[]
dégel du pergélisol (sol normalement
gelé toute l'année, n.d.l.r.) à plus haute
altitude ». Avec donc des risques
naturels supplémentaires, comme
l'instabilité des pentes, ou encore la
modification du cycle hydrologique.
La neige artificielle ?
Pas canon !
L'Allemagne serait le pays le plus
exposé au manque de neige, devant
l'Autriche, la France, l'Italie et la Suisse.
En France, c'est le département de la
Savoie qui serait le plus résistant et
les grandes stations spécialement
créées en altitude pour la pratique
du ski (La Plagne, les Arcs, Tignes,
Val Thorens, l'Alpe d'Huez).
Car
plus la neige fondra, plus il faudra
monter pour trouver des places au
soleil. Des destins inégaux pour les
montagnes,
qui s'expliquent aussi
par les situations géographiques et
climatiques, l'exposition et l'inclinaison
des pentes.
Face à cette situation, le secteur
du tourisme a trouvé la parade :
l'enneigement artificiel. Mais son
coût risque d'augmenter dans des
proportions démesurées.Sans oublier
les problèmes liés à cette pratique (la
consommation d'eau et le bruit, par
exemple), et ses conséquences sur la
faune et la flore. Selon la Commission
internationale pour la protection des
Alpes (CIPRA), il faudrait chaque
année 95 millions de mètres cube
d'eau pour enneiger artificiellement
les 23 800 ha de pistes alpines
équipées de canons à neige. On
glisse... vers l'absurde !
Les stations veulent
remonter la pente
D'autres adaptations techniques sont
développées en Europe pour pallier
la raréfaction des flocons : tassement
de la neige (damage), remodelage du
paysage, développement de pistes
exposées au nord, déplacement
des activités en hauteur, création de
domaines skiables sur des glaciers,
installation de bâches, mais aussi
activités de loisirs qui ne dépendent
pas de la neige...
Ailleurs, l'heure est au pragmatisme.
Ici,un exploitant de station va modifier
ses dates d'ouverture et de fermeture,
en espérant intensifier la fréquentation
sur une période plus courte. Là,
un autre va limiter ses éventuelles
pertes financières par des contrats
d'assurance. On teste également
des systèmes de coopération ou de
fusion entre domaines, pour partager
les équipements et réduire les coûts.
Slalom des bonnes idées
Aujourd'hui, le maître mot est la
diversification :
multiplicité
de
l'offre des activités sportives (luges,
randonnées, raquettes, chiens de
traîneaux, glisse sur bouée...), des
loisirs (spas et activités thermales,
salles de sport, concerts, festivals,
expositions...) pour un « tourisme
quatre saisons » aux propositions
les plus variées. Un dynamisme
prometteur pour certaines régions,
comme
en
Rhône-Alpes,
avec
notamment l'initiative de l'Isère : le
département multiplie en effet les
actions stratégiques pour séduire les
familles qui continueront d'aller aux
sports d'hiver, mais en laissant leurs
skis au placard. De quoi glisser tout
schuss vers un nouvel avenir !
(1) « Changements climatiques dans les
Alpes européennes Adapter le tourisme
d'hiver et la gestion des risques naturels »,
O.C.D.E., 2007.
[B.A. ba]
12000canonsàneigeenvironsontinstallésenFrance,dontplusdesdeux
tiersdanslesAlpes.
4003hectaresétaientconcernésparl'enneigementartificielen2003-2004,
contre121hectaresen1983-1984.Soitunemultiplicationpar33en20ans.
60millionsd'eurosontétéinvestisdanscetteproductionartificielle
en2004.
(Source : O.C.D.E.)
Aujourd'hui,
pour les stations de ski,
le maître-mot est
la diversification.
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