. Dans le contexte actuel de
rigueur budgétaire, l’ambition de l’auteur est de
mieux faire comprendre le fonctionnement des
collectivités territoriales.
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 30/31
JE REGARDE
> www.ledeveloppementdurable.fr/
biodiversite
Tous les ans depuis 2006, le projet
« Le développement durable, pourquoi ? »
met à la disposition des écoles, collèges et lycées
des affiches pédagogiques sur des thèmes
comme l’énergie, la biodiversité ou la forêt.
Ce projet a été lancé par la Fondation GoodPlanet
(créée par Yann Arthus-Bertrand), le ministère
de l’Éducation nationale, de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche, et le ministère
de l’Écologie et du Développement durable.
Ces affiches, téléchargeables gratuitement sur
le site, permettent aux élèves d’organiser des
expositions dans leur établissement.
> www.autolib.fr/autolib
Sur ce site très pratique, vous obtiendrez toutes
les réponses à vos questions sur Autolib’ :
pourquoi ce projet ? Quels sont ses avantages ?
À qui sont destinées ces voitures électriques de
location ? Comment ça marche ? Où se trouvent
les stations Autolib’ dans ma ville ? Quels sont les
tarifs ? Et si vous avez envie de tenter l’expérience,
vous pouvez aussi vous inscrire en ligne.
> www.reims2020.fr
Cette jolie vidéo d’illustrations en 3D passe
en revue les grandes lignes de l’ambitieux projet
urbain Reims 2020, qui vise à transformer
complètement la ville. Elle illustre notamment
les sujets suivants : « Étendre et embellir le centreville
», « Grandir avec la métropole », « Relier les
quartiers pour plus de proximité », « Retrouver
le plaisir d’habiter en ville » et « Mettre l’art dans
la ville ». L’avenir est à l’Est !
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 20/21
GENEVIÈVE
GAILLARD,
MAIRE DE NIORT
on retrouve quelques espèces
menacées, ou bénéficiant
de mesures de préservation,
telles que le râle des genêts,
le crapaud sonneur à ventre
jaune ou la rarissime libellule
cordulie à corps fin, ou encore
la très discrète tourterelle
orientale, observée seulement
trois fois en France, dont
une fois à Niort…
L’inventaire achevé, la ville
de Niort a voulu restituer à ses
habitants toute la richesse de
sa faune et de sa flore, mais
aussi leur apprendre à mieux
les respecter grâce à des actions
d’éducation à l’environnement.
Elle a proposé trois rendez-vous
à la population, en octobre
et en décembre : observation
des étoiles et de la pollution
lumineuse sur la faune nocturne,
découverte du bocage de
Saint-Florent et des oiseaux
hivernants sur la Sèvre niortaise,
observation des oiseaux
nocturnes et des chauves-souris
au cœur de la ville, en bordure
de la Sèvre.
Le public scolaire n’est pas en
reste, avec 23 activités conçues
par les deux écoanimateurs
de la ville pour les classes du CP
au CM2. ///
“ Notre souhait
est que les Niortais
s’approprient
cette démarche
et fassent leur
propre inventaire
de la biodiversité,
à l’échelle de
leur jardin,
par exemple. ”
SOMMAIRE
N° 2 – janvier 2012
COURRIER DES LECTEURS
Vous êtes nombreux à nous poser des questions sur
les conditions d’accès à la fonction publique territoriale
et sur les démarches à suivre pour être intervenant
auprès du CNFPT. Voici quelques éléments de réponse.
4 – ACTUALITÉS
L’essentiel à retenir
8 – RENCONTRE
Quelle stratégie face à
la précarité énergétique ?
10 – DOSSIER
Crise : comment les
collectivités font face
15 – BONNES PRATIQUES
Tour de France
des collectivités
22 – DÉCRYPTAGE
Les contrats locaux de santé
24 – PARCOURS
Ils ont suivi une formation
d’intégration
28 – ET DEMAIN ?
Électromobilité :
vers une mobilité raisonnée ?
31 – KIOSQUE
Je surfe, je lis, je regarde
Comment
accéder à la
fonction publique
territoriale ?
Le concours est le principal
mode de recrutement des
fonctionnaires territoriaux.
Il permet aux lauréats d’exercer
un emploi dans l’un des
230 métiers de la fonction
publique territoriale qui
reflètent la diversité des
domaines d’intervention des
collectivités locales.
Différents types de concours
existent : externe, interne,
troisième concours. Les épreuves
varient d’un concours à l’autre.
La réussite au concours ne vaut
pas recrutement ; un lauréat
est inscrit sur une liste
d’aptitude pendant un an
– durée renouvelable deux fois.
Concours organisés par
le CNFPT : administrateur
territorial, conservateur
territorial du patrimoine,
conservateur territorial
de bibliothèques et ingénieur
en chef.
Renseignements : www.cnfpt.fr
Concours organisés par
les centres de gestion : tous
les autres. Renseignements :
www.fncdg.com
Comment être
intervenant
au CNFPT ?
– Pour les organismes publics
et privés : vous devez répondre
à un appel d’offres. Vous serez
titulaire d’un marché et payé
sur facture.
– Pour les formateurs
indépendants et les professions
libérales : vous devez répondre
à un appel d’offres ou postuler
auprès de la délégation
du CNFPT pour laquelle vous
Vous souhaitez réagir à l’un de nos articles ?
Envoyez-nous directement vos commentaires à
l’adresse suivante : courrierdeslecteurs@cnfpt.fr
souhaitez intervenir en
envoyant un CV et une lettre
de motivation. Vous serez
payé sur facture ou par bulletin
de paie.
– Pour tous les autres
non-fonctionnaires,
les fonctionnaires, les
non-titulaires et les retraités
de la fonction publique :
vous devez postuler auprès
d’une délégation du CNFPT
en envoyant un CV et une
lettre de motivation. À chaque
intervention, vous serez recruté
comme vacataire sous contrat
à durée déterminée et vous
serez directement payé
par bulletin de paie (régie).
– Attention : La double activité
marché-facture/régie est
strictement interdite au CNFPT.
Cette règle s’apprécie pour
l’ensemble de l’établissement
et non structure par structure.
PARCOURS
Cette formation porte bien son nom ”
PASCALE MAINE, CONSEILLÈRE FORMATION À LA DÉLÉGATION CNFPT PICARDIE,
“FORMÉE APRÈS LA RÉFORME DE 2007
FORMÉ AVANT LA
RÉFORME DE 2007
François Favoro,
responsable
administratif et
comptable du Valtom,
syndicat pour la
valorisation et le
traitement des déchets ménagers regroupant
des collectivités du Puy-de-Dôme et du nord
de la Haute-Loire
« J’ai passé en 2006 le concours d’attaché
territorial, et j’ai donc fait partie des tout derniers
fonctionnaires à suivre la formation d’intégration
avant la réforme.
À un détail près, néanmoins : je n’ai pas
eu à réaliser et soutenir un rapport de stage.
J’ai vu cela comme une excellente nouvelle,
car le dispositif d’intégration était déjà assez
lourd en soi. Passer le concours d’attaché
territorial demande beaucoup d’implication.
Ensuite, il fallait réussir sa prise de poste
tout en la conciliant avec les trois semaines
de formation à Montpellier. Autant dire que
le rapport de stage apparaissait comme une
charge de travail superflue. Surtout après
un long parcours de formation.
J’ai 51 ans, et je suis un pur produit de la
“méritocratie”. J’ai passé quinze ans de ma vie
à me former par correspondance avec le CNFPT,
passant de la catégorie C à B, puis à A.
C’est une chance indéniable de pouvoir le faire,
mais cela demande un important investissement
personnel. »
« “Formation d’intégration” : je trouve cet intitulé
très bien choisi. En cinq jours, nous avons eu tous
les éléments pour prendre toute la mesure
de notre responsabilité de fonctionnaire territorial
et comprendre le sens de notre mission »,
note Pascale Maine, conseillère formation
à la délégation CNFPT Picardie, avant d’ajouter :
« Pourtant, le premier jour, j’étais un peu sceptique.
Comme j’avais travaillé de longues années
dans la fonction publique territoriale, j’avais
un peu peur de m’ennuyer et de perdre mon
temps. Heureusement, c’est tout le contraire qui
est arrivé. »
Pascale Maine est captivée dès les premières
interventions. « On nous a expliqué l’esprit qui
doit animer un fonctionnaire territorial : le fait
qu’il est important d’avoir un point de vue,
de s’engager dans ce que l’on fait, que tout cela
ne peut pas être neutre. » Un discours engagé
qui l’intéresse d’autant plus que ce sont
justement ces aspects-là qui l’ont poussée
à intégrer la fonction publique territoriale, après
plusieurs années comme contractuelle auprès
des collectivités territoriales.
Pascale Maine garde également un excellent
souvenir des échanges avec les autres stagiaires,
venus d’horizon divers, et d’une visite en car
de Dunkerque qui a permis de mettre l’accent
sur un point décisif : « Une politique publique
doit partir de la réalité locale. Il est important
qu’elle ne se déconnecte pas du lieu dans lequel
elle doit s’exercer. » Une leçon qu’elle n’oublie
pas aujourd’hui quand elle assiste les collectivités
locales dans l’élaboration de leur projet
de formation, en les aidant à s’adapter aux
particularités de leur contexte. ///
Service Public
TERRITORIAL
LE MAGAZINE DU CENTRE NATIONAL DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE N o 2 – JANVIER 2012
CRISE : COMMENT
LES COLLECTIVITÉS
FONT FACE
Dossier page 10
Rencontre
Quelle stratégie
face à la précarité
énergétique ?
Page 8
Bonnes
pratiques
Tour de France
des collectivités
Page 15
Parcours
Ils ont suivi
une formation
d’intégration
Page 24
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 24/25
La territoriale est un monde à part ”
SÉVERINE JASSERAU, PUÉRICULTRICE TERRITORIALE À LA ROCHELLE,
FORMÉE APRÈS LA RÉFORME DE 2007
“Séverine Jasserau a relevé le défi qu’elle s’était fixé
il y a quelques années en obtenant ses diplômes
d’infirmière et de puéricultrice. « Je m’étais dit :
à 35 ans, idéalement, je serai directrice de crèche… »
Elle en a 36 quand, en 2008, on lui propose de
prendre la responsabilité d’une crèche multiaccueil
à La Rochelle, après plusieurs années en hôpital.
« J’avais beaucoup à apprendre : les fonctions
d’encadrement, l’univers des collectivités territoriales,
etc. » Séverine Jasserau est donc ravie qu’on lui
propose une formation de cinq jours d’intégration.
« L’univers de la territoriale est extrêmement
différent de celui de l’hôpital et très compliqué pour
celui qui vient de l’extérieur. Cette formation m’a fait
découvrir ses modes de fonctionnement, connaître
mes droits et obligations, mon statut, etc. » Autant
d’informations qui lui ont permis d’être à l’aise
dans sa prise de fonction, qui était d’autant moins
évidente qu’elle était jeune, sans expérience
de management et qu’elle encadrait une équipe
expérimentée, en place depuis l’ouverture de
la crèche, trente ans plus tôt. « Il était primordial
que je comprenne vite, pour asseoir ma légitimité »,
explique-t-elle avec le recul.
Ces cinq jours lui ont également été précieux pour
la préparation de son avenir professionnel. « On m’a
informée de mes droits à la formation et présenté
le catalogue du CNFPT. J’ai compris que je pouvais
me constituer au fil des mois une fabuleuse boîte
à outils. » Séverine Jasserau ne s’en est pas privée.
En trois ans, elle s’est formée au management
opérationnel, aux finances locales, à la conduite
de réunion, à la résolution de conflits, etc.
« J’ai saisi toutes les opportunités qui m’étaient
offertes. C’était important pour que je ne me
contente pas de fonctionner à l’instinct, ce qui
présente certaines limites. » ///
FORMÉ AVANT LA
RÉFORME DE 2007
Hervé Goupy,
négociateur foncier
à Saint-Brieuc
agglomération
« Je garde un très bon souvenir de ces trois
semaines de formation, suivies entre juin et
août 2007. Mais surtout en raison de l’ambiance
très sympathique qui y a régné ! Quand on passe
trois semaines avec le même groupe de personnes,
cela tisse inévitablement des liens. C’était
d’autant plus intéressant que nous venions
d’univers très différents, notamment de petites
comme d’importantes collectivités. Nos rapports
sont devenus tellement amicaux que nous
sommes, pour la plupart, restés en contact.
Pour être honnête, néanmoins, je crois que cette
formation manquait d’efficacité. J’ai revu des
choses que je connaissais déjà, et même s’il était
intéressant de les réviser, j’aurais sans doute pu
m’en passer. C’est le problème des formations
longues “tronc commun” : elles ne sont pas
adaptées aux problématiques de chacun.
Pour ma part, j’ai beaucoup plus appris en suivant
par la suite des formations dans le cadre d’un
parcours individualisé. »
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 22/23
Outils au service de la démocratie sanitaire, les contrats locaux de santé (CLS) visent à réduire les inégalités d’accès
aux soins. Ils identifient les territoires vulnérables et améliorent les contextes environnementaux et sociaux qui
déterminent in fine l’état de santé des populations. En coordonnant l’action des différents intervenants locaux et
régionaux, les CLS cherchent à développer l’efficacité des actions définies dans le cadre des projets régionaux de santé
(PRS) et des projets locaux de santé portés par les collectivités territoriales, à destination des publics les plus fragiles.
TERRITOIRES ET ACTEURS CONCERNÉS
Les CLS concernent des territoires particulièrement
vulnérables et pour lesquels les collectivités sont
volontaires pour un engagement contractuel.
Les actions décidées dans le cadre d’un CLS peuvent
concerner cinq types de métiers et être déclinées
en thématiques.
LES CONTRATS
LOCAUX DE SANTÉ
Santé et
environnement :
– prévention
des risques ;
– surveillance.
Hôpital :
– participation
aux soins
de proximité ;
– accessibilité
des soins.
LES PRINCIPALES ACTIONS
DU CNFPT (PÔLE SANTÉ – INSET
DE NANCY)
• En 2012, à six mois d’intervalle, deux journées
dédiées à l’analyse des pratiques et à l’échange
autour de l’élaboration et la mise en œuvre des CLS.
Des intervenants territoriaux déjà engagés dans
cette démarche apporteront leurs conseils et
présenteront les solutions adaptées.
• L’évolution, cette année, de deux modules de
formation spécifique. Objectif : favoriser la mise
en œuvre de projets locaux de santé globaux et
intersectoriels visant à lutter contre les inégalités
sociales et territoriales de santé.
• Une formation-action construite avec les
délégations régionales d’Île-de-France à partir des
besoins de formation des collectivités engagées
dans une démarche de CLS.
• Des journées régionales d’information et de
réflexion sur la loi HPST, ses enjeux et les évolutions
pour les collectivités territoriales.
• Un colloque national à Nancy en septembre 2012 :
« Santé et proximité – Nouvelles contraintes,
nouvelles opportunités ? »
Phases d’élaboration du CLS
Phases de mise en
œuvre du CLS
Définition des
thématiques de
santé du CLS
Déclinaison des
thématiques en
objectifs et actions
Rédaction, validation
et signature du CLS
Mise en œuvre
des programmes
d’actions
Pilotage : suivi de l’élaboration de chaque CLS
Suivi et évaluation de la mise
en œuvre de chaque CLS
Suivi consolidé de
l’ensemble des CLS
SERVICE PUBLIC TERRITORIAL
NUMÉRO 2 – JANVIER 2012 4/5
DÉMATÉRIALISATION
EN ROUTE POUR LE PV ÉLECTRONIQUE !
D’ici à juin 2012, le procès-verbal électronique (PVe) sera généralisé
sur tout le territoire. Pour l’usager, pas de changement majeur,
si ce n’est qu’il reçoit la contravention à son domicile, limitant
ainsi les risques d’oubli et de perte. L’État, lui, est le grand gagnant
de cette dématérialisation. L’expérimentation menée depuis
le 2 novembre 2009 par 50 unités (services de la police et de
la gendarmerie, polices municipales) a mis en lumière plusieurs
gains. L’agent met dix minutes au lieu de vingt pour sanctionner le
contrevenant, et le nombre d’infractions relevées augmente de 10 %.
Le taux de paiement, de son côté, progresse de 30 %, l’automobiliste
étant plus enclin à payer un PV qui arrive chez lui. Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ?
Un agent relève les infractions sur un écran numérique. Les données sont télétransmises au
centre national de traitement de Rennes, qui identifie alors le propriétaire du véhicule grâce au système
d’immatriculation des véhicules (SIV).
LE DESSIN DE PRESSE
2011, l’année de l’Open Data
L’avènement de l’Open Data est sans aucun doute l’un des
grands phénomènes de 2011. Amorcé en 2010 avec des initiatives
comme celle de la ville de Rennes (la première ville à avoir ouvert
sa plateforme), ce mouvement a réellement commencé à faire
tache d’huile l’année dernière. La Saône-et-Loire, le Loir-et-Cher,
Toulouse, Nantes se sont lancés dans l’aventure, et Brest devrait
les rejoindre. Pas un mois ne se passe sans qu’une collectivité
territoriale n’annonce le lancement de son propre projet. De quoi
s’agit-il ? De rendre accessibles, compréhensibles et réutilisables
par tous les données numériques publiques. Pour le citoyen, c’est
la possibilité d’accéder en quelques clics à un trésor d’informations
auquel il ne pouvait pas accéder jusque-là. En cliquant, par
exemple, sur le site ouvert par la ville de Paris en janvier 2011
– www.opendata.paris.fr –, l’internaute peut découvrir tous les
projets d’urbanisme, mais aussi visualiser sur une carte, rue par
rue, tous les films qui y ont été tournés ainsi que l’ensemble
des jardins partagés ou l’emplacement des arbres remarquables
de Paris. Une véritable mine d’or…
Droits réservés Gérard de Vaal
PARIS
Première piscine labellisée
À Paris, les piscines ne s’intéressent pas uniquement à la qualité de l’eau. La ville vient
de décerner pour la première fois son label QualiPARIS à un équipement aquatique :
la piscine Alfred-Nakache, dans le 20 e arrondissement. En 2012, cinq nouvelles
piscines devraient briguer ce label décerné par l’Afnor et basé sur des critères
d’hygiène, mais aussi de qualité de l’eau, de l’air et du service rendu à l’usager.
ACCESSIBILITÉ
/// Suivez le guide… Pour améliorer l’accueil des personnes
handicapées, les petites et moyennes communes ont désormais
un guide : Le Mémento du maire pour l’accessibilité. Téléchargeable
sur une kyrielle de sites internet publics, cette brochure, constituée
de fiches pratiques, explique concrètement comment rendre sa
ville plus accessible aux handicapés.