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L’humeur de Christophe Besse

Petites histoires d’eau

Imaginons la rivière de l’Eden. Elle ne traverse que des espaces préservés, sans qu’aucune activité humaine, industrielle, agricole ou domestique ne la perturbe : rien que la nature la plus pure, avec montagnes, forêts et prairies. Pourraiton capter l’eau de la rivière et la distribuer à Adam et Eve ? Eh bien non ! Ayant ruisselé et traversé des terrains calcaires et granitiques, les litières des forêts et ses humus, cette eau ne serait pas potable au regard des normes d’aujourd’hui. Trop de fer, de matières organiques, de l’ammoniaque et des bactéries en excès, un filon d’arsenic ou de bore rencontré sur le trajet, imposeraient de traiter l’eau du jardin d’Eden. De quoi protester auprès du créateur dès le septième jour… Pour dessaler de l’eau de mer, qui représente 98% de l’eau de la planète, il y a deux techniques. La première consiste à la faire bouillir ; la vapeur d’eau qui ne contient plus de

sel est ensuite condensée une nouvelle fois pour obtenir une eau distillée, qu’il faut ensuite resaler un peu avec des minéraux variés. La seconde utilise des membranes qui laissent passer l’eau, mais retiennent le sel ; on doit appliquer une très forte pression du côté de l’eau salée pour que le système fonctionne. Dans un cas comme dans l’autre, ces techniques utilisent beaucoup d’énergie. Pour cette raison, le développement du dessalement nécessite de réduire la consommation d’énergie et de s’appuyer sur des ressources renouvelables. Dans l’avenir, les grandes métropoles situées au bord de la mer n’échapperont pas à ces technologies. Barcelone a d’ailleurs récemment mis en chantier ce qui sera la plus grande unité de traitement en Europe. Jean-Luc Trancart, de la Lyonnaise des Eaux Professeur à l’École nationale des ponts et chaussées

De l’eau... quand il fait si soif ! Wayne Hill, artiste américain, souhaitait alerter le public sur les méfaits du réchauffement climatique, qui engendre la fonte des glaces, en présentant une bouteille en plastique remplie d’eau provenant de la glace fondue de l’Antarctique. Mais son œuvre, intitulée « Armes de destruction massive » et présentée à la galerie d’art « Dartington Hall » de Devon (au sud de l’Angleterre) en janvier 2005, a été bue par un visiteur assoiffé... Elle était estimée à 63 000 euros. L’eau se fait rare... et chère ! Alexia Guggémos

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IllustratIon : ChrIstophe Besse

soif d’art

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