Otages de la réglementatiOn
«Ilfautquevousinterveniez:
15 000 poissons en provenance
de Malaisie sont bloqués à Roissy ! »
Le transporteur qui m'appelle à
l'aide est un coutumier du genre.
Malgré l'affligeante attitude de
l'administration, il continue à espérer
que le transport des animaux vivants
puisse se faire dans les conditions
élémentaires du respect de l'animal.
La réalité démontre le contraire.
Pour d'obscures raisons (papiers incomplets, colis non
conformes, etc.), un nombre inimaginable d'animaux
reste « en souffrance ». En clair, ils patientent avant
que l'administration prenne finalement une décision.
Or, le temps c'est la vie ou, plus exactement, la
survie pour ces bêtes déjà condamnées à subir les
contraintes du transport.
Concernant les poissons, une à deux heures de trop
signifie la mort de 75 % des animaux. Mais le monde du
silence n'est pas le seul concerné. Poussins fraîchement
nés, singes destinés aux laboratoires, félins vendus
pour satisfaire la curiosité et autres bestioles en tout
genre (pour information, l'Union européenne importe
plus d'un million d'oiseaux exotiques chaque année !)
deviennent otages de la réglementation. Je ne regrette
pas cette dernière, bien au contraire. Elle permet
de limiter un trafic odieux. Mais je m'élève contre
le manque de réactivité de l'administration qui ne
respecte pas l'article 25 du règlement communautaire
sur le transport. Ce dernier impose en effet de
prendre une décision dans les deux heures en cas de
situation ambiguë. Du reste, bon nombre de douaniers,
sincèrement outrés par la situation, soulignent qu'aucun
centre d'accueil digne de ce nom ne peut permettre
de garder actuellement les animaux dans des conditions
décentes. Aucun espace de quarantaine n'est prévu à
cet effet. Alors on laisse agoniser ou on euthanasie !
Lors des rencontres « Animal et société », qui se sont
déroulées au printemps au ministère de l'Agriculture,
nous avons souhaité une réaction d'urgence. Nous
avons recommandé la création d'une structure
permettant d'accueillir cette arche à la dérive.
Nos propos sont restés lettre morte. Comme les
pauvres bêtes qui termineront ainsi leur périple sur
le territoire français.
[5]
Plus d'infos ? www.neoplanete.eu
la chronique d'allain Bougrain dubourg
OK cOrail !
Une entreprise américaine, Global Coral Reef Alliance, dévelop-
pe un procédé permettant d'accélérer la formation du corail :
le Biorock process. Le principe consiste à immerger une
armature de récif artificiel avec un gros fil de cuivre, puis à lui
envoyer du courant électrique de faible puissance, 12 volts par
exemple. Cette électrolyse de l'eau de mer va fabriquer du
calcaire. Des projets pilotes de corail artificiel ont été réalisés
avec succès un peu partout : aux Maldives, aux Seychelles, en
Thaïlande, en Indonésie, ou encore au Panama...
www.globalcoral.org
· Gesec, Groupement
économique sanitaire, électricité,
chauffage, rassemblant 300 PME
à Tours. En rénovant ses
bâtiments, le Gesec a fait passer la
consommation de 211 kWh/m2/
an à 47,7 kWh/m2/an. Une division
par plus de quatre, obtenue grâce à une réfection complète de
l'isolation et du confort thermique. Sans compter l'installation
de panneaux solaires pour produire de l'électricité.
· Rougier, spécialiste du bois africain,
qui a obtenu le certificat FSC pour trois
de ses « concessions forestières sous
aménagement durable » du Gabon, soit près
de 700 000 hectares. L'objectif de Rougier, qui
gère 2 millions d'hectares de forêt au Cameroun, au Gabon
et au Congo, est d'arriver à 100 % de bois certifiés. Soutenue
par des ONG environnementales, l'estampille FSC atteste
de l'optimisation et de la préservation de la ressource, de
la protection de la biodiversité et du développement socio-
économique des populations locales. (Lire aussi page 6)
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