Ne pas jeter sur la voie publique
t27_Suez_Presse_Neoplanete_210x148_Ampoules.indd 1 05/09/11 11:07
[25]
GRATUIT
DÉC. 11 - JAN. 12
LE MAG DE L’ENVIRONNEMENT
THÉMA
Luxe
Éco-gestes, bijoux, mode, cosméto,
grands chefs, voitures, palaces…
www.neoplanete.fr
BMW i
Le plaisir de conduire
AU CŒUR DE LA VILLE EN 2013.
BMW i est le début d’une mobilité visionnaire, faite de formes épurées et de performances électrisantes. La BMW i3
et la BMW i8 vous ouvrent la voie d’un nouveau monde où la conduite est une révolution. Cette approche profondément
inspirée par la durabilité redéfinit la notion même de mobilité personnelle en conjuguant notre savoir et vos rêves, l’efficience
et le plaisir de conduire. En 2013, elle fera partie de notre quotidien.
BMW i. NÉE ÉLECTRIQUE.
www.bmw-i.fr
sommaire |
Néoplanète n°25
Déc. 2011-Jan. 2012
ILLUSTRATION DE COUVERTURE :
CHRISTOPHE BESSE
« Ne jetez pas Néoplanète,
gardez-le, donnez-le ou
mettez-le dans la poubelle
de recyclage… »
| participer
Innovations, réfl exion, consommation… à chacun sa manière d’agir ..................................................................5
10 éco-gestes, c’est pas du luxe ! ............................................................................................................................................13
Rien ne se perd, tout se transforme .....................................................................................................................................16
| s’engager
Célèbres et passionnés, ils nous invitent à un monde meilleur
Les exilés du bonheur ...................................................................................................................................................................18
Fabrice Moizan : le client est roi ..............................................................................................................................................20
Alexandre Murat : une brillante carrière .................................................................................................................................21
| s’aimer
Pour être bien, beau et écolo
Mode : la fi bre verte ......................................................................................................................................................................23
Marques de cœur ...........................................................................................................................................................................28
Les bijoux ............................................................................................................................................................................................30
Miss Fleur ..............................................................................................................................................................................................31
Doux péché .......................................................................................................................................................................................32
La crème de la cosméto bio ....................................................................................................................................................34
| cocooner
Déco, livres… pour la maison, le bien-être et l’épanouissement
Concours Design durable ..........................................................................................................................................................38
Le silence est d’or ! ..........................................................................................................................................................................41
© BEL & BEL - GRODESH/FLICKR - FISKER - DR
| savourer
Produits bio et éthiques, bonnes recettes, croquez la vie en pleine santé !
La Norvège, couleur saumon .............................................................................................................................................................42
Fêtes ce qu’il vous plaît ! .........................................................................................................................................................................45
Paroles de chefs...........................................................................................................................................................................................48
| bouger
Pour (se) conduire en vert et contre tout
Les nouveaux carrosses .............................................................................................................................................................. 52
| voyager
Paradis sauvegardés et contrées protégées
L’Islande : aux portes du monde .............................................................................................................................................58
10 destinations de rêve ...............................................................................................................................................................60
L’animal, poule de luxe? ...............................................................................................................................................................65
| édito
L’humeur de Christophe Besse
ILLUSTRATION : CHRISTOPHE BESSE
Néoplanète, pour changer d’ère
© PHOTO : GÉRALDINE LE GUYADER
Luxe et
développement
durable peuvent-ils
faire bon ménage ? C’est
loin d’être une évidence,
car l’un parle d’évasion
et de superflu, d’ego
et de vanité, tandis que l’autre nous remet
les pieds sur terre, en nous rappelant la réalité
et le nécessaire, incitant au collectif
et à la simplicité. Pourtant, le monde du luxe
porte des valeurs remises au goût du jour
par notre besoin d’éthique et de stabilité :
l’amour du beau travail et des matières
nobles, l’authenticité et l’élégance, la qualité
et la durabilité… Ce sont ces liaisons
dangereuses, car passionnelles, entre deux
univers si différents que nous abordons dans
ce numéro spécial luxe, à travers l’hôtellerie
(pp. 60-64), la mode (pp. 23-29), la cosmétique
(pp. 34-36) ou l’automobile (pp. 52-56).
Un sujet en or, voire en platine, pour nous
faire rêver, mais aussi nous questionner
sur un secteur si traditionnellement français
et sur notre « chère » planète.
Yolaine de la Bigne,
Directrice de la publication, rédactrice en chef
4 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11
11/JAN.
12
zests participer |
La chronique d’Allain Bougrain Dubourg
CRUELLE
VANITÉ
© PHOTOS : EQUINOXEFR/FLICKR - PETITGRAND/FLICKR - DR
Sans aucun doute. L’histoire le prouve.
À la fin du XIX e siècle, par exemple, les élégantes
rivalisent de coiffures extravagantes, dont
les oiseaux vont faire les frais. C’est ainsi
que paradisiers, aigrettes, grèbes huppés
et autres volatiles bien emplumés sont
massacrés par dizaines de milliers pour
la beauté de ces dames. En 1890, la France,
plaque tournante de l’industrie plumassière,
compte quelque huit cents entreprises
spécialisées employant plus de six mille
personnes. Il faudra l’obstination des associations
de protection animale (dont la LPO !)
pour que cette mode disparaisse au milieu
du XX e siècle. Et que renaissent les oiseaux.
Les félins ont également payé un lourd
tribut. Le tigre, lui, a vu sa population passer
de cent mille individus en 1900 à moins
de cinq mille aujourd’hui. Et si le massacre fut
notamment justifié par la nécessité d’abattre
« le mangeur d’hommes », c’est plus souvent
la volonté d’obtenir un trophée ou une fourrure
qui explique l’hécatombe. De même, la panthère
des neiges, les lynx en tout genre et bien
d’autres encore furent sacrifiés sur l’autel
de l’ostentation. Est-il également
besoin d’évoquer les crocodiles,
les pythons, les boas
ou les varans ?
Tous ces animaux à poil,
à plume et à écaille ont
non seulement été victimes
pour leur propre espèce,
mais ont subi
des souffrances
intolérables.
Il est d’ailleurs
surprenant
de voir combien
les acheteurs
détournent volontiers
leur conscience
pour ne pas se sentir
coupables de complicité.
Je me souviens d’un reportage
que je devais réaliser en Asie
du Sud-Est. J’avais réussi à établir
un contact avec des braconniers
qui devaient tuer clandestinement
un tigre. Si je participais au budget
de l’expédition, je pouvais filmer
en floutant, évidemment,
les protagonistes. Un cas
de conscience ! Ou
j’obtiens des images
Aigrette.
pour dénoncer
cette pratique ou je refuse,
et, de toute façon, l’animal sera abattu
grâce à un autre comparse. J’ai choisi la seconde
option et suis reparti bredouille.
Aujourd’hui encore, je me demande si j’ai
bien fait… Jules Renard disait : « Le rêve, c’est
le luxe de la pensée. » Offrons-nous donc
ce luxe pour rêver qu’on foute enfin la paix
aux bêtes.
Journaliste – Réalisateur – Président de la LPO
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 5
| participer zests
La chronique droit de maître Nicolas Gardères
Suer sang et or
Du fait de sa rareté, des qualités esthétiques ou des vertus
magiques qu’on lui attribue, l’or est certainement le symbole
le plus universel de la richesse. Or ce précieux métal a un coût
environnemental et humain qui dépasse de loin sa valeur financière.
Banal paradoxe, l’or est au luxe ce que l’exploitation
aurifère est à la misère sociale et à la destruction
environnementale. La mine d’or est,
plus que tout autre endroit, le lieu de la violation
des droits humains les plus essentiels (esclavage),
du droit du travail (travail des enfants,
horaires trop importants, absence de jours
Orpaillage et lavage de pépites d’or
de Guyane française.
de repos, salaires très faibles…) et du droit de
l’environnement (pollution des sols et de l’eau
au mercure, disparition des écosystèmes…)
dans plusieurs des principaux pays producteurs
(Chine, Russie, Pérou, Ghana, Afrique du Sud…).
Cette manne financière alimente aussi une corruption
érigée en système et une pratique
mafieuse du capitalisme.
DES MINES RESPONSABLES
DANS DES ÉTATS DE DROIT
Si des solutions juridiques et administratives
existent (contrôle des conditions de travail et
de celui de la pollution, reconnaissance des maladies
professionnelles et indemnisation des mineurs
par l’employeur, obligation légale de remise
en état du site après fermeture de la mine,
provisions financières versées par l’exploitant,
dès le début de l’extraction, afin de couvrir
la réhabilitation future…), elles ne peuvent
prospérer que dans un État de droit (Canada,
Australie, États-Unis, par ailleurs non exempts
de critiques sur la gestion environnementale
des sites). Cependant, il convient de saluer
l’émergence récente d’organisations, labels et
standards (Alliance For Responsible Mining,
Fairtrade And Fairmined Gold, Responsible
Jewellery Council…) devant permettre au consommateur
d’acheter des bijoux en or éthique ou,
pour le moins, issu de mines responsables.
Avocat à la cour et vice-président
de l’association Entreprendre vert
© PHOTOS : WWF - VECTORSTOCK - DR
6 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC.11/JAN. 12

| participer zests
La chronique éco-santé de Sandrine Segovia-Kueny
LE BONHEUR, C’EST LA SANTÉ
Dans un monde qui s’accélère et nous fait vivre au gré des actualités
toujours plus dramatiques, il existe une solution pour vivre différemment
et en meilleure santé : l’indicateur brut du bonheur en réunit les principes
fondamentaux. Un concept né dans les cimes de l’Himalaya, au Bhoutan,
un pays où les habitants sont bouddhistes.
Le postulat
Les gens heureux vivent plus longtemps et ont
un développement personnel plus harmonieux
s’ils associent, entre autres, adaptabilité, créativité,
esprit d’entreprendre, mais aussi générosité,
sociabilité et comportement écologique responsable,
plutôt que de
prôner l’hyperconsommation
de biens. Neuf
critères pour être en
bonne santé, avoir un
niveau de vie décent et
être sage – la santé, le
bien-être psychologique,
l’éducation, l’écologie,
la bonne gouvernance,
la culture, les standards
de vie, la communauté
et la donnée du temps –
sont pris en compte par
cet indicateur.
Cela reflète que…
Être en bonne santé est un réel indice
économique : dans les pays où une politique
de santé a été mise en place, l’économie suit
et ne nécessite pas de moyens exorbitants
mais une bonne gouvernance, comme dans
l’État du Kerala, en Inde.
Habiter dans un logement salubre et pouvoir
satisfaire ses besoins essentiels est un prérequis
pour mieux vivre. Les huit objectifs du millénaire
du développement visaient, pour 2015, une
réduction de la pauvreté, pour une meilleure
qualité de vie mais aussi de santé.
Accéder à la connaissance pour tous, femmes
et hommes à égalité, et en retirer des enseignements
permettent de mieux vivre. Les femmes,
qui, dans les pays en voie de développement,
Le monastère de Taktsang est l’un des lieux
les plus sacrés du Bouthan.
sont allées à l’école, ont des enfants en meilleure
santé, car elles ont appris les soins d’hygiène
et ont bénéficié de conseils alimentaires.
Voir l’indicateur du bonheur brut par le prisme
de la santé n’en donne qu’un reflet, mais quel
reflet ! En effet, le but de chacun est de mener
une vie heureuse, longue, sans maladie, tout
en profitant des bienfaits de la société, dont
l’accès aux soins.
Présidente de l’Association Santé
Environnement Île-de-France
© PHOTOS : PLB75013/FLICKR - VECTORSTOCK
8 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC.11/JAN. 12
© PHOTO : CATHY WAGNER
Le luxe est à la page
participer |
Le développement durable n’est plus une option, mais une obligation
dans tous les secteurs d’activité. Le luxe n’y échappe pas. Leurre
ou réalité ? Plusieurs études et ouvrages se sont penchés, cette année,
sur la question.
Diplômée de HEC, Aurélie Gillon a rédigé un mémoire sur le luxe
et le développement durable (1) . Elle envisage aussi de lancer
une marque de cosmétiques bio et naturelle haut de gamme.
Propos recueillis par Fabienne Broucaret
«
Le luxe et le développement durable ont plus de valeurs en commun
qu’on ne le croit, telles que le respect des personnes et des matières ou
la place qu’ils accordent au temps et à la qualité. En allant au-delà des a priori, j’ai voulu
réfléchir à la notion de luxe durable. Plusieurs jeunes marques ont réussi à intégrer le développement
durable dans leur ADN dès leurs débuts, comme Stella McCartney et le joaillier éthique
JEM. C’est plus compliqué pour les maisons anciennes qui doivent repenser leur modèle en intégrant,
par exemple, des impératifs d’éco-conception, tout en gardant le même niveau d’exigence. Elles sont
plus facilement accusées de
MARIAGE HEUREUX ?
Comment faire évoluer le secteur du luxe vers une prise
en compte systématique du développement durable ?
C’est tout l’enjeu du dernier livre de Cécile Lochard
et d’Alexandre Murat. Par Pauline Chapelière
Luxe et développement durable : la nouvelle alliance commence
par un état des lieux des avancées éco-responsables de l’industrie
du luxe. Les bonnes pratiques émergent, mais sont encore rares.
Une situation passée au crible, avec des interviews d’experts,
comme Sylvie Benard, directrice de l’environnement de LVMH,
et des cas pratiques, tel l’atelier Petit h d’Hermès qui utilise
des chutes de tissus et de cuir pour créer des pièces uniques.
Cécile Locard, consultante et déléguée générale
du fonds Humus pour la biodiversité, et Alexandre
Murat, fondateur de la joaillerie en ligne Adamence,
parlent aussi des recommandations stratégiques
et des réflexions prospectives. Pour approfondir
la question, lisez Luxe oblige, de Jean-Noël Kapferer,
aux éditions Eyrolles.
Luxe et développement durable : la nouvelle alliance, de Cécile
Lochard et d’Alexandre Murat, aux éditions Eyrolles, 28 €.
greenwashing. Mon objectif
était aussi de montrer comment
le luxe et le développement
durable peuvent
interagir. D’une part, le développement
durable stimule
la créativité et l’innovation
à tous les niveaux pour
le secteur du luxe. D’autre
part, une stratégie de luxe
peut être avantageusement
suivie par le secteur
du développement durable,
notamment pour faire
rêver et susciter le désir des
consommateurs. »
(1)
Luxe et développement
durable – Apports croisés,
26 juillet 2011, Alternative
Management Observatory
(AMO).
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC.11/JAN. 12 | 9
| participer zests
L’humeur d’Éric Poincelet
C’EST VOUS QUI BANQUEZ !
Depuis que nos banksters ont pris les manettes pas nettes du net d’impôt
de vin, M. et M me Michu rament… C’est pourtant leurs économies,
ou leur sacro-saint découvert, qui ont permis, l’an dernier, aux flibustiers
d’augmenter leur bonus de 45 %.
J’explique. Concrètement, quand les Michu et
leurs amis apportent 100 000 euros à M. Bankster,
celui-ci peut emprunter 20 fois cette somme
à la Banque centrale. Celle-ci se dépêche donc
de prêter à M. Bankster 2 millions d’euros
au taux de 1,25 % – le fameux Refi (taux de
refinancement) –, que ce dernier
se hâtera de prêter à 2,2 %
à l’Allemagne, première
de la classe AAA, à 2,8 %
à la France, pas première
de la classe AAA, à 4 %
à M. Michu, qui ne se souvient
déjà plus que c’est
son argent qu’on lui prête,
à 12 % à l’Italie, because
les intermédiaires, à 18 %
à la Grèce, parce qu’à ce
niveau-là, elle aime forcément
ça, et à 23 %
à l’ami des Michu qui
s’est aventuré à
découvert… Lorsqu’on
gagne, en
moyenne, 4 fois le coût
d’emprunt sur 20 fois
un patrimoine gratuit, on comprend que les
banksters aient du mal à gérer, puis à digérer
leurs bonus en eu-rôt en fête…
Le souci de cette opulente traite des Michu,
c’est dès qu’un emprunteur indélicat fait
défaut… Ô hasard, Bâle t’hasard, la Grèce.
Imaginons : M. Bankster, pour s’acheter une petite
île sympa plus tard, a prêté 300 000 euros
sur sa cagnotte Michu x 20 à la Grèce, et que
crac-crac, 50 % de cette somme s’évaporent.
C’est ballot : le bankster est alors obligé de
retirer 150 000 euros de ses comptes, alors
qu’il n’a que 100 000 euros en liquide prêtés
généreusement par les Michu. Même s’il a
encore plein de sous pour se payer des p’tits
traders, ses fonds propres
deviennent négatifs. Il faut
donc RECAPITALISER
pour continuer
comme avant. Pas
de souci ! On va
chercher ce qu’il
reste des Michu
via les impôts, la
TVA, la TIPP : et
vive les prélèvements
obligatoires !
PAF ! En fait, c’est
indolore : les zygomatiques
périsphinctériens
des Michu sont déjà tellement
exercés que le prélèvement passe bien.
Mais quand votre banquier vous taxera 8 euros,
juste pour vous dire que vous êtes à découvert,
puis vous prêtera à 23 % votre argent qu’il a
emprunté à 1,25 %, dites-lui d’aller se faire
recapitaliser chez les Grecs… Ça vous détendra
les zygomatiques.
Président de Planet Watch 24
Les autres Humeurs d’Éric Poincelet
sont sur www.neo-planete.com
© PHOTOS : VECTORSTOCK - DR
10 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
zests participer |
Le mot d’Alice
Client
PROPRE OU SALE ?
Le point commun entre les dictateurs, les mafieux,
les patrons de multinationales et les stars ? Celui d’avoir
les moyens de s’offrir des objets de luxe !
La différence cruciale qui distingue les deux
premiers des deux derniers, c’est l’origine
des fonds qu’ils utilisent. Entre l’argent issu
de la fraude, de la corruption, du vol ou
de l’esclavage sexuel et celui gagné grâce à
un salaire ou un contrat avec une maison de
disques, il y a une différence. Bien sûr, il est
tentant de penser, en grommelant, que ce que
gagnent certains chefs d’entreprise ou footballeurs,
c’est scandaleux. Mais cela n’a rien
à voir avec l’argent sale qui sert à acquérir
ce qui est désormais nommé les « biens mal
acquis » : voitures de luxe, appartements de
prestige, bijoux somptueux, garde-robes
haute couture…
© PHOTOS : YLE IS DREAMING/FLICKR - DR
L’expert en lutte anti-blanchiment, Odilon Audouin,
directeur de la sécurité financière au cabinet
Deloitte (et frérot de l’auteur !), parle alors
de « client sale ». Mais comment ces bandits
peuvent-ils acheter aussi facilement tous ces
biens ? La loi interdit pourtant tout paiement
en liquide pour des sommes supérieures à
3 000 euros. Un principe qu’applique à la lettre
Adamence qui a mis un point d’honneur à rendre
les transactions transparentes (cf. le portrait
d’Alexandre Murat, son fondateur, p. 21).
N’empêche, Tracfin, la cellule officielle chargée
de lutter contre le blanchiment d’argent,
déplore la quasi-absence de « déclarations de
soupçon » de la part du secteur de la joaillerie,
pourtant soumis à cette règle. C’est pourtant
simple, si l’on voit arriver, dans sa boutique
Les biens de luxe mal acquis feront-ils
tomber le secteur de son piédestal ?
de luxe, un Russe de 2 mètres, avec une valise
de cash, en compagnie de deux adolescentes
bulgares, qui montre un passeport norvégien,
on passe un petit coup de fil à cet organisme !
Ce phénomène du client sale et des biens mal
acquis, à l’heure où les abus des dictateurs sont
jugés insupportables, fera-t-il tomber le luxe
de son piédestal ? Sans une lutte active contre
cette dérive, les signes extérieurs de richesse
deviendront-ils en partie des signes extérieurs
de détresse… de ceux que l’on ne voit pas ?
Alice Audouin,
animatrice de www.aliceaudouin-blog.com
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 11
| participer zests
La chronique de la biodiversité de Gilles Bœuf
L’endroit le plus isolé au monde (à plus de
4 000 km de tout autre point habité de la planète)
fut découvert par des Polynésiens aux alentours
des VIII-IX e siècles. Une extraordinaire végétation,
en majeure partie constituée d’un arbre
endémique, le Sophora toromiro, y abondait.
L’homme y a apporté l’arbre à pain et le cocotier
(deux espèces qui ont rapidement disparu),
mais aussi le santal, le ti, la canne, le curcuma,
le camote (la patate douce), la banane,
le murier, l’igname… Le rat de palme et le poulet
étaient aussi du voyage.
UN TOURISME SYNONYME
DE DESTRUCTION
La population y vécut en autarcie totale
pendant sept cents ans. Puis la déforestation
massive, la destruction de l’environnement,
l’érosion des sols, les brûlis, la surpopulation,
les luttes tribales provoquèrent guerres et anthropophagie.
L’horreur aurait été atteinte vers
1650-1680, avec une île ravagée par la famine
et un coût d’État militaire rejetant nobles et prêtres.
Cette chute racontée par Jared Diamond,
12 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
L’ÎLE DE PÂQUES,
un nouveau drame ?
Elle fait partie de ces merveilleuses destinations
touristiques qui nous font rêver. Mais elle est surtout
devenue un symbole des erreurs de nos sociétés.
Ces géants de pierre, que sont les statues moaïs, survivront-ils
au tourisme qui se développe sur l’île de Pâques ?
en 2006, dans son ouvrage intitulé Effondrement :
comment les sociétés décident de leur disparition
ou de leur survie, va-t-elle se reproduire aujourd’hui ?
Depuis la construction de l’aéroport de Hanga
Roa par les Américains en 1967, les autorités
chiliennes, avaient, plus ou moins volontairement,
limité l’accès de l’île à environ six mille
visiteurs par an, souvent accueillis chez l’habitant.
Puis tout s’est mis à dériver : implantation
d’hôtels de luxe, multiplication des vols et des croisières
de haute mer… En octobre 2009, le peuple
a massivement voté une « limitation
d’acceptabilité » du nombre de touristes et
d’immigrants : en effet, en sept ans, la population
était passée de deux mille six cents à
plus de quatre mille. Début 2011, on comptait,
chaque année, plus de cinquante mille vacanciers
sur cette île seulement deux fois plus
grande que celle d’Oléron ! Une sérieuse
menace pour l’environnement et la culture
locale, associée à une délinquance « introduite
» grandissante. Comme pour les Galápagos,
il faudrait mettre en place un système de
quotas d’entrées. Décidément, les tristes histoires
se répètent !
Professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie
– Observatoire d’océanologie-Laboratoire Arago
de Banyuls-sur-Mer – Président du Muséum national
d’histoire naturelle de Paris
© PHOTOS : IKO/FLICKR - GRODESH/FLICKR - VECTORSTOCK - DR
@
SUR
ON A TESTÉ UN CHEF À DOMICILE
WWW.NEOPLANETE.FR RUBRIQUE « SAVOURER »
10 éco-gestes,
C’est pas du luxe !
participer |
Aujourd’hui, le monde du luxe se met à trier, récupérer… car,
quels que soient nos moyens, les éco-gestes se déclinent. Petit tour
d’horizon des comportements responsables à adopter. Par Julie Hamaïde
© PHOTO : BE CYCLE & FASHION
1 JE PRIVILÉGIE
LES RESTAURANTS BIO
OU VÉGÉTARIENS
Avant de pousser la porte de n’importe quel
restaurant, on regarde à deux fois sa carte.
Pas question de consommer des espèces protégées,
ni des fruits et légumes importés de
l’autre bout du monde. Certains
établissements sont devenus
éco-responsables, comme la plupart
des Relais & Châteaux qui
ont fait le choix de ne pas
cuisiner les produits de la mer
menacés. Au Ritz, Michel Roth,
qui officie derrière les fourneaux
de l’Espadon, a, quant à lui, fait
le pari de proposer, entre autres,
un menu végétarien. Une initiative
qui en a régalé plus d’un.
2 JE PARS DANS
1
DES STATIONS DE SKI
RESPONSABLES
Les stations engagées se multiplient avec,
notamment, la construction d’éco-bâtiments
classés THPE (Très Haute Performance
Électrique) ou BBC (Bâtiment Basse
Consommation). Par exemple, Avoriaz a
décidé de préserver ses espaces naturels
et ses zones protégées dès 2012. Au cœur
du Valais suisse, Commeire, elle, s’est refait
une beauté avec la rénovation de quatre
granges centenaires, isolées naturellement
et chauffées à l’énergie solaire.
3 J’ACHÈTE DES RECHARGES
POUR MON PARFUM
Racheter un flacon de son parfum a un coût,
car la fabrication, l’emballage et le transport ont
un impact sur la planète. Vous pouvez choisir
la marque Thierry Mugler qui a créé des recharges
pour ses fragrances Angel, Alien et même
Womanity, la petite dernière
commercialisée en 2011.
Écologique et économique !
Comptez 49 euros la recharge
de 50 ml, contre 69 euros
la nouvelle bouteille.
4 JE PRENDS
SOIN DE MOI
EN PRENANT SOIN
DE LA PLANÈTE
Les spas et les enseignes
du secteur de la coiffure
se sont mis au bio. Certains
proposent des soins issus
de l’agriculture biologique,
comme l’hôtel-spa d’Yves Rocher, La Grée
des Landes, où l’on plonge dans des bains de
fleurs bio de La Gacilly. Et on se met en pétard
contre les salons qui consomment 600 000 MWh
d’electricité par an (la consommation énergétique
de 18 000 habitants), en privilégiant
ceux qui affichent le label « Développement
durable, mon coiffeur s’engage » ou alors
qui n’utilisent que des colorations végétales,
moins toxiques pour votre santé et celle
de votre coiffeur.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 13
| participer
5 JE BAISSE LE CHAUFFAGE
EN ISOLANT MIEUX MA MAISON
On sait désormais qu’en diminuant la température
d’un petit degré chez soi, on évite
d’émettre jusqu’à 300 kg de CO 2
par an.
Les propriétaires réaliseront aussi jusqu’à 50 %
d’économies d’énergie grâce à une meilleure
isolation : double ou triple vitrage des fenêtres,
menuiseries en bois, laine de bois ou chanvre
sous les toits, tapis sur les sols…
6 JE PRENDS UN CHEF À DOMICILE
Pas le temps, ni le désir de concocter de bons
petits plats ? Faites appel à un chef à domicile !
Les Dîners d’Eloïse (www.lesdinersdeloise.fr)
envoient un de leurs cuisiniers chez vous,
avec tous les ingrédients nécessaires ainsi que
les ustensiles. Mais attention, il faut réserver à
l’avance ! La formule fonctionne aussi en province,
tel Cyril, de Biochef (www.biochef.fr), qui,
lui, ne se déplace qu’en Pays-d’Aix.
© ILLUSTRATION DE CHRISTOPHE BESSE - PHOTOS : BE CYCLE & FASHION - PHILIPS - DR
14 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
participer |
7 J’EMBALLE MES CADEAUX
À LA JAPONAISE
Selon consoGlobe.com, chaque année, à Noël,
les Français doublent leur consommation journalière
d’emballages avec 2 kg par personne,
notamment à cause du papier cadeau ! Le nouveau
chic : le composer soi-même avec des
matières textiles ; une tendance venue du Japon,
le furoshiki. Réutilisable à l’infini, le tissu pourra
même servir de sac pour les courses ! On peut
aussi personnaliser son emballage sur Sam’Oz
(www.samoz.com) avec des toiles 100 %
en fibres naturelles, à partir de 19,50 euros
le mètre linéaire.
8 JE DÉCORE MON INTÉRIEUR
AVEC DES MATÉRIAUX NATURELS
ET LOCAUX
Le monde de la décoration commence, lui aussi,
à s’impliquer dans le respect de la planète.
Des exemples : la commode
en cuir et tissu éponge recyclés
de la collection Petit h d’Hermès,
le mobilier en carton de TonkR,
ou la table en fibres de lin de
Noé Duchaufour-Lawrance pour
SaintLuc (4) dont la provenance et
la transformation des matériaux
s’établissent dans un périmètre de 3
200 km à l’ouest de la France.
9 JE ROULE
EN ÉCOLO-CHIC
Vous avez envie d’un vélo différent ? La collection
Be Cycle & Fashion a lancé le défi
à douze créateurs et designers de renom
de donner plus d’élégance à la petite reine.
Ainsi, Jérôme L’Huillier a paré sa bicyclette
de couleurs (1) , Agatha Ruiz de la Prada a doté
son vélo rose d’un cœur (2) , et Karim Bonnet
l’a habillé d’une marinière. D’ailleurs, certains
de ces modèles sont encore en vente, à partir
de 2 500 euros.
2
10 J’OPTE POUR LE HIGH-TECH
GREEN
On trouve de plus en plus d’appareils conçus
de façon responsable. Ainsi, le dictaphone
Philips LFH-884 (3) (149,90 euros) est idéal
pour économiser du papier. Avec ses piles
rechargeables, il enregistre les cours, les réunions
ou les conférences en qualité studio,
avec une portée de 12 mètres. Son microphone
zoom unidirectionnel est capable de
capturer les voix lointaines et de supprimer
simultanément le bruit environnant. Les arbres
vous diront merci. Quant aux fans de montres,
ils craqueront pour l’Eco-Drive Satellite
Wave, à énergie solaire et pile rechargeable,
de Citizen Watch.
Ultra-précis, ce modèle reçoit
l’heure des vingt-quatre satellites
équipés d’horloges atomiques
en orbite autour de la Terre. Ces derniers
émettent des signaux à 20 000 kilomètres
au-dessus de notre tête, ce qui permet d’avoir
l’heure exacte, que l’on soit dans le Pacifique
ou au pôle Nord !
4
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 15
| participer
Rien
ne se perd…
TOUT SE TRANSFORME
Redonner vie à de vieux objets et laisser parler son humour,
sa tendresse, sa créativité, c’est ce que l’on nomme l’upcycling.
Une nouvelle tendance qui en inspire plus d’un pour recycler
les produits luxueux. Voici quelques exemples qui pourraient
vous donner des idées… Par Julie Hamaïde
TISSUS
Cachemire, soie, tweed, ces matières s’exhibent
dans les vitrines des magasins les plus luxueux.
Mais, dans les ateliers des créateurs, la vérité est
honteuse, car des mètres de tissus sont gâchés ;
un gaspillage stupide, surtout au regard de la qualité
des matériaux. Heureusement, certaines marques
ont su tirer profit de ces chutes, comme From
Somewhere qui, depuis 1997, les utilise pour
ses créations. Des pièces originales que les people
ont adoptées, dont l’épouse du Vice-Premier
ministre anglais, Miriam Gonzalez.
FOURRURE
Du côté de la fourrure,
le recyclage devient tendance.
Harricana, une entreprise
canadienne, en a même fait
sa marque de fabrique, en donnant
une seconde vie aux peaux de bêtes.
Elles étaient manteaux, elles deviendront
sacs, gants ou cache-oreilles. Une idée qui a permis
de sauver la vie de milliers d’animaux depuis 1994.
Jusqu’au 31 décembre, ces produits (1)
seront en vente à la boutique
66 Champs-Élysées, à Paris.
SCOOTERS
Vous ne savez pas quoi faire
de votre vieux scooter ? Le studio
espagnol Bel & Bel a transformé
de vieux Vespa en chaises (2) ,
à partir de 1 500 euros. So kitsch !
MONTRES
Si, à 50 ans, vous n’avez pas recyclé
2 votre Rolex, vous avez raté votre vie !
C’est l’idée de José Geraldo Reis Pfau.
En utilisant les petits composants des montres
mêlés à quelques bouts de bois ou de verre, l’artiste
crée des motos miniatures (3) et donne ainsi une seconde
vie à ce bijou, destiné à la déchetterie.
16 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
participer |
BLOUSONS
La marque Olympe propose une dizaine de modèles,
du cabas à la pochette (4) , réalisés à partir de vieux
blousons en cuir et doublés de foulards en soie
recyclée. Ces pièces uniques sont en vente
dans quelques boutiques en France, mais aussi
en Espagne, à partir de 50 euros.
4
© PHOTOS : HARRICANA/JIMMY HAMELIN - CHAISE VESPA/BEL & BEL - CRÉATION DE PFAU/JOÃO ÁVILA - ROBE D’ANNETTE CAREY EN BIC CRISTAL/BIC - ANNA IRIS LÜNEMAN
BOUTONS DE MANCHETTES
Vous trouvez ça un peu classique ? Sauf s’ils sont
fabriqués avec de vieux circuits imprimés ! La Maison
du Bouton de Manchette commercialise un modèle
à 30 euros (5) , dessiné pour l’occasion, mais pas
recyclé pour un sou.
BALLES ET CLUBS
DE GOLF
L’année dernière, la marque Wilson a sorti
une gamme de balles éco-conçues à partir
de pneus en caoutchouc recyclé
et une boîte, elle aussi, en matériaux
recyclés, avec douze d’entre elles.
À partir de 13 euros. Tout aussi
inspiré par ce sport, l’artiste Jeff
Diamond a trouvé une nouvelle
utilisation au club de golf : il s’en sert
pour fabriquer des lampes
de chevet ou des sculptures.
STYLOS
Le Bic ® Cristal ® a fêté ses 60 ans
avec la styliste Annette Carey,
qui a détourné l’utilisation
du stylo en confectionnant
une robe de mariée (6) à partir
de 1 200 Bic et 2 000 cristaux
Swarovski. Comptez tout de même
11 500 euros pour écrire à tout jamais
ce grand jour dans les mémoires !
CRAVATES
Une façon originale de recycler vos vieilles
cravates : les transformer en jupes ! Karina
Nathan, une créatrice de Nouvelle-Orléans,
a inventé la jupe-cravate composée
de cravates collectées lors de séances
de shopping ou dans la garde-robe
de son père.
1
5
6
3
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 17
| s’engager
LES EXILÉS du bonheur
Changer de vie, le vrai luxe d’aujourd’hui ? On a tous rêvé, un jour,
de rompre avec notre quotidien. Lynx, John, Tod, Mason et les autres
ont choisi de vivre en marge de la société, déconnectés de toute
technologie, pour être en harmonie avec leurs valeurs. Pour réaliser
Rencontres hors du temps, Éric Valli a sillonné, pendant deux ans,
la grande Amérique, à la rencontre de ces originaux qui ont trouvé
leur graal : la liberté. Par Daphné Victor
Lynx, l’avatar du XXI e siècle
À 18 ans, punk révoltée et suicidaire, Lynx mène une existence entre
squats et paradis artificiels. Elle découvre la nature grâce à son petit ami
du moment. Ce sera une vraie révélation qui lui redonnera goût à la vie.
La forêt deviendra son église. Depuis vingt ans maintenant, elle vit
dans les Rocheuses, dans une yourte, comme à l’époque de la préhistoire,
vêtue d’une robe en peau de daim.
John, le trappeur de Wall Street
Le self-made man vivait dans une magnifique maison à colonnades, conduisait de belles voitures,
quand ce n’était pas un bateau à moteur. Il se réveille un matin, atterré par cette vie d’opulence
qui lui devient insupportable ; et abandonne tout pour repartir à zéro.
© PHOTOS : ÉRIC VALLI
18 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
s’engager |
Tod et Talia, ingénieurs glaneurs
Brillant étudiant dans les énergies propres
et renouvelables, Tod prend
soudain conscience
de la contradiction
de son
quotidien :
travailler avec
des produits
chimiques
alors qu’il souhaite
créer un monde
plus propre. Devenu,
au fil du temps, militant
écologiste, il décide,
encouragé par sa compagne
Talia, de partir à la quête
de la simplicité, pour
réapprendre une vie
plus proche de la nature.
Mason, l’homme
au bout de la route
La forêt et Mason, c’est
une histoire de toujours.
Il ne peut vivre sans. Il a fait
des tentatives, mais même
à proximité, le goût de la liberté
lui manque. Il y est donc retourné
avec sa femme. Il y a construit,
de ses propres
mains,
une maison.
Depuis
quinze ans, ses valeurs,
guidées par une foi
chrétienne, sont celles
du travail et de l’amour
de la terre. Aux yeux
des administrations,
il est un fantôme :
pas de compte
bancaire, de permis de
conduire, de téléphone,
ni même d’adresse.
Il manie la hache
comme le fusil.
Ses chevaux
lui apportent
du réconfort
quand il a le blues.
AUTEUR
Éric Valli, en collaboration
avec Aurélie Taupin.
ÉDITIONS
de la Martinière,
www.lamartiniere.fr, 25 €.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 19
| s’engager
Fabrice Moizan
Le client est ROI
Seul palace parisien à être triplement certifié
pour la qualité de son service, son engagement environnemental
et sa responsabilité sociale *, l’hôtel Fouquet’s Barrière multiplie
les actions : limousine hybride et e-solex électrique pour les clients,
menus élaborés avec des produits locaux, bio ou issus du commerce
équitable, économies d’énergie… Explications avec son directeur
d’exploitation, Fabrice Moizan. Par Yolaine de la Bigne
© PHOTOS : FABIEN LEMAIRE – FOUQUET’S BARRIÈRE
Quelles sont vos actions à venir ?
En ce moment, nous travaillons sur les économies
et le tri d’environ 13 tonnes de
déchets organiques par mois (plus de
100 tonnes par an). Actuellement, une
entreprise spécialisée les ramasse plusieurs
fois par semaine. Nous voudrions
les retraiter pour fabriquer directement
notre humus, que nous utiliserions pour
notre jardin intérieur, où nous allons
enterrer une citerne pour récupérer
les eaux de pluie, cet été. Autre projet :
changer le linge des chambres et du spa
et n’adopter que des produits bio et équitables
confectionnés en France.
Ces actions sont-elles
bien perçues par le personnel
et vos fournisseurs ?
L’établissement a ouvert il y a quatre ans.
Nous étions déjà les pionniers dans
l’hôtellerie de luxe. Alors, bien sûr, il faut
communiquer tous les jours sur ce sujet.
Cela dit, beaucoup de nos collaborateurs
ont toujours été très sensibles à la protection
de l’environnement. Quant à nos
fournisseurs et prestataires, nous leur
demandons, par exemple, d’utiliser des lessives
et des produits de nettoyage écologiques.
Évidemment, le coût n’est pas
le même, mais cela permet de respecter
l’éthique de notre entreprise.
Et vos clients ?
Nos clients, qui sont des personnes influentes,
sont les premier récepteurs et bénéficiaires
de notre engagement pour l’environnement.
Mais il ne faut pas leur faire
subir nos choix. Par exemple, si l’on veut
installer des ampoules basse consommation,
la lumière doit malgré tout s’allumer
rapidement et ne pas être trop blanche,
car une jolie atmosphère nécessite un éclairage
un peu paille. Ils peuvent aussi décider
de trier ou non leurs papiers. Différents
types de poubelles sont mis à leur
disposition dans les chambres. Et lorsque
nous allons les chercher à l’aéroport,
nous leur envoyons une voiture hybride
ou une limousine classique. La plupart
optent pour la plus écologique des solutions.
Nous n’imposons pas, nous proposons.
* Triple certification ISO 1401, pour l’engagement
environnemental, ISO 9001, pour la qualité de service,
et SA 8000, pour la responsabilité sociale (respect
des droits de l’homme et de l’enfant).
20 | NÉOPLANÈTE 25 -DÉC. 11/JAN. 12
L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW SUR LA WEBRADIO
NEOPLANETE.FR RUBRIQUE VIP
Partenaire
de Néoplanète,
le Fouquet’s accueille
deux fois par mois
notre Web radio.
Le portrait d’Alice
ALEXANDRE MURAT
Une brillante carrière
s’engager |
Légataire du goût et des manières de son ancêtre
le prince Joachim Murat, diplômé de HEC et ancien collaborateur
de la princesse de Polignac, Alexandre Murat
décide, le plus naturellement du monde, à 32 ans,
de créer une bijouterie place Vendôme. C’était il y a
cinq ans. N’ayant, en revanche,
pas hérité de moyens financiers
autant que de lignage, il contourne
l’obstacle et lance sur Internet
la première boutique spécialisée
dans le diamant, Adamence.
Avec ce nouveau concept, il ne
sait pas alors qu’il bouleverse la
transparence commerciale du secteur,
car non seulement il dévoile
les secrets des critères qui font
la valeur d’un diamant, mais il rend
aussi impossible les paiements
en espèces, du fait de la vente
en ligne. Toujours motivé par
son intérêt pour le développement
durable, il intègre les créations en or éthique
de JEM dans son catalogue.
Le jardin du Fouquet’s Barrière
sera bientôt fertilisé
avec un compost maison.
Désireux de faire avancer le monde de la joaillerie
qu’il sait peu engagé dans les questions sociales et
environnementales, le P.D.-G. tente alors un deuxième
pari : lui expliquer tout simplement pourquoi il doit changer.
C’est avec Cécile Lochard, qui milite depuis dix ans
pour un luxe éthique et des finances philanthropiques,
qu’il relève le défi, en publiant en septembre dernier
le premier livre sur le sujet, Luxe et développement durable:
la nouvelle alliance, aux éditions Eyrolles, reconnu immédiatement
comme référence. Pour se reposer de sa vie
trépidante de chef d’entreprise, Alexandre se rend tous
les week-ends dans son domaine de Picardie, où il enseigne
à ses trois enfants la valeur de ce qui ne brille pas.
Alice Audouin, animatrice de www.aliceaudouin-blog.com
© PHOTO : ADAMENCE
NÉOPLANÈTE 25 -DÉC. 11/JAN. 12 | 21
| s’engager
La page people de Gérald Ariano
Show… végétarien
Ellen DeGeneres et sa femme,
Portia de Rossi, continuent
de lutter contre la malbouffe.
Le couple ouvrira bientôt
les portes d’un restaurant
végétarien, dans la vallée
de San Fernando, en Californie.
En avril dernier, l’animatrice
américaine a aussi lancé
un site Internet qui vante
les mérites de l’alimentation
Baba d’Arthur H
En octobre dernier, j’assistais
au Festival du vent, à Calvi,
pour y enregistrer mon émission
de télé. J’avais un rendez-vous
sur la plage à ne pas manquer,
une interview avec Arthur H.
Le chanteur vient de sortir
un nouvel album, Baba Love,
qui parle d’amour. L’amour
avec un grand A. Celui des gens,
du temps, de la nature… Le fils
de Jacques Higelin est un artiste
surprenant. J’ai aimé sa distance
et son amour des choses simples de la vie. Il est également
sur les planches, avec L’Or noir, une lecture musicale de grands
poètes africains et antillais. Là encore, une envie de ne
pas oublier les vraies valeurs que sont l’amour, les racines
et le temps. L’artiste sera en tournée dans toute la France
pour Baba Love, à partir du 27 octobre 2011, et pour L’Or
noir, en janvier, fin mars et début avril 2012.
végétarienne. Going Vegan
With Ellen propose des idées
de recettes, des interviews
et des témoignages de ceux
qui mettent du vert dans
leur assiette. Et histoire
de persuader les plus
réfractaires d’entre nous,
l’association Peta a réalisé
un clip qui explique
que « Manger veggie nous
rend redoutables au lit ».
Il n’en faut pas plus
pour me convaincre !
FÉLINS POUR L’AUTRE
2012 sera l’année Matt Damon. L’acteur, très impliqué
dans les causes humanitaires – il soutient notamment
The Water Project, une ONG chargée d’apporter de l’eau
aux populations des pays en voie de développement –,
sera, en avril prochain, à l’affiche de We Bought a Zoo,
de Cameron Crowe (le réalisateur de Jerry Maguire et Presque
célèbre). Il s’agit de la véritable histoire d’un père de famille
qui rachète un zoo
laissé à l’abandon
pour le rouvrir
au public. Un film
attachant, qui nous
montre qu’avec
beaucoup d’envie
et d’amour,
on peut déplacer
des montagnes.
People, agenda, geek, shopping, retrouvez Gérald Ariano dans Bougez vert, sur Ushuaïa TV,
et sur www.neoplanete.fr, avec son agenda Ekolo Arty, pour voir la vie en green fluo.
© PHOTOS : USHUAÏA TV - TWENTIETH CENTURY FOX 2012 - QUICHEISINSANE - FLICKR - DIANE SANIER
22 | NÉOPLANÈTE 25 -DÉC. 11/JAN. 12
Mode
@ SUR
PLUS DE CRÉATEURS ET DE PHOTOS
WWW.NEOPLANETE.FR RUBRIQUE « S’AIMER »
LA FIBRE VERTE
s’aimer |
Synonyme de contrainte austère il y a encore quelques années,
le développement durable suscite l’engouement de certaines
marques de luxe. Et quand la mode éthique rencontre l’éthique
de mode, les initiatives se multiplient. Les griffes les plus désirables
deviennent ainsi les plus vertueuses. Par Fabienne Broucaret
«
L’élite
utilise le luxe comme symbole de sa réussite. Or la définition même de la réussite
a changé. Les clients privilégiés exigent que les marques reflètent leurs aspirations
à un monde meilleur, en particulier en ce qui concerne les questions environnementales »,
souligne le WWF, dans son rapport Deeper Luxury paru en 2008. Celles de la mode de luxe
l’ont bien compris. Des exemples ? Marc Jacobs et son cabas Save My Pole, Louis Vuitton
qui développe des créations en cuir végétal, Jérôme Dreyfuss et son sac Diego, labellisé
« Agricouture », confectionné en cuir tanné sans métaux lourds et avec des teintures
végétales. Sans oublier LVMH, pionnier des bilans carbone dans ses magasins depuis 2001,
qui a ouvert, cette année, un atelier éco-conçu dans la Drôme, pour Louis Vuitton :
énergies renouvelables, épuration végétale des eaux usées, récupération de celles
de pluie pour l’arrosage extérieur… Même écho chez Hermès, qui a diminué
sa consommation d’eau nécessaire à la teinte des foulards de 37 % en cinq ans
(chiffre de 2008).
© PHOTO : DR
L’AFFAIRE est dans le sac !
En avril dernier, Yves Saint Laurent a dévoilé son it-bag
Muse Two Artisanal Reclycled, vendu en édition limitée.
Réinterprétation écolo de Muse Two, le sac iconique
de la maison, il conjugue le savoir-faire de maroquinerie d’YSL
au travail artisanal des femmes du Burkina Faso, soutenues
par l’association Filles du Facteur (http://fillesdufacteur.typepad.com/)
fondée par Delphine Kohler : « Nous les aidons à acquérir
une autonomie par le recyclage. Le Muse Two Artisanal a ainsi
été réalisé grâce au tissage de sacs en plastique noir. » En 2012,
une seconde édition devrait voir le jour. Ces nouveaux
modèles seront fabriqués à partir de sacs plastique
et crochetés à la main par les Burkinabées.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC.
11/JAN. 12 | 23
| s’aimer
UNE COLLABORATION
TRÈS MÂLE
Depuis 2009, la griffe de mode éthique Misericordia
(www.misionmisericordia.com) élabore,
chaque saison, dans ses locaux situés au Pérou,
une ligne spéciale pour Kris Van Assche, le directeur
artistique de la collection homme chez Dior.
Les T-shirts sont conçus autour des dessins
d’Aurelyen, le créateur de Misericordia :
« J’ai rencontré Kris Van Assche par hasard
dans un restaurant, en Argentine. C’est un amoureux
de l’Amérique latine. Il a ensuite visité notre atelier
à Lima et a aimé notre savoir-faire. Cette collaboration
est une belle reconnaissance de notre travail. »
T-shirt Kris Van Assche et Misericordia, collection hiver 2010.
Une mode antimafia
Cangiari (www.cangiari.it), qui signifie
« changer » en dialectes calabrais et sicilien,
est le nom d’une griffe de haute couture
éthique et sociale. Fondée par Vincenzo
Linarello, elle s’oppose à la mafia italienne.
Les modèles sont
fabriqués à la main,
en Italie, par des
coopératives sociales,
avec des tissus
respectueux
de la planète : soie
naturelle, genêt,
flanelle biologiques…
24 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
La collection automne/hiver
2011-2012 est une réinterprétation
moderne de l’artisanat traditionnel
calabrais.
s’aimer |
Top sans manches multicolore et pantalon bleu en coton et en soie.
© PHOTOS : AURELYEN - DR
Made
in Japan
Dans la famille des designers
japonais, on connaissait Issey
Miyake ou Yohji Yamamoto.
Voici Kaito Hori et Iku Furudate,
fondateurs de la marque
Commuun (www.commuun.com).
Formés dans les meilleures écoles
de stylisme du monde, ils font
leurs armes chez Balenciaga
et Anne Valérie Hash ; avant
de lancer leur propre griffe,
dont ils présentent la première
collection à Paris, en 2007 :
un subtil mélange de la simplicité
japonaise et du perfectionnisme
français. L’entreprise a banni
le synthétique de ses lignes
et ne travaille ses vêtements
qu’avec des matières
biologiques ou naturelles.
Le coton bio est importé
du Japon, le lin vient d’Italie.
L’ÉTOILE DE LA MODE ÉTHIQUE
Née à Londres, Stella McCartney aurait pu devenir
bassiste comme son père ou photographe comme
sa mère. Loupé ! Elle a lancé sa propre maison
de couture en 2001 (www.stellamccartney.com).
Ses collections de prêt-à-porter femme s’agrémentent
d’accessoires et de cosmétiques bio de luxe
baptisés Care. Mais aussi d’une ligne pour enfant.
Végétarienne, la fille de l’ex-Beatles n’utilise ni cuir,
ni fourrure dans ses créations. Cette membre
de la Peta préfère innover avec du faux daim
biodégradable ou composer avec du coton bio,
de la soie naturelle, de la laine vierge… Ces modèles
se veulent romantiques mais pas candides,
féminins sans excès. « Il y a une vraie adéquation
entre ses convictions et le style de ses vêtements,
épuré et très sobre, explique Maud Gabrielson,
journaliste mode chez Grazia. Il y a quelques
années, elle a même décliné l’offre de Tom Ford
qui voulait lui confier la direction artistique de Gucci,
car la marque emploie du cuir dans ses collections. »
Elle a, en revanche, accepté d’habiller l’équipe
nationale britannique à l’occasion des jeux
Olympiques de 2012, événement placé
sous le signe du développement durable.
C’est le pied !
Piola ? Cela signifie « élégant » en espagnol péruvien.
C’est aussi le nom d’une jeune marque de sneakers
éthiques (www.piola.fr), qui a conquis Agnès b. L’entreprise
joue la carte de la transparence en dévoilant les adresses
de ses partenaires et les rémunérations des producteurs.
Fabriquées en caoutchouc naturel d’Amazonie, avec
de la toile en coton bio Tanguïs récolté au sud du Pérou,
ces chaussures ont un design minimaliste. Vous trouverez
le modèle Madre de Dios en deux coloris (gris et bleu
marine ou blanc et gris) dans toutes les boutiques
Agnès b. homme (75 €). Un nouveau
modèle en cobranding devrait
arriver en magasin,
fin février 2012.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN.
12 | 25
| s’aimer
Le Puma Grip Bag, de Sakina M’Sa, 350 €, est disponible en exclusivité
à la Boutique Merci,111, boulevard Beaumarchais, 75003 Paris.
Femmes, on vous aime
Créée en 2009, cette fondation (www.fondationppr.org) fait partie de PPR Home
en charge du développement durable. Son objectif ? Lutter contre les violences faites
aux femmes et les aider à gagner en indépendance. Céline Bonnaire, sa déléguée
générale, explique la démarche : « Nous finançons, par exemple, un projet de Médecins
du Monde au Pakistan depuis trois ans. Il s’agit de trente-cinq centres d’hébergement
qui viennent en aide, chaque année, à plus de sept mille femmes victimes de violence.
Elles y trouvent une protection, mais aussi des consultations médicales et psychologiques,
des conseils d’avocats ou des formations pour envisager une activité génératrice de revenus
à la sortie. L’an dernier, nous avons également soutenu la promotion en France de Fleur
du désert. Ce film raconte la vie de Waris Dirie, membre de notre conseil d’administration.
Nous avons organisé des débats sur l’excision avec des experts dans les Fnac, mais aussi
une avant-première avec les griffes de luxe de PPR pour lever des fonds. Cet événement
a permis de collecter 55 000 euros pour combattre les mutilations sexuelles féminines
en Afrique. » Parmi les autres initiatives de la Fondation d’entreprise PPR, une bourse met
à l’honneur trois entrepreneurs sociaux par an. En 2010, la créatrice de mode éthique
Sakina M’Sa a ainsi été récompensée. Elle a été accompagnée, pendant douze mois,
par la DRH France du groupe Yves Saint Laurent. Avant de lancer, en édition limitée,
un sac en bleu de travail recyclé avec Puma, une autre marque de PPR.
© PHOTOS : STEFFEN KUGLER - DR
26 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
INTERVIEW DE SAKINA M’SA SUR
LA WEB RADIO NEOPLANETE.FR RUBRIQUE « VIP »
s’aimer |
JEUNE TALENT
Après des études en géo-ethnologie qui la destinaient
à une carrière d’ingénieur en écologie, Valentine Gauthier
(www.valentinegauthier.com) plonge dans le bain de la mode.
Forte d’un parcours éclectique, de Rochas à Martin Margiela,
elle lance sa propre marque en 2008. Elle affirme immédiatement
sa volonté de travailler d’une manière responsable avec une ligne
en maille tricotée main par une association de femmes en Uruguay.
Au fil des saisons, toutes les pièces sont élaborées à partir
de matières naturelles : baby alpaga de Bolivie, coton bio Pima
du Pérou, soies et cuirs au tannage naturel d’Inde ou d’Europe…
La créatrice a également recours à des teintures respectueuses
de l’environnement. Pour l’hiver 2011-2012, sa collection
revisite l’imaginaire nomade et les tenues typées des cavaliers
argentins, pour lui insuffler une allure sensuelle et féminine.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN.
12 | 27
| s’aimer
Marques de cœur
Ce sont habituellement les stars des défilés parisiens.
En cette fin d’année, les créateurs mettent leur talent
au service d’associations caritatives. Par Fabienne Broucaret
SACRÉES POUPÉES !
Le but de cet événement ? Collecter
des dons pour venir en aide aux enfants
du Darfour. Agatha Ruiz de la Prada,
Agnès b., Antik Batik, Armani, Jean Paul
Gaultier, Chanel, Christian Dior, Dice
Kayek, Louis Vuitton, Sonia Rykiel,
Emanuel Ungaro… Ces grands couturiers
dessinent des poupées, symboles
du respect des droits de l’enfant,
plus particulièrement celui à la santé
et à l’accès aux soins médicaux.
Tous les ans depuis 2003, Frimousses
de Créateurs propose une thématique :
cette année, la nature est à l’honneur.
Sophistiquée, douce ou sauvage,
chaque figurine dévoilera sa personnalité
lors de l’exposition au Petit Palais,
du 28 novembre au 4 décembre.
Une vente aux enchères sera ensuite
organisée, le 13 décembre, à Drouot
Montaigne. L’édition 2010 a permis
de récolter 286 500 euros intégralement
reversés à l’Unicef pour financer
ses programmes de vaccination.
L’objectif de l’opération ? Vacciner
plus de 300 000 bébés de moins
de 1 an contre la rougeole au Darfour
et étendre la couverture vaccinale
des enfants dans les trois États de la région,
afin de faire baisser les taux de mortalité
et de morbidité infantile.
Plus d’infos sur www.frimoussesdecreateurs.fr
28 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
Sonia Rykiel.
Antik Batik.
Chanel.
Ces quatre poupées seront été présentées
lors de l’édition 2011.
s’aimer |
Agatha Ruiz de la Prada.
© PHOTOS : VECTORSTOCK - DR
NOËL, ÇA LES BRANCHE
Pour la 16 e année consécutive, Marie-Christiane Marek a
demandé aux plus grands noms de la mode, de la beauté,
du design et de l’architecture d’imaginer un sapin de Noël.
Christian Ghion, Chantal Thomass, Elie Saab, Jean Paul
Gaultier, Jean-Charles de Castelbajac ou encore Sonia Rykiel
se sont ainsi prêtés au jeu. Leurs œuvres éclectiques
seront présentées du 1 er au 7 décembre, à l’hôtel Salomon
de Rothschild, à Paris.
Cette année, tous les bénéfices de la vente aux enchères,
qui se déroulera le 5 décembre, seront distribués
à l’association Avec, du professeur David Khayat,
pour la recherche contre le cancer. Lors de cette soirée
à laquelle plus de cinq cents personnes ont été invitées,
une émission sera enregistrée, puis retransmise pendant
des fêtes de fin d’année sur la chaîne TV5 Monde.
Plus d’infos sur www.lessapinsdenoeldescreateurs.org
Le sapin 2010 de Louis Vuitton.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 29
| s’aimer
La fiche produit d’Elizabeth Pastore-Reiss
Les bijoux
Pour mieux comprendre les impacts de notre consommation sur le monde.
MATIÈRES PREMIÈRES
Or et argent
L’extraction de minerais nécessite l’emploi
massif de produits chimiques. Dans les mines
artisanales, on utilise du mercure, rejeté ensuite
dans l’environnement – les mines d’or et d’argent
sont la troisième source de consommation
de mercure. Dans les mines modernes,
on se sert principalement du cyanure de sodium,
un composé de très grande toxicité.
Les mines sont, par ailleurs, génératrices
de déchets : la fabrication d’une bague
génère 20 tonnes de déchets miniers.
Les exploitations minières
bouleversent les paysages.
Les sites sont souvent
laissés dans des états
désastreux et contribuent
à la destruction des milieux
naturels.
Les conditions de travail
dans les mines sont souvent
très difficiles et dénoncées
par un grand nombre d’ONG.
Des labels existent, certifi ant les bonnes
conditions sociales et environnementales
d’extraction des minerais, avec l’interdiction,
par exemple, d’employer du mercure
ou du cyanure.
Certaines entreprises utilisent exclusivement
de l’or, de l’argent et du cuivre recyclés,
favorisant l’économie des ressources.
Il peut en être de même avec les pierres
précieuses et semi-précieuses.
AUTRES MATÉRIAUX
Certains bijoux sont réalisés à partir de
matériaux dont l’usage nuit à la biodiversité
végétale et animale, comme ceux qui sont
ornés de coraux ou d’ivoire.
Les bijoux en bois évitent l’utilisation
de ressources rares ou polluantes. Mais les bois
choisis doivent être issus de forêts gérées
durablement.
L’upcycling devient une vraie tendance.
FABRICATION
Certains bijoux proviennent du commerce
équitable garantissant, entre autres, le respect
de l’homme et de l’environnement.
UTILISATION
Les bijoux fantaisie peuvent
provoquer des allergies.
Les matériaux employés
(nickel, sels de plomb)
sont même parfois
dangereux pour la santé.
Les bijoux sont
souvent portés pendant
des dizaines d’années.
Ils peuvent facilement être
transmis d’une personne
à une autre. Ils sont porteurs
de souvenirs.
FIN DE VIE
Les bijoux abîmés peuvent être restaurés.
La récupération et le recyclage sont
tout à fait adaptés aux matériaux précieux.
CONCLUSION
Si les conditions d’extraction des minerais sont
encore très discutables, des bijoux respectueux
de l’environnement sont aujourd’hui disponibles
dans le commerce. Regardez à deux fois
avant d’acheter celui que vous désirez tant.
Cabinet Ethicity, www.ethicity.net
© PHOTOS : JEM - VECTORSTOCK - DR
30 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
s’aimer |
La plante de Jean-Pierre Nicolas
MISS FLEUR
Les fleurs ont toujours fasciné les hommes, comme les tulipes
pour lesquelles les Hollandais rivalisent d’ingéniosité. Sans oublier
les roses chères à nos preux chevaliers ou associées aux célèbres
favorites des rois de France, telle la Pompadour. Mais ce sont
sans nul doute les orchidées qui remportent le titre des plantes
les plus luxueuses.
© PHOTOS : DR
Avant que sa culture ne soit mise au point,
on apportait, il n’y a pas si longtemps encore,
l’orchidée exotique, souvent épiphyte (qui utilise
d’autres plantes comme support), aux formes
et aux couleurs inégalables, en Europe.
Son apparente fragilité, son mode de reproduction
énigmatique et ses caractéristiques
botaniques faisaient de cette fleur le symbole
de la pureté, de la grâce et de la rareté.
UN COMPORTEMENT
FASCINANT
Comme elle coûtait très cher et n’était réservée
qu’à quelques privilégiés, elle n’apparaissait
que sur les femmes qui pouvaient se les faire
offrir. Aujourd’hui, grâce à l’horticulture, on prélève
moins d’orchidées sur les arbres des forêts
tropicales, ce qui, du reste, est interdit par
la Convention de Washington. Si la famille botanique
des orchidées est la plus diversifiée
(25 000 espèces réparties en 850 genres),
cette plante est en danger, car son milieu naturel
est menacé et certaines médecines traditionnelles
la convoitent toujours autant. En revanche,
la recherche médicale s’y intéresse peu, car
il semblerait que les molécules qu’elle renferme
soient moins attractives que son parfum.
Considérée au stade le plus avancé de l’évolution
du règne végétal par les scientifiques,
l’orchidée a un comportement fascinant par
le mimétisme de ses formes et de ses odeurs.
Certaines imitent, avec une telle perfection,
les femelles de certains insectes, que les mâles,
en essayant de s’accoupler, deviennent les colporteurs
de la semence de ces fleurs. D’autres
vont même jusqu’à « copier » leurs phéromones,
dont le nectar le plus recherché.
Vous trouverez, chez votre fleuriste, des orchidées
produites en série dans les serres de
Bretagne et du Pays de la Loire. Là, de nombreuses
variétés y sont créées, qui, parfois,
reprennent le chemin des tropiques pour enrichir
les expositions locales. En définitive, l’orchidée
ne cessera jamais de nous étonner et
de nous émouvoir. N’est-ce pas de nouveau
une stratégie de développement et d’adaptation
à nos sociétés humaines ?
Anthropologue – Ethnobotaniste – Président fondateur
de l’association Jardins du monde, www.jardinsdumonde.org
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 31
| s’aimer
Doux péché
Le luxe en 2011 ? De l’authenticité, du plaisir,
de la douceur… voilà ce que propose ce spa
d’un nouveau genre, dans la tendance made
in France et délicieusement rustique.
Installé dans un ancien pressoir à pommes
en colombages, le Spom décline des soins
à la pomme sous toutes ses formes :
modelages à l’huile de pépins de pomme
ou à la compote de pommes, enveloppement
à la gelée de cidre, virile friction du dos
au calvados… avant d’avaler un petit jus
de pomme dans le salon entouré de vergers.
Riche en polyphénols, la pomme à cidre,
qui sert de base à ces soins, est détoxifiante,
antioxydante, drainante et ralentit le vieillissement
de la peau. Les produits utilisés sont signés
Pomone, une marque de cosmétiques
naturels fondée par l’ingénieur chimiste
Florence Sellin. Fabriqués en France, ils ne
contiennent ni parabènes, ni phénoxyéthanol,
ni silicones ou huiles minérales. Un concept
à croquer… YB
À partir de 25 € pour 15 minutes de soin.
SPOM, l’Institut spa de la pomme, La Vallée du Manoir,
61470 Saint-Aubin-de-Bonneval. Tél. : 02 33 36 90 79.
www.institut-spa-de-la-pomme.fr
Le Spom dispense des soins à la pomme
déclinée sous toutes ses formes.
Séjour 2 jours/1 nuit avec dîner, modelage, sauna
et bain à partir de 165 € par personne (toute l’année).
Loisirs accueil Orne – Tél. : 02 33 28 07 00.
www.normandie-weekend.com
© PHOTOS : SPOM
32 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12

| s’aimer
La crème
de la cosméto bio
Vous pensez toujours que les produits
de beauté bio sont présentés dans
des packagings tristounets et ont une texture
ou un parfum qui laissent à désirer ? Erreur ! Jugés hier encore
incompatibles, l’univers des cosmétiques biologiques et celui
du luxe se rejoignent… Par Fabienne Broucaret
AÏNY ET LES PLANTES
SACRÉES
C’est en 1998, lors d’une
expérience dans une ONG,
en Équateur, que Daniel
Joutard découvre le monde
sacré des chamanes
et le pouvoir des plantes.
De là, il lui vient l’envie
de développer une ligne
de cosmétiques en lien
étroit avec les populations
autochtones d’Amérique
latine. Avec Aïny, qui signifie
« esprit des êtres vivants »
en quechua, il concilie savoirs botaniques
ancestraux et technologie occidentale.
« Nos projets servent à démontrer que l’on peut
produire autrement, avec une utilisation raisonnée
des ressources naturelles et dans le respect
des cultures », explique-t-il. Ses produits
antirides, labellisés Cosmébio, fabriqués
à partir de plantes et d’huiles rares, sont
vendus au Printemps, chez Mademoiselle Bio
ou dans les hôtels Sheraton et Hilton.
Démaquillant, 26 € les 100 ml. Sérum nutrition éclat,
44 € les 15 ml. Crème voluptueuse régénérante, 62 €
les 50 ml. Fluide hydratant harmonisant, 49 € les 50 ml.
Plus d’infos sur www.ainy.fr
ABSOLUTION JOUE
LA CARTE DU SUR-MESURE
Cette gamme de cosmétiques modulables
se veut unisexe. Ainsi, on peut ajouter,
à la crème de jour ou du soir, une goutte
de sérum extrêmement concentré
en actifs : Énergie, pour les peaux
fatiguées, Anti-âge, pour revitaliser
l’épiderme, Éclat, pour redonner bonne
mine… Certifiés par Ecocert Greenlife,
tous les produits sont composés d’au moins
60 % d’ingrédients biologiques. Et sont
fabriqués en France. Les packagings noirs
et blancs, aux motifs très arty, imprimés
avec des encres végétales, sont recyclés
et/ou recyclables. Une façon de clamer
que le bio n’est pas condamné à la couleur
verte. Les soins Absolution sont commercialisés,
entre autres, aux Galeries Lafayette,
chez Harrods, le temple londonien
du luxe, et chez Space NK,
l’un des leaders britanniques
de la distribution sélective.
Crème du jour, 56 €
les 30 ml. Solution + Énergie,
55 € les 15 ml. Solution + Anti-âge,
69 € les 15 ml. Solution + Éclat,
52 € les 15 ml. Plus d’infos
sur www.absolution-cosmetics.com
34 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
s’aimer |
LES BEAUTÉS
DU MONDE
CHEZ NOHÈM
En 2009, Noémie
de Goÿs crée Amisse,
une fondation qui privilégie
les actions en faveur
de l’insertion sociale
des femmes. Forte de
cette expérience, elle lance
la marque de cosmétiques Nohèm.
Les matières premières sont achetées
à des femmes des pays du Sud.
Tous les produits sont estampillés
ESR, le label bio et équitable d’Ecocert.
Ils s’inspirent des rituels du monde
et sont constitués d’actifs comme le beurre
de karité, l’huile de marula et de cumin
noir d’Afrique ou le thé blanc et la baie
de goji d’Asie. Une partie du chiffre
d’affaires de la société est reversée
à l’association.
Crème corps hydratante et fermeté,
Rituels d’Afrique, 60 € les 150 ml. Sérum
ultra-hydratation et anti-pollution, Rituels d’Asie,
75 € les 30 ml. Plus d’infos sur www.nohem.com
IROISIE,
ENTRE MER ET TERRE
La mer d’Iroise est une petite partie
de l’océan Atlantique, qui s’étend
de l’île de Sein à celle d’Ouessant,
en Bretagne. Classée « Réserve
de biosphère » au patrimoine mondial
de l’Unesco, elle a donné son nom
à la ligne de cosmétiques biologiques
imaginée par l’ancien mannequin
Anne Bontour. Les produits Iroisie Paris, adoptés
notamment par le Ritz, sont élaborés à base
d’ingrédients marins, beaucoup plus concentrés
en antioxydants naturels, en calcium et en fer
que les actifs végétaux. La marque utilise aussi
de la lavande, de la camomille ou encore de l’aloe
vera provenant de l’agriculture biologique.
Les soins ont fait l’objet de tests cliniques
visant spécifiquement à mesurer leur efficacité
à lutter contre le vieillissement et la cellulite.
Gelée douceur démaquillante, 22 € les 100 ml.
Tonique précieux, 22 € les 100 ml.
Sérum précieux, 55 € les 15 ml.
Plus d’infos sur www.iroisie.com
ET AUSSI :
BIOKALIFTIN
DE PATYKA,
OLC, DOUX ME,
BIO-BEAUTÉ
BY NUXE…
© PHOTOS : DR - VECTORSTOCK
NÉOPLANÈTE 25 - DÉCEMBRE 2011 | 35
| s’aimer
L’engagement
des marques
de cosmétiques
de luxe
La créatrice de mode Stella McCartney
a créé, en 2007, Care, une gamme
de produits de beauté certifiée par Ecocert,
qui allie glamour et principes écologiques
rigoureux. Si la plupart des marques de luxe
ne vont pas aussi loin dans leur démarche,
certaines s’engagent pour un développement
plus responsable. Ainsi, Clarins allie l’achat
de matières premières à l’aide aux populations,
comme à Madagascar, avec la construction
d’écoles et la mise en place de l’accès
à l’eau potable. En Mongolie, la marque
protège 100 000 hectares de forêts boréales.
Chaque année, le Prix Clarins de la Femme
dynamisante récompense l’engagement
d’une femme qui, par le travail de son
association, redonne bonheur, espoir
et dignité aux enfants victimes de violence,
de pauvreté ou de maladie. Côté
éco-conception, Angel et Alien, de Thierry
Mugler, griffe du groupe Clarins, sont
les premiers parfums rechargeables
grâce à une fontaine sur le point de vente
ou à des recharges.
De son côté, Chanel a initié au Ladakh,
au nord de l’Inde, un projet en faveur
de la fleur d’or d’Himalaya. En collaboration
avec une ONG locale, la LSTM, la maison
veut protéger la biodiversité des plantes
médicinales locales et financer la formation
de médecins amchi (il s’agit d’une discipline
selon laquelle le patient est malade parce qu’il n’est
plus en harmonie avec son environnement
et lui-même – ndlr), dont le savoir, issu
d’une culture orale, ne se transmettait
plus. Enfin, Lancôme a imaginé, avec
Kate Winslet, son égérie, une collection
de maquillage, afin de soutenir la Golden
Hat Foundation fondée par l’actrice
britannique pour aider les enfants autistes.
L’entreprise s’est engagée à reverser
un minimum de 150 000 € à l’association
sur les bénéfices des ventes des rouges
à lèvres et autres vernis lancés, en novembre
dernier, en édition limitée.
© PHOTO : GYOME B. DOS SANTOS POUR TMP
Sensible à la cause environnementale,Thierry Mugler a fait installer, dans certains points
de vente, des fontaines permettant de recharger plusieurs de ses parfums.
36 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12

| cocooner
2 3 4
Concours
DESIGN DURABLE
Lampes, verres, fauteuils, paravents, parcs pour enfants…
tous conçus à partir d’emballages de boissons. La centaine
de dossiers reçus pour cette deuxième édition a été riche et variée.
Pas évident de sélectionner le gagnant ! Les discussions ont été
enflammées entre les membres du jury *. Prochain concours :
en novembre 2013.
1
LE GAGNANT :
MY LITTLE PET
* Le jury était composé
entre autres de personnalités,
comme Pierre Cornette
de Saint-Cyr,
le commissaire-priseur
et président du Palais
de Tokyo, Stéphane Thébault,
journaliste à France 5,
et Ora-ïto, le designer.
38 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. /JAN. 12
En partenariat design & recyclage avec cocooner |
1- Le gagnant : My Little Pet, lampe-animal
en bouteille plastique PET et bois, par Amandine
Carrato.
2- Bague-assiette pour cocktail en canettes,
par Eve Allem.
3- How Many, banc en briques alimentaires,
par Carré Noir/SISMO.
4- L’A.S.I. Cube, siège qui s’allume
lorsqu’on s’assoit dessus, en bouteilles
plastique et carton, par Jean Ballu.
5- Lustre cristal, en gobelets plastique PET,
par Stefy Kadi.
6- Paravent en canettes, par François Ivain.
7- Structural Case, coque rigide de protection d’iPhone
en bouchons plastique PET, par Dzmitry Samal.
8- Flow Metal, lavabo-urinoir pour utiliser l’eau
du lavage des mains comme chasse d’eau, en
aluminium recyclé, par Marc Beekenkamp.
9- NEST, luminaire « nids
de cigogne » en étiquettes
de Coca-Cola light et fil
de coton biologique,
par Céline Andrieu.
10- Manhattan, luminaire
en bouteilles plastique PET,
par Gaëtan Bobichon.
9
10
5
6
8
7
© PHOTOS : DR
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 39
| publi-reportage
©M. Gantner
TRUFFAUT,
une entreprise
solidaire
TRUFFAUT est le partenaire d’associations qui, par leurs
actions, améliorent la qualité de vie et le quotidien des malades.
Nos clients ont ainsi la possibilité d’offrir les points cumulés sur
leur carte fidélité à ces associations, que TRUFFAUT double, afin
de financer différents projets.
LES BLOUSES ROSES
L’association met à la
disposition des hôpitaux
et des maisons de retraite,
des bénévoles formés pour
offrir des animations variées
afin de réconforter le malade lors de son
hospitalisation ou de son séjour.
L’association est à l’écoute du patient, lui
redonne le goût d’être actif, développe sa
créativité et rompt sa solitude.
www.lesblousesroses.asso.fr
LA VOIX DE L’ENFANT
Cette association fédérative a pour but “l’écoute
et la défense de tout enfant quel qu’il soit, où qu’il
soit”. Elle initie des actions et propose des projets
pour faire évoluer la législation et les
moyens d’application, pour une
meilleure protection et défense
des enfants, en France et dans
le monde. La Voix de l’Enfant
fête, cette année, ses 30 ans !
www.lavoixdelenfant.org
PERCE-NEIGE
L’association a été
créée en 1966, à
l’initiative de Lino
VENTURA. Elle vient
en aide aux personnes
handicapées mentales et
leur permet de mieux vivre leur différence. Depuis
plus de 40 ans, Perce-Neige mène des actions
concrètes : réalisation de maisons de vie pour
accueillir les personnes handicapées mentales et
polyhandicapées, conseil et soutien auprès des
familles, interpellation des pouvoirs publics…
TRUFFAUT soutient l’association dans la création
de jardin potager au sein de ses maisons.
www.perce-neige.org
Vous aussi, avec TRUFFAUT,
soutenez ces associations en
faisant un don ou, en reversant
vos points cumulés sur
votre carte de fidélité.
RETROUVEZ TOUTES NOS ACTUS SUR TRUFFAUT.COM
avec
en partenariat
ÉCOUTEZ LA WEB RADIO NEOPLANETE.FR
ET RETROUVEZ DEUX FOIS PAR MOIS
« LA VILLE DE DEMAIN » AVEC GDF SUEZ
cocooner |
La ville de demain
Le silence est d’or !
Quand on lui parle de silence, Jean-Michel Delacomptée * pétarade
presque aussi fort que les tondeuses à gazon qu’il exècre : « C’est
scandaleux ! Le silence est devenu un privilège pour quelques happy
few ! » Heureusement, des initiatives se multiplient sans bruit.
Par Jean-Louis Caffier
Pourtant, l’histoire aurait pu être différente,
notamment dans les logements.
Dans ses Cités radieuses édifiées dans
les années 1950-1960, Le Corbusier avait
anticipé ce besoin de silence qu’il considérait
comme un droit, proposant des appartements
isolés avec des feuilles de plomb. Malheureusement,
ce ne fut pas le cas des constructions
de la période du baby-boom. « Beaucoup de
critiques dans les immeubles anciens concernent
le bruit, note Thierry Moreau, architecte de
l’agence Fendler-Seemuller. S’il est assez simple
de s’isoler du bruit extérieur en posant des doubles
vitrages, pour l’intérieur des bâtiments, c’est
plus compliqué et beaucoup plus cher. »
© PHOTO : WOJTEK GURAK
UN BRUIT QUI COURT…
Il existe deux types de son dans les appartements
: ceux des conversations ou de la télévision
et ceux sur les matériaux, comme les pas
d’un voisin du dessus sur un parquet. Et si
de nombreux diagnostics doivent être effectués
lors de la vente d’une habitation (énergie,
amiante, termites ou plomb), rien n’est prévu
pour le bruit !
Certes, les normes ont changé, et pour le neuf,
il existe une obligation d’isoler. Mais pour
Bernard Casnin, chargé de mission développement
durable à la Confédération générale
du logement, il faudrait une vision globale :
« Est-il raisonnable de construire à proximité
Cité radieuse – unité d’habitation
par Le Corbusier, à Marseille.
des grands axes ou de systématiser les façades
vitrées ? » Heureusement, on semble entendre
le message. Bruitparif, créé voilà six ans (Airparif,
il y a trente ans), mesure la nuisance sonore,
propose des solutions et va mettre en place
une méthodologie précise pour un classement
en « zones calmes » d’espaces à Paris. Les collectivités
vont devoir protéger les citoyens
pour qu’ils se ressourcent… en silence !
* Auteur de Petit éloge des amoureux du silence,
2001, Folio.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC 11/JAN. 12 | 41
| savourer
La Norvège,
couleur saumon
Très prisé des Français, le saumon norvégien est issu, dans 97 %
des cas, de fermes d’élevage. Nourriture, conditions de vie...
quel est l’impact environnemental de ces exploitations ? Direction
le sud-ouest de la Norvège, près de Bergen, deuxième ville
du pays. Par Delphine Rabasté, notre envoyée spéciale
C’est à trois heures de bateau de
Bergen que la ferme de Skredstivik,
propriété de Marine Harvest,
une entreprise d’aquaculture qui gère
un quart de la production de saumon
en Norvège, a été créée en 2003. À la surface
de l’eau flottent sept cages conçues pour ne
pas abîmer les fonds marins. Elles permettent
de ne pas capturer d’espèces sauvages
et empêchent que les saumons d’élevage,
inadaptés au milieu naturel, ne s’échappent.
D’une quinzaine de mètres de profondeur,
chacune accueille 200 000 individus. Des filets,
visant à repousser les volatiles trop curieux,
les recouvrent. « Si on réduit leurs mailles,
les oiseaux peuvent se blesser, voire se tuer,
explique Ingrid Lundamo, de Marine Harvest.
Les ONG nous le reprochent. » Des épouvantails
ont donc été posés en complément. Au centre
de surveillance adjacent où, coutume oblige,
on retire ses chaussures à l’entrée, cinq
employés gèrent l’exploitation et donnent
à manger aux saumons grâce à des tuyaux
alimentant un bras tournant installé
sur les cages.
MAIS QUE MANGENT-ILS ?
Leur nourriture ? Des granulés composés
à 40 % de protéines animales et 30 % d’huile
de poisson et de vitamines, le reste incluant
© PHOTOS : CENTRE DES PRODUITS DE LA MER DE NORVÈGE
42 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
savourer |
chez Skretting, une société qui élabore
ce type d’aliments. Les scientifiques, membres
du projet Aquamax, assurent d’ailleurs
que ces méthodes sont meilleures
pour notre santé, puisqu’elles limitent
le recours aux ressources marines souvent
polluées et pleines de dioxine ou de PCB.
Et les résultats sont au rendez-vous : moins
d’un kilo de poisson sauvage sert à produire
un kilo de saumon d’élevage.
des minéraux et des pigments, tel le carotène,
pour donner au saumon sa couleur rosée.
« Désormais, la gestion des ressources est
plus durable, constate Ole Torrissen, chercheur
à l’Institut de recherche marine. Auparavant,
les fournisseurs et les fermes ne se préoccupaient
pas que l’on intègre des poissons de fourrage
dans l’alimentation des saumons d’élevage. »
Mais, depuis peu, les producteurs de granulés
cherchent à diminuer la proportion de protéines
animales (poissons sauvages non commercialisés
ou têtes et queues de harengs, de maquereaux…)
dans la fabrication de leurs produits. « Cela
nous permet de mieux maîtriser les prix
et de réduire notre dépendance aux ressources
marines », précise Trygve Berg Lea, responsable
QUEL BILAN ?
Un bilan apprécié par les associations
comme le WWF, qui ne manquent pourtant
pas de rappeler que le changement
dans l’alimentation du saumon n’est pas
sans conséquences. Par exemple, il rejette
plus d’excréments, ce qui participe à la pollution
des eaux. D’autres problèmes associés
à l’utilisation de soja ou de tournesol
du Brésil apparaissent : réquisition de terres
agricoles pour l’élevage, lourd bilan carbone
lié au transport et risque de présence
d’OGM actuellement interdits. D’autant
que ce n’est pas le seul point
décrié par les ONG qui jugent
que la concentration
Poissons bio ou certifiés ?
En Norvège, les trois quarts des pêcheries de saumons sauvages sont
certifiées MSC (Marine Stewardship Council), label né d’un partenariat
entre WWF et Unilever en 1997, qui valorise les pratiques écologiques
et responsables. Le saumon d’élevage fait, lui, l’objet d’un projet
de labellisation Aquaculture Stewardship Council, qui tiendra compte
de l’impact environnemental des fermes. Ce label, également initié par le WWF, est déjà rejeté
par des organisations comme Fair-Fish ou World Rainforest Movement qui déplorent l’absence
de critères sur le bien-être animal et la trop grande permissivité quant à l’intégration de poissons
sauvages dans son alimentation. Et le saumon bio ? La demande augmente mais reste encore
faible. Chaque année, près de 2 000 tonnes y sont produites, et le pays espère atteindre
les 7 000 tonnes d’ici à trois ans.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 43
| savourer
du nombre d’individus dans les élevages
favorise l’apparition de poux de mer, qui sucent
le sang des poissons, ou les propagations
de virus, telles que celles qu’ont connues
les exploitations chiliennes en 2009.
Pour minimiser ces risques, des vaccins sont
administrés aux saumons lorsqu’ils sont
transvasés de l’eau douce à l’eau salée, à la fin
de leur première année. Les antibiotiques ?
Ils ne sont plus utilisés depuis la fin
des années 1990. « Certaines mesures
préventives peuvent également être adoptées,
ajoute Ole Torrissen. Comme d’implanter
les fermes près des fjords, des milieux d’eau
douce où les poux ne se développent pas,
ou d’intégrer, dans celles des vieilles communes,
des poissons qui se nourrissent des poux. »
En Norvège, les conditions d’élevage du saumon
semblent donc plutôt avantageuses
pour la planète et notre santé. De quoi
réjouir les papilles des Français qui
en consomment, chaque année, 2,3 kg
par personne et les exportateurs
norvégiens qui nous en fournissent
près de 75 %.
De nouvelles mesures
pour limiter les échappées
En 2008, la Norwegian Seafood Federation
(FHL) recensait 112 000 saumons
échappés, soit 0,04 % de la production.
Lâchés dans la nature, ils peuvent
non seulement répandre des maladies
contre lesquelles les populations sauvages
ne sont pas immunisées, mais surtout
modifier leur patrimoine génétique.
Plusieurs mesures ont donc été proposées
par la FHL : utilisation de caméras
de surveillance pour les opérations à risques,
traçage des poissons pour distinguer l’espèce
sauvage à celle d’élevage et repérer
l’entreprise responsable, renforcement
des opérations de récupération des évadés…
Les fermes d’élevage
en Norvège
Sur ses 21 000 km de côtes, la Norvège
compte six cent quarante-neuf fermes
d’élevage. En dix ans, leur nombre a
diminué de 40 %, mais leur taille a augmenté.
En cause, des licences d’exploitation
coûteuses (1 million d’euros), mais aussi
un investissement initial proche de 3,5 millions
d’euros. Le gouvernement norvégien
plafonne ainsi le nombre de licences
à neuf cent cinquante pour limiter les conflits
d’intérêts et les problèmes de pollution
engendrés par une trop grande population
de saumons.
© PHOTOS : CENTRE DES PRODUITS DE LA MER DE NORVÈGE
44 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
savourer |
Fêtes
ce qu’il vous plaît !
À l’approche de Noël et de la Saint-Sylvestre, vous rêvez
d’un réveillon savoureux, festif mais éco-responsable ? C’est
possible, car refuser l’hyperconsommation n’est pas forcément
synonyme de pauvreté dans l’assiette. Loin de là ! Par Julie Hamaïde
© PHOTOS : LINDA LOUIS - VECTORSTOCK
Vous ne voulez pas acheter des productions
industrielles ou cruelles envers
les animaux, mais vous avez envie que
votre table mette l’eau à la bouche à vos invités
? Petit tour d’horizon de ce qu’il est bon de
cuisiner pour les fêtes.
DES ENTRÉES RAISONNABLES
En hors-d’œuvre, ceux qui sont sensibles à la cause
animale refuseront de manger du foie gras.
En effet, en France, cette appellation concerne
les produits dont la préparation
inclut le gavage. À la place, on opte
pour des mousses ou pour une
petite invention parisienne baptisée
le Tofoie gras. Nous avons
rencontré son créateur, Sébastien
Kardinal, en pleine démonstration,
lors du concours Saveurs
durables, saveurs véganes.
Un peu de tofu, de la margarine,
des épices, du vin et du cognac,
et le tour est joué (retrouvez
la recette, en vidéo, sur www.neoplanete.fr).
Après deux heures de pause au réfrigérateur,
cette spécialité se déguste sur du pain frais.
Bon, d’accord, les puristes du Sud-Ouest ne
seront pas enthousiastes ! « Je n’ai pas cherché
à copier le goût exact du foie gras. L’intérêt était
Crème de châtaignes.
de créer une fusion entre notre culture gastronomique
et des produits d’origine végétale », explique
l’inventeur de la recette et co-fondateur
du site vg-zone.net
En revanche, pour les amateurs d’huîtres,
aucune restriction. Elles sont bio par nature,
soumises à des vérifications strictes sur la qualité
de l’eau dans leur zone d’élevage et excellentes
pour la santé. On les mange vivantes
et à la main, c’est meilleur ! Attention, toutefois,
à privilégier les ostréiculteurs français, car,
en période de fêtes aussi, il faut
penser local.
LE LOCAL EN [PLAT]
DE RÉSISTANCE
Que l’on choisisse de la volaille
ou du gibier, l’important est
de penser local et raisonnable.
Avant d’acheter une dinde pour
dix personnes, on recompte le
nombre de convives qui seront
présents. Si vous n’accueillez
que six ou huit invités, un chapon fermier
d’environ 2,5 kg fera l’affaire. Pour un réveillon
en petit comité, à quatre, on préférera une pintade
fermière de 1,3 kg, à la chair goûteuse et
ferme. Lorsque vous ferez vos courses, privilégiez
les certifications, comme le Label Rouge
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11
11/JAN.
12
12 | 45
| savourer
Le Tofoie gras
Une recette réalisée par Sébastien Kardinal
Préparation : 15 min
Temps de pause : 1 à 2 heures
INGRÉDIENTS (pour 6 personnes)
• 200 g de tofu fumé (Tossolia) • 60 g de margarine
végétale bio (Soma ou Vitaquell) • 5 cl de vin blanc
bio (chardonnay, Domaine Costeplane) • 3 cl
de cognac bio (S.C.E.A. Brard Blanchard) • 2 g
de mélange quatre épices • 3 g de poudre de cèpes
• 2 g de poivre noir de Penja (de l’Épicerie de Bruno
ou chez Terre Exotique) • 2 g de sel non-raffiné
• 1 cuillère à soupe d’huile d’olive à la truffe
(Oliviers & Co) • 3 g d’agar-agar en poudre
• 20 cl de lait de soja nature bio
PRÉPARATION
• Mixez le tofu fumé dans le récipient du mixeur
plongeant, jusqu’à ce qu’il soit crémeux. Ajoutez
la margarine et incorporez-la soigneusement au tofu
(toujours avec le mixeur).
• Assaisonnez avec le mélange quatre épices,
le sel et le poivre. Délayez et mixez le tout avec
le vin blanc. Réservez.
• Dans une casserole, mélangez le lait de soja
avec le cognac, la poudre de cèpes et l’agar-agar
en fouettant vigoureusement, afi n qu’il ne reste
aucune particule de poudre. Portez à ébullition,
sans cesser de tourner, et laissez bouillir pendant
1 minute.
• Versez le liquide encore chaud dans le récipient
où se trouve la préparation du tofu. Ajoutez
l’huile d’olive à la truffe et mixez de nouveau
pour obtenir une texture bien homogène.
• Versez la préparation dans un moule et laissez
fi ger au frais durant 1 à 2 heures.
© PHOTOS : LAURA VEGANPOWER - VECTORSTOCK
@ SUR
DÉCOUVREZ LA RECETTE DU TOFOIE GRAS EN VIDÉO
WWW.NEOPLANETE.FR RUBRIQUE « SAVOURER »
qui garantit un élevage en France, en plein
air et de longue durée. Et si vous achetez
une volaille entière, pensez à garder le foie,
le gésier et le cœur, pour réaliser la farce
et éviter ainsi tout gaspillage. Les mordus
de viande rouge, eux, se régaleront avec
du gibier commandé au préalable chez le boucher.
Par exemple, le sanglier offre de nombreux
atouts et nous rappelle les festins
gaulois. Chassé durant une période réglementée
par département, cet animal n’est pas
une espèce menacée.
Du côté des produits de la mer, on favorise
la proximité du producteur au consommateur.
Dans les supermarchés, attention aux poissons
qui restent plusieurs jours sur les étals,
et que l’on asperge d’eau pour leur redonner
de la brillance. Et cette année, exit le homard
qui hiberne à partir de la mi-novembre, lorsqu’il
ne souffre pas en cuisine après avoir
été placé avec ses congénères qui se grignotent
entre eux.
Quant à la garniture, les légumes de saison
accompagneront parfaitement vos plats. On profite
des lendemains de jours de pluie pour
cueillir ses propres champignons en forêt,
toujours dans les zones autorisées. À l’instar
de Linda Louis, auteur de L’Appel gourmand
de la forêt, on ravit le palais de ses invités
avec des recettes saines et savoureuses,
comme les gâteaux de pommes de terre
aux coulemelles ou l’épeautre aux carottes
et aux chanterelles façon risotto.
DES FROMAGES AOC ET BIO,
COMME SUR UN PLATEAU
On se rue sur les fromages labellisés non
seulement AOC, mais aussi bio. En effet, si
l’Appellation d’origine contrôlée atteste de
la qualité d’un produit en fonction de son origine
géographique, elle n’inclut pas forcément
des critères environnementaux. Pourtant, cer-
46 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11
11/JAN.
12
savourer |
© PHOTOS : ZOLAKOMA/FLICKR - GEORGES LAVAL
tains producteurs AOC ont tout intérêt à préserver
leur territoire, via des limites de chargement
à l’hectare ou la préservation des pâtures
qui ont une incidence sur la qualité du fromage.
La certification bio, elle, tient compte d’un cahier
des charges strict qui exclut l’utilisation d’engrais
chimiques, de pesticides ou d’OGM. « Elle prend
aussi en compte le certain respect du bien-être
animal et un usage encadré des médicaments »,
commente Marie-Lise Molinier, directrice
adjointe de l’Inao, l’Institut national de l’origine
et de la qualité.
LES BÛCHES BIO,
ÇA EXISTE ?
Pas facile de trouver des desserts écoresponsables
: la plupart des marques qui
les fabriquent font partie de la liste rouge
établie par Greenpeace en 2008, telles que
Ferrero, Côte d’Or, Lindt, Häagen-Dazs,
Brossard ou encore Danone. Faute de traçabilité,
impossible de savoir d’où nent les ingrédients des bûches glacées.
Du côté des chocolatiers, une seule cer-
vientification
exige une production sans pesticides,
engrais chimiques ou OGM, celle
de Max Havelaar. Du coup, là encore,
il est préférable de fondre pour des chocolats,
des glaces ou des confiseries
issus de l’agriculture biologique, certifiés
AB. Le mieux reste donc le fait maison.
On opte pour la crème de châtaignes, que
l’on peut conserver pendant six mois ou engloutir
en une seule soirée. Et, bien sûr, une fois
les festivités terminées, on n’oublie pas de trier
et de composter !
ÇA PÉTILLE !
Vincent Laval, président de l’AIVABC
(Association interprofessionnelle des vins
de l’agriculture bio de Champagne), nous décrit
le procédé de fabrication du champagne bio,
conçu dès les années 1970 : « L’idée était
de ne pas détruire le sol, de ne pas épuiser
les ressources en eau, de respecter la plante
et le produit. Le champagne doit être issu
de raisins certifiés bio. S’il n’existe aucune
règle en la matière, la vinification ne doit
pas altérer trop le produit. Cette production
permet non seulement d’avoir des ceps
non dopés, des arômes plus prononcés,
mais aussi de créer des emplois, car il y a
plus de travail dans la vigne et une plus
grande prise de risques. »
Benoît Lahaye (coup de cœur Gault&Millau
2010) – Pierre Larmandier-Bernier (excellente
cuvée Terre de Vertus) – Georges Laval
(coup de cœur de Terre de Vins novembre 2011
et du Migliori 99 Maison di Champagne 2011
en Italie…) – David Leclapart (excellente cuvée
L’Apôtre) – Vouette & Sorbée (coup de cœur
du
Migliori 99 Maison di Champagne 2011
en Italie).
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN.
12 | 47
| savourer
@
SUR
Paroles
INTERVIEW DU BOULANGER ERIC KAYSER
WWW.NEOPLANETE.FR RUBRIQUE « SAVOURER »
de chefs
Ils sont de plus en plus attentifs à proposer des plats
respectueux de l’environnement. Voici leurs conseils
pour vos repas de fêtes. Par Julie Hamaïde
L’ANTICIPATION
de Patrick
Bertron
« Préparer un repas de fête
écolo, c’est s’embêter davantage
certes, mais c’est aussi mettre
quelque chose d’intéressant
dans son assiette », confie
Patrick Bertron, le chef trois étoiles du Relais
Bernard-Loiseau. Vous repérez sur votre marché
la petite dame qui fait des volailles et vous passez
votre commande. Vous en profitez également
pour acheter des châtaignes des Cévennes,
un produit sauvage. Et, en attendant Noël,
vous occupez votre soirée à les décortiquer
devant la télé. Prendre de l’avance permet
d’être dans une vraie réflexion. Lorsque
vous poserez votre chapon sur la table,
et que vous pourrez expliquer à vos invités
d’où il vient et comment il a été élevé, le repas
prendra une tout autre saveur. Quand on observe
les yeux pétillants de ses convives, on oublie
le prix de cette volaille vendue en grande
surface à 8 euros. On est fier de ce que
l’on propose et on a envie de le transmettre.
Parce que manger bon, c’est l’essence
de la vie.
LE PAIN
d’Éric Kayser
Éric Kayser, fondateur des boulangeries
du même nom, explique quelle variété
de pain sélectionner
en fonction
du menu :
« J’aime le bio
et l’agriculture
contrôlée. Pour nous,
utiliser des produits
de saison est très
important. L’hiver,
les gens mangent
des pains à la mie
de plus en plus
foncée. À Noël, par exemple, ils adorent
celui au marron, et ce sera bientôt l’époque
du pain d’épice. Si on choisit bien son pain,
on consomme moins de choses lourdes
à côté. Le pain à tourte, à la farine
de meule, est parfait avec du saumon
ou du fois gras, tout comme celui
aux figues. Celui au sarrasin, quant à lui,
accompagnera idéalement les poissons.
Il faut servir le pain qui correspond
au plat proposé. »
© PHOTOS : P. SHAFF - THIERRY SAMUEL - VECTORSTOCK
48 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
savourer |
© PHOTOS : VECTORSTOCK - DR
LES PRODUITS DE LA MER
d’Olivier Roellinger
Le vice-président des Relais & Châteaux
et propriétaire des Maisons de Bricourt,
à Cancale, est né au milieu des pêcheurs.
Son objectif : sensibiliser les chefs
aux techniques de pêche, aux stocks
en perdition et à la saisonnalité
des produits de la mer. « À Noël,
on mange des huîtres ou des coquilles
Saint-Jacques, conseille-t-il. On les choisit
fraîches et en coquille ; pas besoin
qu’elles soient coraillées ; au contraire,
puisque le corail est signe de reproduction.
Et surtout pas de homard. Si l’on veut
consommer des protéines de la mer,
on les cherche dans les algues. Par exemple,
une vinaigrette aux algues, c’est délicieux
avec des petites pommes de terre.
Pas de surimi non plus. C’est un poisson
pêché, massacré et trituré en pâte,
à laquelle on a ajouté des arômes
et des colorants de synthèse. Il faut
plutôt privilégier des espèces peu
connues, tel le chinchard à queue jaune
considéré comme le meilleur poisson
cru par les Japonais. On peut le cuisiner
en tartare, à la place du saumon, c’est
très bon. »
LES PRODUITS
DE SAISON
de Patrick Druart
Patrick Druart, directeur
d’exploitation de Virgin Café,
est passé des fourneaux
à la direction de l’enseigne
pour sauvegarder les produits.
Une démarche qui passe
par des choix, notamment celui
de la saisonnalité.
« Nous,
on boucle nos cartes en fonction
des produits et des arrivages
qui changent chaque semaine.
Pour décembre, on connaîtra
les tendances à la mi-novembre.
Ce qui compte, ce n’est pas
de dresser une grand liste,
mais de voir ce qui se profile »,
déclare le chef.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 49
| savourer
Véritable or noir du luxe, il est particulièrement apprécié des Français : notre pays occupe
le deuxième rang mondial des importateurs de caviar Beluga, avec 11 % des ventes mondiales.
Le caviar est issu de l’esturgeon, l’un des plus grands et plus anciens poissons de la planète,
Cuisine de saison
considéré comme un fossile vivant car il a survécu à l’époque
des dinosaures. Or, face à une consommation grandissante,
CAVIAR cette espèce est aujourd’hui en voie de disparition. La mer Caspienne,
où est récolté 90 % du caviar sauvage, connaît une situation préoccupante, avec une surexploitation
des stocks, doublée d’une intensification du braconnage et du commerce illicite – 90 % du caviar
écoulé en France viendrait de la contrebande.
Heureusement, depuis 2009, les exportations de caviar de la mer Caspienne sont interdites.
Mieux vaut donc opter pour celui d’élevage, que l’on trouve même en Gironde et en Dordogne. Il est
donc possible de consommer du caviar local… et même
éco-responsable ! La société Caviar des Pyrénées
le propose sans OGM et respectueux des règles
de la pisciculture bio (l’entreprise est en cours
de certification).
LES SUPERMARCHÉS
ANGLAIS ONT EU
LES FOIES
LES CHEFS ÉTOILÉS
montrent l’exemple
Marc Veyrat, qui a obtenu à deux reprises
trois étoiles au Michelin, propose des plats
à base de plantes sauvages dans son restaurant
La Nouvelle Maison de Marc Veyrat, sur le lac
d’Annecy. Alain Passard, chef étoilé du restaurant
parisien l’Arpège, a rayé la viande rouge
de ses menus et laisse la part belle
aux légumes, pour la plupart cultivés
dans son potager bio de la Sarthe.
Quant à Gaël Orieux, chef
du restaurant Auguste à Paris,
il est le parrain de la campagne
européenne Mr. Goodfish qui
met en avant, via les pêcheurs,
les poissonniers et les restaurateurs,
les produits respectueux de la mer
et de la biodiversité marine.
De Sainsbury’s à Tesco,
un nombre croissant d’enseignes
alimentaires britanniques ont retiré
le foie gras de leurs rayons, après la pression
exercée par quelques stars militantes
qui refusent la cruauté du gavage. Même
le très chic magasin Selfridges, sur Oxford
Street, oh my God ! Sentant le vent tourner,
Waitrose, spécialisée dans l’alimentation
haut de gamme, commercialise
du « faux gras », une alternative
éthique au foie gras traditionnel.
Fabriqué avec des foies
de poulets (élevés
en plein air) et de
la graisse de canard,
ce produit a vu ses ventes
progresser de près de 60 %,
en 2009, dans les supermarchés
de la chaîne.
50 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
savourer |
Une recette de saison
L’ŒUF AU CAVIAR
Préparation : 15 min – Cuisson : 3 min
INGRÉDIENTS (pour 5 personnes)
• 12 gros œufs bio • 125 g de caviar français
• 75 g de farine bio • 30 g de farine de sarrasin
• 5 g de sel • 5 g de sucre • 12 cl de lait
demi-écrémé • 5 g de levure de boulanger
© PHOTOS : JLPPA - ANAXOLOTI/FLICKR - DIMITRIDF/FLICKR - VECTORSTOCK - DR
PRÉPARATION DE LA PÂTE
À BLINIS
• Délayez la levure de boulanger dans le lait.
Ajoutez deux jaunes d’œuf. Remuez.
• À part, mélangez les deux farines, le sel
et le sucre et incorporez rapidement
cette préparation au mélange précédent.
• Laissez reposer la pâte entre douze
et vingt-quatre heures dans un grand
récipient, pour la faire lever.
PRÉPARATION DES ŒUFS
• Faites bouillir de l’eau avec du sel, puis
mettez-y les dix œufs. Portez à ébullition
pendant cinq à six minutes, de façon à obtenir
des œufs mollets. Faites refroidir dans de l’eau
glacée.
• Écalez les œufs. Roulez-les dans la farine,
puis enrobez-les de pâte à blinis. Plongez-les
un à un, à l’aide d’une cuillère, dans une friteuse
à 180 °C, juste le temps de la coloration,
environ deux minutes.
PRÉSENTATION
• Posez deux œufs sur une tranche de pain
de mie toasté. dans chaque assiette.
• Retirez le haut de chaque œuf et déposez-y
12,5 g de caviar Baeri.
ON EN PINCE
pour le homard durable !
Marine Stewardship Council (MSC), le programme de
certification et d’éco-labellisation qui reconnaît
et valorise la pêche durable, vient de certifier
la pêcherie de homard du Cotentin et de Jersey.
Cette entreprise artisanale, partagée entre Jersey
et la Basse-Normandie, compte quelque cent
trente navires qui capturent le crustacé au casier.
Ce sont entre 280 à 290 tonnes de homards qui sont
débarqués tous les ans. Ce produit exceptionnel par sa qualité est
désormais reconnu pour sa durabilité.
Pour en savoir plus : www.mescoursespourlaplanete.com
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 51
| bouger
Les nouveaux carrosses
Les véhicules respectueux de l’environnement sont souvent
une vitrine technologique pour les constructeurs. À l’occasion
de ce numéro consacré au luxe, Néoplanète s’est intéressé
à plusieurs modèles représentatifs de la tendance. L’expression
« voiture de luxe écolo » n’est plus tout à fait un oxymore.
Par Jérémi Michaux
La Karma de Fisker est très appréciée
des stars américaines.
Étonnamment, la France n’est pas absente
de ce marché des automobiles vertes
haut de gamme grâce à une grand-mère
de plus de 70 ans : la Licorne de Mildé-Kriéger
construite par un petit fabricant de la région
parisienne, spécialisé dans les véhicules électriques…
d’avant-guerre. Avec le moteur à combustion,
se déplacer à la force de l’électron était
déjà l’une des deux solutions les plus prometteuses
à la fin du XIX e siècle. De nombreuses
voitures de série fonctionnaient avec des batteries,
depuis le premier modèle du genre, la
Phaeton de Jeantaud en 1894. En Angleterre,
les laitiers et les postiers, qui devaient s’arrêter
fréquemment lors de leurs tournées, privilégiaient
ce mode de transport en raison de
son côté pratique. Et il n’y a pas si longtemps
encore, dans les années 1960, des bus
électriques circulaient tout autour des aéroports
parisiens.
Après la Seconde Guerre mondiale, la production
de véhicules à essence explose au détriment
des voitures électriques. Raisons invoquées
: le manque d’autonomie de ces dernières
et l’impossibilité de recharger rapidement
leurs batteries. Un choix dont nous subissons,
à présent, les conséquences avec les bouleversements
liés aux gaz à effet de serre et,
notamment, le fameux CO 2
que dégagent
nos chères autos.
L’ÉLECTRIQUE DE NOUVEAU
DANS LA COURSE
C’est en partie grâce à la prise de conscience
des consommateurs que les voitures propres
ont commencé à repointer le bout de leur
calandre il y a dix ans, avec un prototype
hybride, la Prius de Toyota. Devant son succès
– 2,5 millions d’exemplaires vendus – et, surtout,
à cause de la crise économique et de
52 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
bouger |
la hausse du prix du carburant, la plupart des
constructeurs proposent aujourd’hui un modèle
vert dans leurs gammes. Les véhicules de luxe,
eux, rejettent souvent deux, trois, voire quatre
fois plus de GAS (gaz à effet de serre) que
les voitures de tourisme de M. et Mme Toutle-Monde.
Alors, si ce n’est pas encore demain
qu’on verra une Rolls-Royce électrique ou
une Ferrari à hydrogène, ce sera sûrement
pour après-demain, car plusieurs de leurs prestigieux
concurrents planchent sur le concept.
© PHOTOS : FISKER - DR
UN SECTEUR EN VITESSE
DE CROISIÈRE
Certains de ces fabricants commercialisent
des modèles qui complètent leurs gammes
thermiques, comme Porsche ou Mercedes,
alors que d’autres misent sur les voitures zéro
émission, tels que Fisker ou Tesla. Les technologies
développées par leurs ingénieurs sont
novatrices. Par exemple, les distances avant
le rechargement, le point faible des électriques,
atteignent maintenant les 500 km d’autonomie.
Les hybrides, elles, combinent soit une propulsion
électrique associée à un moteur classique,
soit une thermique qui recharge les batteries
du moteur à électrons.
La dernière des technologies vertes est celle
de l’hydrogène : ce gaz est transformé en électricité
et ne rejette… que de la vapeur d’eau.
Pour l’heure, aucun véhicule de ce type n’est
disponible à la vente. En revanche, il est possible
de les louer. Et si les voitures vertes ont
le vent en poupe, se pose déjà le problème de
la production des sources primaires d’énergies
qu’elles utilisent, mais ça, c’est encore une tout
autre histoire.
Plus d’infos sur le site de l’Ina, www.ina.fr, avec le reportage
intitulé À quand la voiture électrique ?
LA LICORNE
DE MILDÉ-KRIÉGER :
LA DOYENNE
À votre avis, depuis quand la voiture
électrique existe-t-elle ? Près de cent
cinquante ans. Louis Kriéger et Charles
Mildé, deux ingénieurs, construisaient
déjà des fiacres électriques à la fin
du XIX e siècle, avant de concevoir
et d’industrialiser un prototype haut
de gamme tout électrique. Baptisé
La Licorne, ce modèle atteignait
90 km/h, pour une autonomie de 90 km.
Plus de cent exemplaires sont sortis
de l’usine de Courbevoie, de 1941
à juillet 1942, date à laquelle l’occupant
allemand a interdit toute fabrication
automobile française. À la Libération,
les voitures à essence prirent peu à peu
le pas sur leurs rivales qui disparurent
totalement de la circulation.
Affiche d’époque
de la Mildé-Kriéger
1943.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 53
| bouger
LA PORSCHE PANAMERA S
HYBRID : LA PLUS TECHNOLOGIQUE
Avec son moteur électrique de 47 chevaux qui
marche en tout électrique jusqu’à 80 km/h,
la Porsche Panamera mise sur le sport confort.
Grosse innovation dans l’automobile, le mode
croisière désactive le moteur thermique
de 333 chevaux et met le véhicule en roues
libres sur autoroute, lorsque la vitesse est
stabilisée. Ses autres fonctionnalités ? Le Start
and Stop et la récupération d’énergie
au freinage. L’aluminium, utilisé pour le châssis,
allège son poids. Ce modèle revendique
une consommation d’essence de 7,6 l, ce qui le place à peu près au niveau de la Mégane R.S.,
la plus puissante des Renault qui, elle, « n’est dotée » que de 265 chevaux. Certes,la Porsche
Panamera S Hybrid coûte beaucoup plus cher (environ 106 000 euros) quela Toyota Prius
(22 985 euros), mais elle est trois fois plus performante. On mesure les progrès accomplis
par le constructeur allemand, les rejets de CO 2
étant stabilisésen dessous de 170 g/km
par une kyrielle de technologies. À son volant, vous n’aurez pas de bonus écologique,
mais vous émettrez 84 g de moins, à puissance égale, que la version essence.
LA S DE TESLA : LA SPORTIVE FAMILIALE
Fabriquée aux États-Unis, la S est l’un des fers de lance de la production automobile verte,
tant par ses performances que par ses solutions techniques. Cette sportive familiale transportera
jusqu’à sept personnes et passera de 0 à 100 km/h en 5 secondes environ, ce qui n’est
pas vraiment adapté à des vacances tranquilles en famille ! Il sera possible de la recharger
en quarante-cinq minutes à des bornes rapides. L’alliance du bloc batteries, qui sont installées
sous le plancher, et de la structure de la carrosserie permet de garantir la stabilité du véhicule.
Commercialisée en 2012, la S doit relancer Tesla, le premier constructeur mondial de voitures
électriques, qui a reçu une subvention de 465 millions de dollars du gouvernement Obama,
à l’occasion du plan de sauvetage du secteur. Pour ce fabricant, le futur sera vert ou ne sera pas.
Ce modèle offre hautes
performances et solutions
techniques novatrices.
54 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
bouger |
LA MITSUOKA HIMIKO : L’AUTONOME
Elle détient un record d’autonomie en tout électrique réalisé sur circuit : avec un départ,
un matin, à 8 h, la Mitsuoka Himiko ne s’est arrêtée ensuite que pour changer de conducteur
et a roulé jusqu’à 19 h, après avoir parcouru 587 km. En décomptant les arrêts techniques,
la vitesse moyenne a été établie à 55 km/h. Le châssis, qui a été rallongé, s’inspire d’une cousine
thermique, la Mazda MX-5. Les batteries et le petit moteur de 80 chevaux sont disponibles
dans le commerce. Cette reine japonaise prouve que les grands constructeurs mondiaux
n’ont pas le monopole de la voiture électrique, puisqu’elle
a été conçue par une petite équipe de chercheurs
de la firme nipponne.
Le compteur de vitesses
de l’Himiko de TGMY.
LA CONCEPT-ONE DE RIMAC : LA SURPUISSANTE
Voici sans doute la supercar électrique la moins écolo qui soit. Sur le papier, ses performances
en attestent : 305 km/h de vitesse de pointe, le 0 à 100 km/h en moins de 2,8 secondes,
mieux que la plus puissante des Ferrari jamais construites, la 599 GTO qui, elle,
dépasse les trois secondes. Pour en arriver à une telle débauche d’énergie,
chacune de ses roues possède son propre moteur (soit un total de 1 088 chevaux).
Plus étonnant : une autonomie annoncée de plus de 600 km.
Le prix de ce concept-car reste à déterminer, mais déjà
deux riches clients d’Abu Dhabi auraient
signé un chèque d’acompte.
© PHOTOS : PORSCHE - TESLA - TGMI/DR - RIMAC
Cette voiture rivaliserait
avec la plus
puissante
des Ferrari.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 55
| bouger
LA FISKER KARMA :
LA VÉGÉTALIENNE
L’intérieur de ce véhicule est « animal free »,
ce qui signifie qu’aucun cuir n’est utilisé.
Un argument très apprécié des stars
américaines. C’est aussi le cas de la majorité
des modèles de luxe qui se vendent
Outre-Atlantique. Même Mercedes
et ses déclinaisons AMG réputées
hyper-sport présentent des versions
végétaliennes habillées d’étoffes précieuses.
Grâce au moteur électrique, la consommation
serait de 3,5 l/100 km pour seulement
83 g/km de CO 2
. L’autonomie atteint environ
80 km en mode électrique pur, auxquels
s’ajoutent 400 km dès que le moteur
essence prend le relais pour entraîner
les roues. Et la recharge complète
des batteries réclame six heures
sur une prise classique de 220 volts.
L’intérieur de la Fisker est « animal free »,
c’est-à-dire sans cuir.
CIEL DE CADILLAC : LA PLUS IMPROBABLE
Ce cabriolet est un paradoxe roulant, tant son design extérieur, inspiré des modèles
de la marque des années 1960, ne laisse pas deviner qu’il abrite un petit cœur vert.
Son moteur électrique lui permet de rouler plusieurs kilomètres sans démarrage
du bloc à essence et de revendiquer le statut très recherché
d’hybride. C’est l’une des voitures de luxe les plus écologiques
du marché, et sa batterie au lithium fait entrer
la marque centenaire dans le XXI e siècle.
La Ciel mesure tout de même 5,17 m,
montée sur des jantes de 22 pouces,
que ne renierait aucun fan de tuning.
Quant à la puissance maximale,
elle culmine à 425 chevaux,
essentiellement fournis par la partie
thermique du bloc propulseur. Toutefois,
vu le poids de la bête qui dépasse les deux tonnes,
on se demande si le moteur électrique n’est pas uniquement une caution écologique.
Pour l’instant, l’engin n’est qu’un concept, mais les réactions positives lors de sa présentation
présagent d’un modèle de série probablement plus sage et, surtout, plus green.
© PHOTOS : FISKER - CADILLAC
56 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12

| voyager
L’Islande
Aux portes du monde
Le luxe d’aujourd’hui n’est-il pas la nature elle-même ? Une nature
en danger et pourtant si belle, dont les extraordinaires beautés
sont sublimées en Islande, berceau du monde. Le photographe
Olivier Grunewald nous les montre dans un livre magnifique qui
retrace l’histoire de l’île, sa colonisation et ses épisodes volcaniques.
En voici quelques extraits. Par Daphné Victor
« Chute de Gluggafoss, dans l’arrière-pays
de la petite ville d’Hella, dans le sud de l’Islande. »
ISLANDE,
L’ÎLE INACHEVÉE
Photographies
d’Olivier Grunewald
Textes de Bernadette
Gilbertas,
Éditions
de la Martinière,
45 €.
© PHOTOS : OLIVIER GRUNEWALD
58 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
voyager |
« Cône Hatffel […] Un des nombreux
reliefs volcaniques qui jalonnent les bords
de la vallée de la Markarfjot. »
« La chaleur du soleil a chassé l’humidité
et recommence son travail de sape. »
« Au-dessus de la vallée
de Thorsmork, les torrents
de lave empruntent les vallées
et les ravines, pulvérisant
dans les airs l’eau de la rivière
Hvannargil. »
« Sous le jaillissement d’une colonne de vapeur,
une énorme cloche bleue se forme, enfle et éclate
pour se vaporiser instantanément. »
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 59
| voyager
destinations de rêve
Installés dans les plus beaux endroits de la planète, les palaces
ne jouent pas tous la carte du bling-bling pour attirer une clientèle
de plus en plus sensible à la cause environnementale. Voici quelques
exemples de démarches engagées. Par Émilie Villeneuve
JE ME RESSOURCE AUX MALDIVES
Le Soneva Fushi by Six Senses, installé sur l’île
de Kunfunadhoo, a été créé par deux férus
d’écologie qui croient en un « luxe intelligent »
au plus près de la nature. Les déchets, selon
leur type, nourrissent les poissons, sont détruits
par un incinérateur ou partent par bateau
dans une île destinée à la collecte des détritus.
Le reste non plus n’a pas été laissé au hasard :
potager bio, panneaux solaires et même
usine de dessalement de l’eau ! Des initiatives
d’autant plus courageuses que l’archipel
risque de devenir un simple souvenir
dans les prochaines décennies, à cause
du réchauffement climatique.
Plus d’infos sur www.sixsenses.com/soneva-fushi/
J’OBSERVE LES KOALAS
EN AUSTRALIE
Dans la région des Montagnes Bleues, le Wolgan
Valley Resort & Spa est carbon neutral. Avec
son centre thermal et sa quarantaine de suites,
il occupe moins de 2 % de la superficie totale
des 1 600 hectares de terres, autrefois ravagées
par l’élevage. Emirates travaille à réintroduire
des espèces animales menacées, comme le koala
ou le chat marsupial à queue tachetée. L’habitat
n’a pas été oublié : matériaux locaux naturels
et recyclés, échangeurs de chaleur pour réduire
la consommation d’électricité, recyclage des eaux
grises, panneaux solaires…
Plus d’infos sur www.wolganvalley.com
© PHOTOS : RUSSEL FRIEDMAN - SIX SENSES RESORTS 2 SPAS/KIATTIPONG PANCHEE
- VFM/LEONARDO TEAM INC. ALL RIGHTS RESERVED
60 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
voyager |
© PHOTOS : RELAIS & CHÂTEAUX/OLIVIER MAYNARD - FOUQUET’S BARRIERE
JE NE MANGE PAS DE POISSONS
MENACÉS DANS LES RELAIS
& CHÂTEAUX
En Europe, la moitié des produits de la mer
sont consommés dans les restaurants.
D’où l’importance de l’engagement
des chefs. La plupart des cuisiniers des Relais
& Châteaux, tels les frères Pourcel
à Montpellier, se sont engagés, depuis 2010,
pour « la sauvegarde du plus grand garde-manger
de l’humanité : la mer », en ne servant
plus d’espèces menacées et en gérant
leur approvisionnement (stock en bon état,
taille de maturité sexuelle atteinte, technique
de pêche respectueuse de l’environnement).
Ils communiquent aussi leurs choix
auprès des clients (origine des espèces
proposées…). Et avec l’ONG Alliance
Produits de la mer (Seafood Choices
Alliance), ils aident tous les acteurs
de la filière (des pêcheurs et aquaculteurs
aux transformateurs, distributeurs, détaillants,
chefs et restaurateurs) à rendre le marché
durable.
Le Jardin des Sens – Hôtel**** & Restaurant,
11, avenue Saint-Lazare, 34000 Montpellier.
Tél. : 04 99 58 38 38.
Plus d’infos sur www.jardindessens.com
JE M’INITIE AU LUXE
RESPECTABLE © AU FOUQUET’S
BARRIÈRE
Le Fouquet’s Barrière, créateur du Luxe
respectable © , est le premier palace français
à avoir décroché la triple certification
pour la qualité de service, l’engagement
environnemental et la responsabilité sociale.
Il est aussi le premier hôtel en Europe à obtenir
la certification Leading Green, appelée Luxury
Eco Certification Standard. Votre séjour
éco-friendly en sera d’autant plus responsable
que l’établissement a pensé à ces petits gestes
verts qui font la différence à Paris. En plus
de la formation de ses collaborateurs
aux pratiques éco-citoyennes, du recyclage
des déchets organiques, de la récupération
des eaux de pluie, en passant par l’arrosage
du jardin, le Fouquet’s propose des mets bio
et des jus de fruits provenant du commerce
équitable. Il finance également le reboisement
de la forêt des Landes, grâce au bénéfice
des ventes de la cuvée Fouquet’s. Le comble
du luxe cinq étoiles ? Boire du champagne Pop
Earth, issu de l’agriculture raisonnée, avant
de se rendre à un rendez-vous au volant
de son Roadster Tesla électrique rechargé
grâce à la borne. Pas de voiture ? Des taxis
hybrides Neo Cab sont à disposition. So chic !
Hôtel Fouquet’s Barrière*****
46, avenue George-V, 75008 Paris.
Tél. : 01 40 69 60 00.
Plus d’infos sur www.fouquets-barriere.com
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 61
| voyager
JE HUME L’AIR PUR
DES GLACIERS À CHAMONIX
Premier hôtel de France à avoir obtenu
la double certification Ecolabel et Green
Globe, Le Morgane a été pensé
pour afficher un bilan énergétique nul.
Ce cocon de bois et de feutre, situé
face au mont Blanc, a été rénové
avec des matériaux naturels et locaux.
Les salles de bains ont été équipées
d’aérateurs hydro-économes pour limiter
le gaspillage, les espèces locales sont
entretenues sans engrais ni désherbants
artificiels, des panneaux solaires, couvrant
près d’un quart des besoins annuels
en eau chaude, ont été installés…
Sans oublier un séparateur de graisses
en sortie de cuisine, qui recueille et traite
les graisses ou les huiles de cuisson, afin
d’éviter de polluer le réseau d’eaux usées !
Et l’établissement s’est engagé à compenser
ses émissions de gaz à effet de serre
à hauteur de 20 000 euros
par an, en finançant
une centrale hydroélectrique
en Himalaya.
Hôtel Le Morgane****
145, avenue
de l’Aiguille-du-Midi,
74400 Chamonix Mont-Blanc.
Tél. : 04 50 53 57 15.
Plus d’infos sur www.morganehotel-chamonix.com
JE ME PRENDS
POUR ROBINSON CRUSOÉ
AUX SEYCHELLES
Laissée à l’abandon au milieu des années 1970
après l’effondrement de l’industrie de la noix
de coco, North Island a été envahie
par de nombreuses espèces animales
et végétales qui ont fait disparaître les plantes
indigènes, les oiseaux et les marais. Pour restaurer
ce paradis tel qu’il était à l’origine, des biologistes
remplacent progressivement la faune et la flore
introduites par l’homme par des espèces
endémiques, telles que la tortue géante,
le rouge-gorge des Seychelles ou l’arbre coco
de mer. Attention, la règle « On regarde,
mais on ne touche pas » s’applique ici !
Ni lumière forte, ni feu de camp sur la plage
pour préserver les tortues ! Les onze villas
de l’hôtel North Island s’intègrent à ce paysage
naturel, grâce, notamment, aux matériaux
qui proviennent de l’île même, comme le bois,
la pierre naturelle et le roseau. Quant à l’eau,
elle est collectée et traitée
dans une station d’épuration.
Bref, j’arche de Noé version
moderne.
Plus d’infos sur www.north-island.com
© PHOTOS : JF. RAMBERT - MIKE MYERS - ANDREW HOWARD
62 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
voyager |
© PHOTOS :ÉVIAN RESORT/J.N. REICHEL - CONCORDE HÔTELS & RESORTS
JE PRENDS UN BON
BOL D’AIR À ÉVIAN
Face au lac Léman et aux Alpes, l’Évian Resort,
qui comprend deux hôtels (Hôtel Royal
et Hôtel Ermitage), a été le premier en Europe
à se voir décerner le label EVE ® .
Cette récompense reconnaît les bonnes
pratiques de gestion mises en œuvre
par les équipes des espaces verts et la politique
du palace en matière de développement
durable. La démarche du complexe de luxe
va, cette année, plus loin en s’associant
à EarthCheck, le leader de la certification
dans le domaine du
tourisme responsable
(connu sous le nom
de Green Globe
jusqu’en 2009).
Pour cela, l’Évian
Resort EarthCheck
devra répondre
à des exigences
dans huit domaines,
dont la politique
de développement
durable et l’engagement
auprès des communautés
locales. Le jardin japonais et les mosaïques
florales en seront d’autant plus beaux au milieu
du magnifique parc de 19 hectares.
Évian Resort*****, Rive Sud du Lac de Genève,
74501 Évian-les-Bains. Tél. : 04 50 26 85 00.
Plus d’infos sur www.evianroyalresort.com
JE PRENDS SOIN DE MOI
AVEC DES COSMÉTIQUES BIO
Le groupe Concorde Hôtels & Resorts,
qui compte cinq établissements * ayant
décroché le label Green Globe, propose
des produits de beauté 100 % bio et certifiés
Ecocert et Cosmébio. Cette gamme
AG Organic Line, de la maison de haute
parfumerie Annick Goutal, est disponible,
entre autres, au Martinez et au Palais
de la Méditerranée. L’organisation Green
Globe délivre sa certification aux entreprises
qui ont une vraie démarche en matière
de développement
durable. Quarante
et un critères
fondamentaux
sont nécessaires
pour l’obtenir,
dont 70 % sont dédiés
à l’environnement,
20 % au social
et 10 % à la culture.
Une certification
qui doit être relevée,
chaque année,
de cinq points.
Hôtel Martinez*****, 73, La Croisette,
06400 Cannes. Tél. : 04 92 98 73 00.
Plus d’infos sur www.martinez.concorde-hotels.fr
* Hôtel Concorde Berlin, Palais de la Méditerranée à Nice,
Hôtel Martinez à Cannes, Hôtel de la Cité Concorde Lyon
et Concorde Opéra Paris.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 63
| voyager
JE M’AUTO-SUFFIS
À MADAGASCAR
Dans l’archipel de Nosy Be, le luxe rime avec
simplicité. L’Eden Lodge a été entièrement
éco-conçu (murs en pierres, bois locaux,
toiture en ravinala, un arbre tropical)
dans une réserve naturelle. Installé sur la plage,
au milieu de baobabs de plus de 500 ans,
cet éco-lodge a été choisi comme établissement
pilote par l’ADEME, dans le cadre du projet
de développement de l’éco-tourisme
à Madagascar : une centrale solaire
photovoltaïque approvisionne l’hôtel
en électricité, tandis que ses besoins en eau
chaude sont assurés par des capteurs thermiques.
Cette eau, présente dans les sous-sols
des collines avoisinantes, est puisée grâce
à deux pompes alimentées par l’énergie
solaire. Les eaux usées, elles, sont récupérées
dans des puisards et traitées grâce à des filtres
à base de noix de coco et de corail mort,
pour alimenter ensuite potager bio et arbres
fruitiers. Ici, « rien ne se perd, tout se
transforme » : les métaux se changent
en casseroles et les bouteilles plastique
en dessous-de-plat. De quoi exciter
la curiosité des habitants poilus de l’île rouge,
les très préservés lémuriens.
Plus d’infos sur www.edenlodge.net
JE JOUE LA STARLETTE CHEZ MARLON BRANDO
Ancien lieu de villégiature des rois tahitiens,
Tetiaroa a été acquis, en 1965, par Marlon
Brandon. Ce refuge paradisiaque, riche
en biodiversité, se transformera en un éco-lodge
de luxe à Motu Onetahi, le reste de l’atoll
devenant une réserve naturelle privée.
L’hôtel sera énergétiquement autonome
grâce à des panneaux solaires et sera conçu
avec des matériaux naturels. Pratiquement
invisibles de la mer, ses trente-neuf villas
ne devront pas perturber l’environnement.
Un biologiste marin et un vétérinaire veilleront
sur l’île, site de ponte pour les tortues marines
et sanctuaire ornithologique. Eau potable
fournie par une station de désalinisation,
climatisation assurée par l’exploitation
de l’eau froide à 800 mètres de profondeur,
bateaux plats pour éviter d’abîmer le lagon…
The Brando Resort, qui ouvrira en 2012,
devrait être certifié LEED platine, la certification
environnementale américaine la plus exigeante.
Plus d’infos sur www.brandohotel.com
© PHOTOS : EDEN LODGE NOSY BE MADAGASCAR - TAHITI BEACHCOMBER SA
64 | NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12
DÉCOUVREZ NOTRE REVUE DE PRESSE HEBDOMADAIRE
SPÉCIALE ANIMAUX SUR LA WEBRADIO NEOPLANETE.FR
au pays des animaux voyager |
La chronique de Marie-Christine Favé
L’ANIMAL,
poule
de luxe ?
© DOGINTHECITY - DR
Un canapé pour chien à 300 euros, un collier sur
mesure réalisé par un ancien artisan de Hermès,
un sac de transport à 900 euros… L’Hexagone
reste encore « timide » sur ce marché du luxe,
selon les professionnels qui vendent ces produits
made in France surtout au Japon et aux États-
Unis. Côté beauté, l’offre est de plus en plus riche :
shampooings, démêlants, cosmétiques… Un salon
de toilettage parisien propose même un espace
spa, avec « enveloppement de boue thermale
». Nom de cette tendance très
hype ? VIP, pour Very Important Pet,
phénomène importé des USA et du pays
du Soleil-Levant, qui consiste à transformer
son compagnon à quatre pattes
en accessoire de mode.
QU’EN DISENT LES ANIMAUX ?
On a déjà multiplié ce genre d’expériences dans
les campagnes quand, sous prétexte d’améliorer
le confort des animaux de ferme, on a construit
d’immenses étables cathédrales, signes de richesse
du paysan. Rapidement, des troubles du comportement
et des pathologies sont apparus chez
ces bêtes. Car c’était oublier que les vaches,
moutons, chèvres ou
chevaux ne se sentent
en sécurité que dans
des espaces pas trop
larges, aux plafonds
bas, en compagnie de
leurs congénères.
De la même façon,
le toilettage intempestif
déclenche souvent chez les animaux de compagnie
des problèmes de peau et des maladies
immunitaires. Leur épiderme est une enveloppe
vivante qui protège des intrus, des variations
de température et de l’humidité. Sans
leurs poils et leurs crins, véritables
antennes, les animaux sont mutilés
et deviennent malhabiles dans leur
environnement, jusqu’à en perdre
leur équilibre et leurs facultés
senso-rielles. Les huiles essentielles
sont des remèdes qui les perturbent
en agissant, sans que l’homme le perçoive,
sur leur corps vibratoire. Quant à la balnéothérapie,
si certaines espèces sont équipées
pour nager dans l’eau, d’autres ressentent le bain
et les soins comme des agressions physiques.
Dans une vision anthropomorphique et anthropocentrique,
l’être humain croit que son plaisir
est aussi celui de son animal. Mais c’est en respectant
son intégrité et ses particularités que
ce dernier peut exprimer son potentiel et donner
le meilleur dans ses relations avec l’homme.
Diplômée des Écoles nationales vétérinaires
www.animots-a-mi-mots.org
Un toilettage trop fréquent
engendre problèmes de peau
et maladies immunitaires
chez les chiens.
NÉOPLANÈTE 25 - DÉC. 11/JAN. 12 | 65
GRATUIT
OCTOBRE 20 1
✁
[23]
Néoplanète
31, rue Edgar-Quinet – 92240 Malakoff. Tél. : 01 49 85 75 31.
Fondatrice, directrice de la publication, rédactrice en chef :
Yolaine de la Bigne.
Assistante de rédaction : Daphné Victor.
Pour joindre la rédaction : prénom@neoplanete.fr
QUOTIDIEN EN LIGNE
www.neoplanete.fr – Directeur technique : Loris Guignard,
assisté de Jean-Daniel Boutet. Rédactrice en chef adjointe :
Fabienne Broucaret. Directeur artistique : Romée de la Bigne.
Publicité : Adverline – Tél. : 01 44 92 35 53, Philippe Framezelle,
p.framezelle@adverline.com
WEB RADIO
Rédactrice en chef adjointe : Émilie Villeneuve.
MAGAZINE
Ont collaboré à ce numéro : Gérald Ariano,
Alice Audouin, Anne Barbarit (Mes courses pour la planète),
Gilles Bœuf, Allain Bougrain Dubourg, Fabienne Broucaret,
Jean-Louis Caffi er, Pauline Chapelière, Marie-Christine
Favé, Nicolas Gardères, Julie Hamaïde, Jérémi Michaux,
Jean-Pierre Nicolas (Jardins du monde), Elizabeth
Pastore-Reiss (Ethicity), Éric Poincelet, Delphine
Ce magazine est imprimé sur du papier UPM certifi é FSC, issu de forêts gérées durablement et fabriqué à Strasbourg.
Ne pas jeter sur la voie publique
LE MAG DE L’ENVIRONNEMENT
Et aussi : les stars contre la fou rure, le vin bio, la pêche durable…
www.neoplanete.fr
Néoplanète chez vous...
WWW.NEOPLANETE.FR
OUI, je m’abonne à Néoplanète pour
Rabasté, Sandrine Ségovia-Kueny, Daphné Victor,
Émilie Villeneuve.
Maquette : Daïrokan – Secrétariat de rédaction :
Valérie Barrès-Jacobs – Service photos : Déborah Morgane
– Illustrations : Christophe Besse.
Consultant : Teddy Follenfant (follenfant.teddy@orange.fr).
Responsable commercial : Georges Thoman
(georges@neoplanete.fr). Communication et partenariats :
Daphné Victor.
ABONNEMENT
40 euros – 9 numéros/an (frais postaux pour la France
métropolitaine).
Néoplanète est imprimé à 100 000 exemplaires et est édité
par Kel Epok Epik, société indépendante, Le Verger,
22350 Caulnes – Siret : 502 305 105. Numéro ISSN :1775-4151.
NE PAYEZ QUE LES FRAIS D’ENVOI !
❑ Madame ❑ Mademoiselle ❑ Monsieur
Nom : —————————— Prénom : ————————
Adresse : —————————————————————
Code postal : ————— Ville : ———————————
E-mail : ——————————————————————
Abonnement pour 1 an comprenant 9 numéros
(5 numéros + 4 thémas) :
France ❑ 40 e Union européenne ❑ 42 e Maghreb ❑ 45 e Dom ❑ 44 e Tom ❑ 46 e
(Montant pour couvrir les frais de traitement, de manutention et d’expédition.) Je joins mon règlement par chèque bancaire ou postal libellé à l’ordre de Kel Epok Epik.
Si votre adresse de facturation est différente de votre adresse de livraison, veuillez nous l’indiquer sur papier libre.
À retourner, accompagné de votre règlement à : NÉOPLANÈTE - 31, rue Edgar-Quinet, 92240 MALAKOFF
Où trouver
Néoplanète ?
Néoplanète est diffusé gratuitement à 100 000 exemplaires dans
toute la France. Pour vous aider à le trouver près de chez vous, voici
les principaux points de distribution. Vous pouvez aussi le lire en ligne.
Pour plus d’infos : rendez-vous sur www.neoplanete.fr
© VECTORSTOCK
Bureaux de poste :
30 000 ex. à partir du 28 novembre 2011
Nice : Le Ray, Malaussena, Marché-aux-Fleurs,
Notre-Dame. Marseille : 01, Prado, Place-Castellane,
Arenc, Capelette BP, Cinq-Avenues, 07, 09, National,
Saint-Ferréol, 08, 11, Sainthe-Marthe, Chartreux.
Aix-en-Provence : Hôtel-de-Ville. Caen : Détolle.
Dijon : Quartier-de-Pouilly BP. Nîmes : Écusson,
Gambetta. Toulouse : Grande-Bretagne,
Saint-Cyprien-République, Côte-Pavée,
Roquelaine, Mériadeck, Bastide,
Victoire, Les Salinières, Nansouty,
Caudéran. Montpellier :
Comédie, Préfecture,
La Paillade, Estanove,
Gambetta BP, Lionel-Terray,
République.
Saint-Étienne :
Badouillère, Préfecture.
Nantes : Decre,
Doulon, Talensac,
Bellevue, Éraudière.
Orléans : Place-d’Arc.
Angers : Montplaisir.
Reims : Drouet-d’Erlon.
Nancy : Marché,
Place-de-la-Commanderie.
Metz : Les Halles. Lille :
Wazemmes BP, Fives, Moulins.
Perpignan : Le Vernet-Polygone.
Strasbourg : Esplanade BP, Forêt-Noire,
Koenigshoffen, Meinau, Neudorf,
Place-de-la-Cathédrale, Haute-Pierre. Mulhouse :
Henner, Boulevard-de-l’Europe. Lyon : Belle-Cour,
Lafayette, Grôlée, Ampère, Duchère. Villeurbanne :
Totem, Grand-Clément, Les Charpennes, Cusset.
Le Mans : République RP, Sablons, Vauguyon.
Paris : Brèche-aux-Loups/La Chambaudie, École-Militaire,
Rochechouart, Jussieu, Plaine-de-Vaugirard,
Ménilmontant, Charonne, Picpus, Le Marais,
Crozatier BP, Saint-Lazare, Olympiades, Corvisart,
Champs-Élysées, Montsouris, Édith-Piaf,
Jeanne-d’Arc. Le Havre : Caucriauville. Amiens :
Le Pigeonnier. Toulon : La Rode-Principal, Liberté.
Boulogne-Billancourt : Sud.
Chez Truffaut :
25 000 ex. à partir du 28 novembre 2011
Saint-Quentin, Les Ulis, Cergy, Saint-Malo, Le Mans,
Vélizy, Deauville, Tours, Aubagne, Avignon, Colmar,
Buchelay, Blois, Cabries, Wittenheim, Pacé, Mérignac,
Pau, Coutevroult, Mauguio, Rennes, Nantes, Nîmes,
Amiens, Orléans, Creil, Toulouse, Colomiers,
Châtenay, Bry-sur-Marne, Paris, Arcueil, Ivry,
Paris-Saint-Denis, Le Chesnay, Domus, Grigny, Villeparisis,
Ponthierry, Baillet, Servon, Herblay, Plaisir,
La Ville-du-Bois, Angoulême, Barentin,
Gisors, Gournay, Isneauville, La Rochelle,
Lorient, Quimper, Saint-Brieuc,
Angers, Carquefou, Lisses.
Réseau Cibléo :
30 300 ex. du 28 novembre
au 11 décembre 2011
Dans les hôtels 4 et 5 étoiles,
les restaurants tendance,
les clubs VIP et les spas
luxueux situés en Île-de-France :
75, 77, 78, 92, 93 et 94.
(Toutes les adresses
sur www.neoplanete.fr)
Dans les parkings Effia, LPA,
Parcub, Vinci, Semiacs, Opark
et Parcus, à Avignon, Bayonne,
Bordeaux, Lille, Lyon Villeurbanne,
Marseille, Montpellier, Nice, Pessac,
Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulon Toulouse.
Dans des maternités avec les coffrets
Naturellement bébé par Family Service
Toutes les adresses sur www.neoplanete.fr
Dans les 450 GreenCab de la flotte TAXIS G7
Et aussi :
Néoplanète est accessible au plus grand nombre,
notamment aux personnes souffrant de déficiences
visuelles, auditives, motrices en allant sur
www.neo-planete.com/lire-le-magazine/