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Et si les océans
nous sauvaient ?
Argonautes(2). En ne perturbant que « 0,02 % du flux de chaleur solaire absorbé par l’océan », elle pourrait fournir durablement l’équivalent de 80 % de la consommation mondiale actuelle d’énergie primaire, soit 100 000 TWh(2) (1 TWh = 1 million de kWh, ndlr) ! À titre de comparaison, c’est ce que représentent aujourd’hui le pétrole, le charbon et le gaz. De telles centrales ne se contenteraient pas de produire chaleur ou électricité 24 h/24. Elles fourniraient également (miracle !) de l’eau douce, ainsi que de l’eau de mer (celle des fonds marins) froide et riche en nutriments(3) ! Agriculture, climatisation, aquaculture : les débouchés rentrent dans une logique durable où rien ne se perd, mais où tout se transforme. Et ce n’est pas tout. En pompant de l’eau des fonds sous-marins, l’ETM reproduit un phénomène naturel : l’« upwelling », c’est-à-dire la remontée d’eaux profondes vers la surface. Un phénomène qui est à la base de la création du plancton végétal, absorbant lui-même du CO2 de l’atmosphère. Espoir donc
L’énergie renouvelable, ce n’est pas uniquement des panneaux solaires, des éoliennes terrestres, du bois, des déchets recyclés, du biogaz ou des barrages. Le plus grand réservoir de « carburant » propre se trouve dans les océans : l’énergie thermique des mers. Par Vincent Rondreux
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Axier Ge
a Terre reçoit beaucoup de chaleur du soleil, en particulier à l’équateur et aux tropiques. Elle la redistribue en déplaçant des masses d’eau et des masses d’air. Dans cette chaudière géante, les océans jouent le rôle de réservoirs. Qu’il s’agisse de la température de l’eau, des vents, des courants ou des vagues, leur énergie est gigantesque(1) et l’espoir scientifique réel : en en prélevant juste une petite partie, l’homme résoudrait certains de ses problèmes. Parmi ces énergies, l’énergie thermique des mers (ETM) est particulièrement méconnue. Pourtant, son potentiel est estimé par les spécialistes à « cent fois celui de la marée et de cinq à dix fois celui du vent », selon le club des
Une énergie très vertUeUse
Fonctionnant comme une centrale classique à combustion, l’ETM exploite la différence de température entre la surface et le fond de l’océan. Avec plus de 20 °C en surface et environ 4 °C mille mètres en dessous, tous les océans tropicaux sont adaptés.