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UNE NOUVELLE MENACE PÈSE SUR LES ABEILLES
Le matin, quand on est abeille, pas d'histoires, faut aller butiner »
, disait le poète Henri Michaux.
Mais les dévouées butineuses auront-elles encore longtemps la possibilité d'oeuvrer pour
la communauté ? L'Union nationale de l'apiculture française en est de moins en moins
convaincue. Ses petites protégées, qui ne déméritent pas auprès de l'homme depuis quelque
12 000 ans, pourraient en effet rejoindre la triste liste rouge des espèces en sursis.
En cause ? Les apiculteurs ont l'honnêteté d'avouer que personne ne sait précisément.
Une synergie d'agressions multiples expliquerait l'alarmant phénomène. N'empêche que les pesticides en tout genre,
largement répandus dans nos belles campagnes, n'arrangent sûrement pas les choses. Au titre des accusés, le Gaucho
et le Régent TS ; leur commercialisation en France sera finalement suspendue en 2005, après d'interminables combats
menés par les apiculteurs. L'année suivante, les États-Unis enregistrent un effondrement des populations d'abeilles
sur leur territoire. Le phénomène se poursuit avec un pic durant l'hiver 2006-2007, qui révèle la disparition
inquiétante d'un quart du cheptel des ruches. En Europe, la situation n'est guère plus rassurante : en effet, les pertes
peuvent atteindre localement jusqu'à 90 % des colonies !
Dans un pareil contexte, l'autorisation de mise sur le marché accordée en début d'année au Cruiser (un petit cousin
des deux autres) n'a pas manqué de générer une colère légitime. Le ministère de l'Agriculture tempère en soulignant
qu'il s'agit d'une expérimentation soumise à évaluation (pendant un an), mais les seules recommandations d'emploi
dudit produit suffisent à inquiéter. Il est par exemple recommandé d'enfouir les semences traitées afin que les oiseaux
n'y aient pas accès. On imagine mal l'agriculteur balayant méticuleusement ses sillons pour éviter d'affecter le peuple
des airs. L'alouette des champs, qui ne sait pas lire ces avertissements, ingurgite 400 chenilles par jour en saison.
De même, la mésange bleue mange son propre poids en insectes dans le même temps. Il faudra expliquer à ces oiseaux
(et à bien d`autres), potentiellement affectés, qu'ils devraient reconsidérer leur régime alimentaire...
[PARTICIPER]
[6]
ZESTS
ESSAI
Petrella refait le monde
Grande figure de l'altermondialisme, Riccardo
Petrella dresse un réquisitoire contre une
vision marchande du monde, présentée
comme inéluctable. Son dernier ouvrage (1)
jette les bases d'un nouveau contrat social,
entre gestion de l'eau, biens publics communs
mondiaux ou création d'une organisation
mondiale de l'humanité. En préambule, l'auteur
rappelle que les états ont abandonné « l'idée d'un
droit mondial »
au profit d'une « régulation légère, à
l'initiative individuelle et aux règles spontanées »
. Une
analyse illustrée par les trois Sommets mondiaux sur
le développement durable. Les deux premiers avaient
permis l'adoption de conventions sur la biodiversité
et la déforestation, et la signature d'un traité sur le
changement climatique ; celui de Johannesburg, en 2002,
demeura stérile. Seul reste un rhétorique « document
politique »
qui, dixit Petrella, « brille par la pauvreté
des contenus et le manque de courage politique »
.
(1) Pour une nouvelle narration du monde,
de Riccardo Petrella, éditions Écosociété (15 )
.
«
B.A. ba
Comment économiser
l'eau au quotidien ?
Privilégiez les douches
aux bains (une douche
consomme en moyenne
50 litres d'eau contre 100
à 150 litres pour un bain).
Coupez l'eau lorsque que
vous vous lavez les dents,
quand vous vous savonnez
sous la douche, ou lorsque
vous vous rasez.
Surveillez les fuites
(un robinet qui goutte
toute la journée,
c'est l'équivalent
de 100 litres
d'eau, soit
36500 litres
d'eau gaspillés par an).
Équipez vos robinets
d'un régulateur de pression.
Optez pour un mitigeur :
il vous permettra de réduire
de 10% votre consommation
d'eau.
Préférez la chasse d'eau
à double débit (3 à 6 litres
d'eau consommés) à la
chasse d'eau classique qui
consomme 9 à 12 litres d'eau.
Investissez
dans un
récupérateur
de pluie pour
votre jardin.
La chronique d'Allain Bougrain Dubourg
FRANÇOIS
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