1...4567891011121314...56 Ecouter - Fichier son

Bien-être des animaux : ça vaut Bien un Grenelle
après le Grenelle de l’environnement, celui des animaux (lire aussi page 17). un travail de réflexion a en effet été initié, en mars dernier, par michel Barnier, ministre de l’agriculture et de la Pêche : « La défense du bien-être animal constitue un enjeu important  dans la société moderne. La France doit relever ce défi, en conciliant la protection animale, le respect de nos traditions et les réalités  d’un développement économique durable », explique-t-on du côté du ministère. des « rencontres animal et société » (réunissant agriculteurs, scientifiques, acteurs économiques et parlementaires) déboucheront sur un certain nombre de propositions qui pourront être consultées par le grand public, sur internet (1). les éléments synthétisés aboutiront à la rédaction d’un rapport, qui devrait être remis au président de la république avant le 30 juin.
(1) www.animal-societe.com

Grundmann est longue. Même notre biocarburant les tue. « Actuellement, à Bornéo, à Sumatra, on exploite le palmier à huile. Cela doit aider l’Europe à atteindre ses objectifs en terme d’énergie « propre ». Mais cette déforestation est une catastrophe pour les orangs-outans », dénonce la primatologue. Pourtant, « l’homme est un singe comme les autres ». C’est le titre d’un livre (voir encadré) dans lequel elle a mis côte à côte des photos de grands singes et d’hommes avec les mêmes postures. Regards, gestuelles, attitudes… Fascinante ressemblance. L’homme ne descend pas du singe. « Tous deux ont un ancêtre commun. Le chimpanzé est resté dans la forêt, l’homme en est sorti ». Peut-être même qu’en regardant de plus près les primates et la nature, on pourra trouver des solutions à nos problèmes de réchauffement climatique, d’appauvrissement des terres ou même de survie. « Quand on observe les grands singes, ils paraissent vivre dans un environnement hostile. Mais ils sont capables de trouver les fruits aux bonnes périodes, de soigner leur nid, de faire des outils avec trois brindilles. Ils donnent des leçons d’humilité », insiste la scientifique. Avant d’ajouter : « Et le chasseur papou qui tue un animal pour le manger, le respecte profondément. Pour lui, ce n’est pas qu’un morceau de viande dans un rayon de supermarché ». Du lapin aux antibiotiques ! On connaissait les canards cloîtrés et gavés jusqu’à ce que leur foie fasse le bon poids. On avait eu vent de poules défiant la nature en pondant 300 œufs

en 365 jours, mais qui, au bout d’un an, ne sont présentables qu’en raviolis ou cubes à bouillon. On découvre maintenant le lapin « 100 % cage » ! C’est l’association L214 (1) qui dresse le tableau. Cages au sol grillagé, mortalité importante, élimination des plus faibles… 40 millions de lapins vivraient ainsi en France. Si la filière souligne son respect du bien-être animal, un rapport de l’Agence nationale du médicament vétérinaire indique qu’un peu plus de 127 tonnes d’antibiotiques ont été utilisées en 2006 pour les lapins. Soit plus de 10 % de la totalité des antibiotiques ayant servi à tous les élevages en France, vaches et cochons compris. « 63 % des aliments contenaient des produits vétérinaires », souligne L214, citant un autre rapport qui évoque diverses pathologies : entérocolite, troubles respiratoires, staphylococcie... Vous avez dit développement durable ? une alternative à l’expérimentation animale Luttant contre l’expérimentation animale, l’association One Voice (2) montre du doigt un record de la France en Europe : « 2 325 298 animaux utilisés dans les laboratoires en 2005, soit 19,19 % de plus qu’en 2002 ». 87 % serviraient à la recherche médicale, 10 % aux tests de tolérance des matières et 2 % aux tests de produits phytosanitaires. Sans parler des tests cosmétiques, en forte croissance. L’association scientifique Antidote Europe (3) met quant à elle en cause la crédibilité des tests médicaux : « Le test sur animal n’apporte aucune garantie pour la sécurité sanitaire humaine ». La

solution ? La « toxicogénomique », un programme se basant sur l’étude des cellules humaines. Les combats sont donc multiples et l’heure est désormais à la réflexion pour une société plus humaine, plus respectueuse. Il y a longtemps, Pline l’Ancien décrivait déjà notre faiblesse : « Tous les animaux connaissent ce qui leur est nécessaire, excepté l’homme ».
(1) www.l214.com ; (2) www.onevoice-ear.org ; (3) www.antidote-europe.com

[9]

www.neoplanete.eu

1...4567891011121314...56 Ecouter - Fichier son